Dans ce test
Rick, Daryl et Michonne sortent leurs armes pour affronter les hordes de rôdeurs dans une adaptation qui troque la tension de la série pour les codes du beat’em up arcade.
The Walking Dead passe en mode beat’em up
Développé par Odaclick Game Studio et édité par Trailmark Games, The Walking Dead : Streets of Survival prend un chemin assez inattendu pour adapter l’univers de la série AMC. Plutôt qu’une aventure narrative ou un jeu de survie, le titre adopte la structure d’un beat’em up 2D à défilement horizontal. L’histoire reprend l’arc All Out War, avec Rick Grimes, Daryl Dixon et Michonne confrontés aux Sauveurs de Negan. Alexandria, la Colline et le Sanctuaire font notamment partie des lieux visités. Le jeu est sorti le 18 septembre 2026 sur PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch, Switch 2 et PC.
Trois survivants, trois styles de combat
Le casting constitue rapidement l’un des principaux arguments du jeu. On retrouve une partie du casting de The Walking Dead : Rick, Daryl et Michonne sont disponibles dès le départ, tandis que Negan peut être débloqué. Chacun possède son propre style, ses statistiques et surtout une arme emblématique : le magnum pour Rick, le katana pour Michonne, l’arbalète pour Daryl et évidemment Lucille pour Negan. Cette différence permet de varier quelque peu l’approche des affrontements. Daryl privilégie davantage les attaques à distance tandis que Michonne se montre particulièrement efficace au corps à corps. Le principe reste simple, mais suffisamment lisible pour donner envie d’essayer les différents personnages et de découvrir leurs possibilités.
Des combats qui vont droit à l’essentiel
Le gameplay repose sur une structure très classique : avancer, affronter des groupes d’ennemis, récupérer quelques ressources et poursuivre sa route. Les attaques au corps à corps sont accompagnées de capacités à distance et de coups spéciaux permettant de gérer les groupes de rôdeurs. Les affrontements contre les Sauveurs demandent parfois davantage d’attention, notamment lorsqu’ils utilisent des armes à feu. Le jeu ajoute également quelques possibilités de déplacement et de couverture afin d’éviter certains tirs. Sur le papier, cette combinaison apporte un peu de variété à une formule volontairement rétro. Dans les faits, plusieurs critiques ont toutefois relevé des problèmes de fluidité dans les combats et des situations où les attaques ennemies peuvent devenir difficiles à éviter.
Les hordes fonctionnent mieux que les affrontements humains
Les rôdeurs représentent finalement la partie la plus naturelle de cette adaptation. Les affrontements contre les morts-vivants permettent de retrouver l’idée d’une progression constante à travers des groupes d’ennemis, avec quelques situations où il faut gérer plusieurs menaces simultanément. Les Sauveurs apportent une opposition différente, mais leurs attaques à distance peuvent rapidement compliquer les affrontements. Plusieurs retours critiques soulignent d’ailleurs un équilibrage irrégulier : les zombies classiques peuvent se montrer très faciles tandis que certains boss ou groupes d’ennemis armés font brutalement grimper la difficulté. Cette différence de rythme nuit parfois à la sensation de progression, surtout lorsque plusieurs adversaires capables de tirer sont présents en même temps.
Des boss qui rappellent les moments forts de la série
Streets of Survival cherche heureusement à exploiter son matériau d’origine à travers plusieurs affrontements plus marquants. Les joueurs peuvent notamment croiser des rôdeurs particuliers comme Winslow ou le Rôdeur du puits, tandis que Negan et Simon occupent une place importante parmi les affrontements contre les Sauveurs. Ces combats de boss proposent plusieurs phases et permettent de casser la routine des simples affrontements contre les hordes. Leur difficulté est cependant plus irrégulière que véritablement progressive. Le contraste entre des ennemis standards relativement faciles et certains boss nettement plus exigeants peut donner l’impression que la difficulté repose davantage sur des pics ponctuels que sur une montée réellement maîtrisée.
