Actu jeu vidéo09/16/2026

Monsters & Memories mise tout sur l’abonnement

Pas de boutique, pas d'achat, quinze dollars par mois. En 2026.

L'accès anticipé de Monsters & Memories ouvre le 1er octobre avec un modèle que plus personne n'ose : un abonnement mensuel obligatoire, et rien d'autre à vendre.

Par

Devil

Rédacteur chez SpiritGamer

Devil, fondateur de SpiritGamer. Zelda et Halo dans le sang depuis toujours, mais sinon je joue à tout, manette en main ou pas. Si un article vous a fait grincer des dents, c'est probablement le mien.

EN BREF

Ce qu’il faut retenir

Un studio indépendant sort un MMO qui ne vend ni boîte, ni pack de lancement, ni skin, ni passe. On paie quinze dollars par mois, ou on ne joue pas. Le jeu qui va avec est aussi à contre-courant : progression lente, groupe obligatoire, monde qui ne guide pas. Pour les joueurs français, une seule chose à retenir avant de s'engager, un unique serveur européen ouvre au lancement.

Notre positionUn pari à contre-courant assumé jusqu'au bout, qui a le mérite de dire clairement ce qu'il coûte.

Depuis dix ans, tous les MMO qui sortent font la même chose : entrée gratuite, boutique bien garnie, passe saisonnier, et le calcul se fait après coup, quand vous avez déjà investi cinquante heures. Niche Worlds Cult prend l’autre route, et jusqu’au bout.

Monsters & Memories ouvre son accès anticipé le jeudi 1er octobre à 8 heures, heure française. Il n’y a rien à acheter : pas de jeu de base, pas de pack fondateur, pas de boutique en jeu. Un abonnement à quinze dollars par mois, mises à jour comprises, et c’est tout. La foire aux questions officielle ne prévoit qu’une seule autre façon de dépenser de l’argent dans ce jeu : offrir un abonnement à quelqu’un d’autre. Les souscriptions ouvrent dès le 21 septembre, avec création de personnage à l’avance.

Pour les Européens, le studio répond dans sa foire aux questions qu’il n’y aura pas de tarification adaptée aux régions : le paiement passe par Stripe, dans la monnaie locale, mais le montant reste la conversion des quinze dollars. Le prix en euros bougera donc avec le taux de change, d’un mois sur l’autre.

Pas un mot sur le français

Autre point que le studio n’aborde nulle part : la langue. Aucune question de la foire aux questions officielle ne traite de la traduction, et nous n’avons trouvé aucune annonce de version française. Dans un jeu qui supprime les marqueurs de quête, où il faut lire les dialogues pour savoir où aller et coordonner un groupe à l’écrit, ce n’est pas un détail de confort.

Monsters & Memories Early Access Launch Trailer

Un modèle qui colle au jeu

Ce choix économique en dit long sur le jeu lui-même. Niche Worlds Cult ne cache pas sa référence, le MMO de la fin des années 90 et du début des années 2000, EverQuest en tête. Ce qui est annoncé : de la planification plutôt que du réflexe, une progression lente que le studio décrit comme quelque chose à savourer, et surtout une interdépendance entre joueurs. Autrement dit, on ne monte pas seul.

C’est cohérent. Un jeu construit sur le groupe et la durée n’a pas besoin de boutique, parce que ce qu’il vend, c’est du temps passé ensemble. Et un jeu qui demande de la patience ne peut pas se permettre de vendre des raccourcis sans se contredire. Le contraste est saisissant avec ce qui se passe ailleurs, où un abonnement se découpe en formules et en modules payants.

Le contenu annoncé au lancement n’a rien d’un prototype : vingt-huit zones entre extérieurs et donjons, dix-huit classes, neuf races, une progression jusqu’au niveau soixante. Les personnages créés en accès anticipé ne seront pas effacés au passage en version finale, ce qui n’est pas anodin quand on demande un abonnement dès le premier jour.

Le point qui nous concerne

Monsters & Memories ouvre avec cinq serveurs américains, et un seul serveur européen.

Pour un jeu qui repose entièrement sur le jeu en groupe, ce détail décide de tout. Si ce serveur se remplit, les joueurs français ont un monde à eux, avec des horaires de connexion compatibles. S’il reste vide, il faudra rejoindre les serveurs américains, jouer en décalé et composer avec la latence, dans un jeu où la coordination fait la moitié de l’intérêt.

C’est la vraie inconnue de ce lancement, et elle ne se jouera pas sur la qualité du jeu mais sur le nombre de joueurs qui accepteront de payer un abonnement avant d’avoir essayé. Le studio a donné son propre seuil : quarante-neuf personnes travaillent sur Monsters & Memories, et il faudrait entre dix et quinze mille abonnés stables pour qu’une douzaine d’entre elles puissent y passer à plein temps.

À vousQuinze dollars par mois, est-ce cher ? Pas plus qu'un jeu à soixante-dix euros qu'on abandonne en trois semaines. Tout dépend de la durée, et c'est précisément ce que ce modèle assume.