Ce qu’il faut retenir
Le 29 septembre 2026, le syndicat CTIJ Montréal a lancé la campagne des travailleurs d'Ubisoft Montréal, avec une pétition pour garder le travail hybride. Le 30, il revendiquait plus de 300 signatures, recueillies surtout en main propre. Ubisoft impose depuis janvier la présence sur site cinq jours par semaine, mesure déjà contestée par une grève en France en février.
Le syndicat CTIJ Montréal a lancé le 29 septembre 2026 la campagne des travailleurs d’Ubisoft Montréal, avec une première action : une pétition pour garder le travail hybride. Le lendemain, il annonçait sur Bluesky plus de 300 signatures de salariés. Ubisoft Montréal, c’est le studio où est né Assassin’s Creed : ce qui s’y décide pèse sur les jeux que vous achèterez dans trois ans.
Ce que demandent les salariés
Le message de lancement, publié par le syndicat le 29 septembre, tient en une ligne : préserver le travail hybride, c’est-à-dire pouvoir partager la semaine entre le bureau et la maison. Tous les salariés du studio sont invités à signer, et les soutiens extérieurs à relayer.
Le détail le plus parlant se trouve dans le message du 30 septembre. La plupart des signatures ont été recueillies en personne, et le syndicat invite les salariés à aller voir leurs collègues pendant les pauses. Ce n’est donc pas un formulaire en ligne qu’on remplit en deux clics, mais une signature donnée sous les yeux des collègues.
Ce qu’on ne sait pas : le nombre total de salariés concernés, que le syndicat ne donne pas, ce qui empêche de dire si 300 signatures représentent une minorité ou une bonne partie du studio. Nous n’avons trouvé aucune réaction publique d’Ubisoft à la date du 1er octobre.
Une règle posée en janvier, contestée depuis
Le point de départ remonte au 21 janvier 2026. Dans le communiqué qui annonçait sa réorganisation, Ubisoft imposait la présence sur site cinq jours par semaine à toutes les équipes, avec un nombre annuel de jours de télétravail en plus. L’éditeur justifiait la mesure par le besoin de « renforcer la collaboration » (« strengthen collaboration »). Le même texte annonçait six jeux annulés, dont le remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps, la fermeture des studios de Halifax et de Stockholm, et 200 millions d’euros d’économies supplémentaires sur deux ans.
En France, la réponse est venue vite. Du 10 au 12 février, au moins 1 200 salariés ont fait grève à l’appel notamment de Solidaires Informatique, en France et au studio de Milan. Parmi leurs demandes figurait déjà le réexamen de l’obligation de présence au bureau.
À Montréal, l’affaire a pris un tour plus personnel. Le site Game Developer a rapporté que David Michaud-Cromp, chef d’équipe chez Ubisoft Montréal, a été suspendu sans solde puis licencié une semaine plus tard après avoir critiqué publiquement la règle. Ubisoft a répondu au même média qu’exprimer un avis avec respect ne menait pas à un licenciement, en renvoyant à son code de conduite.
Pourquoi ça compte au-delà du studio
Le télétravail n’est pas un caprice dans ce métier. Depuis 2020, les grands studios ont appris à sortir des jeux avec des équipes en partie à distance, Ubisoft compris. Obliger tout le monde à revenir cinq jours sur cinq, c’est aussi prendre le risque de perdre des développeurs expérimentés, au moment où Ubisoft compte sur eux pour remettre ses grandes séries sur les rails.
La pétition pour défendre le télétravail se signe pour l’instant surtout à la pause, dans les locaux que la direction veut voir remplis cinq jours sur cinq.