Une progression qui manque parfois de profondeur
Le jeu ne se contente pas de faire enchaîner les combats au joueur. Un système de progression permet d’améliorer les personnages et leurs armes grâce aux ressources récupérées pendant les missions. Il faut donc choisir où investir ses points, d’autant que certaines missions imposent parfois un personnage précis. Les niveaux contiennent également des objets à récupérer et différents éléments qui encouragent à revisiter certains passages. Cette structure apporte une petite dimension de progression bienvenue. Elle ne transforme toutefois pas Streets of Survival en véritable action-RPG. Le système reste suffisamment simple pour accompagner l’aventure sans devenir un élément central. Pour prolonger l’expérience, la rejouabilité repose surtout sur la maîtrise des différents personnages et les niveaux de difficulté proposés.
Une direction artistique rétro qui colle à l’univers
Visuellement, le choix du pixel art fonctionne plutôt bien. The Walking Dead : Streets of Survival adopte une esthétique 2D volontairement rétro qui permet aux personnages et aux environnements de retrouver une identité propre. Le résultat ne cherche pas le réalisme, mais certaines silhouettes et armes emblématiques restent immédiatement reconnaissables. Cette approche rappelle évidemment les grands beat’em up de l’arcade, tout en donnant au jeu une personnalité différente des précédentes adaptations de la licence. L’ensemble est toutefois limité par des animations parfois peu convaincantes et une réalisation qui ne bénéficie pas des mêmes moyens que les grosses productions du genre. L’identité visuelle constitue donc davantage un choix artistique cohérent qu’une démonstration technique.
Une aventure qui se termine rapidement
L’autre limite importante concerne le volume de contenu proposé par l’aventure principale. La progression s’effectue à travers une carte permettant parfois de choisir entre plusieurs missions, mais la campagne reste relativement courte. GameSpew estime notamment que plusieurs missions ne comportent qu’un seul niveau et que les crédits peuvent arriver après seulement quelques heures. À l’inverse, la recherche des collectibles, la progression des personnages et les différents niveaux de difficulté permettent de prolonger l’expérience pour les joueurs souhaitant tout compléter. Le jeu propose également 38 succès sur Steam. La rejouabilité existe donc bel et bien, mais elle repose davantage sur l’envie de perfectionner ses runs que sur une campagne particulièrement généreuse.
Une formule arcade qui assume ses limites
Le problème de Streets of Survival est finalement moins son concept que son exécution. Transformer The Walking Dead en beat’em up pouvait donner une aventure particulièrement efficace, et certains éléments fonctionnent : les personnages connus, les armes emblématiques, les hordes de rôdeurs et les boss issus de l’univers. Mais plusieurs critiques ont relevé des problèmes de combat, de difficulté et de lisibilité qui empêchent la formule de fonctionner avec une régularité parfaite. Gaming Couch Potato souligne pour sa part que les combats restent simples, réactifs et suffisamment différents selon les personnages, tandis que AIPT pointe au contraire des problèmes de sensations et de contrôle. Les retours sont donc assez contrastés sur la qualité du cœur du gameplay.
Un Walking Dead sympathique, mais perfectible
The Walking Dead : Streets of Survival a au moins le mérite de proposer une adaptation différente de la série. Son orientation beat’em up colle assez bien aux affrontements contre les rôdeurs et permet de retrouver plusieurs personnages emblématiques de l’univers AMC. La direction artistique rétro possède également son charme et le système de progression apporte quelques raisons de rejouer les missions. En revanche, les problèmes d’équilibrage, certains combats plus frustrants que réellement stimulants et une campagne assez courte limitent l’expérience. Avec 13/20, le titre constitue donc une proposition intéressante pour les amateurs de beat’em up et les fans de The Walking Dead, mais son potentiel aurait mérité une réalisation plus aboutie et surtout des combats plus précis.
