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En 2018, Kingdom Come: Deliverance surprenait le monde du RPG avec son approche ultra-réaliste du Moyen-Âge. Entre simulation historique et épopée personnelle, le titre de Warhorse Studios proposait une expérience unique, où chaque décision pouvait changer le destin du joueur.

Aujourd’hui, sept ans plus tard, la saga fait son grand retour avec Kingdom Come: Deliverance 2, et la promesse est ambitieuse : offrir une aventure encore plus immersive, plus intense et plus profonde. L’heure est venue d’enfiler son gambison, d’aiguiser son épée et de partir en quête de justice.

Oyez, oyez ! La quête d’Henry reprend sous le feu et le sang

L’histoire reprend là où le premier opus s’était arrêté. Henry de Skalice, désormais soldat au service de son seigneur, accompagne Hans Capon dans une mission diplomatique en Bohême. Loin des champs de bataille, l’ambiance est détendue : les compagnons établissent leur campement, discutent avec leurs hommes et Hans, fidèle à lui-même, propose à Henry un duel d’entraînement.

Armure sur le dos, épée en main, Henry se familiarise de nouveau avec les rudiments du combat : attaques, parades et ripostes s’enchaînent dans une leçon immersive qui permet aussi d’explorer l’interface du jeu et les statistiques d’équipement.

Une fois l’entraînement terminé, Hans se laisse aller à la détente et propose à Henry de se rafraîchir dans la rivière voisine. Alors qu’ils profitent de l’eau fraîche, des chants féminins leur parviennent. Curieux, ils se glissent discrètement dans les roseaux, espérant apercevoir les mystérieuses chanteuses. Mais alors qu’ils savourent leur moment d’évasion, un bruit sourd retentit derrière eux. En se retournant, leur sang se glace.

Leur campement est en train d’être attaqué. Soldats, cuisiniers, escorte… tous massacrés. Hans, paniqué, ordonne à Henry de ne pas bouger. Mais lorsque des cris résonnent et qu’une femme est brutalement agressée, Henry ne peut s’empêcher d’intervenir. Il s’écrie, attirant immédiatement l’attention des assaillants. Hans lui intime de se taire, mais il est trop tard. Les deux compagnons plongent dans l’eau et nagent vers l’autre rive, poursuivis par des flèches sifflant à leurs oreilles. Henry est touché à l’omoplate, mais il doit tenir bon. Blessé et épuisé, il doit suivre Hans à travers la forêt, en plein jour, traqués par leurs poursuivants. S’ils veulent survivre, la furtivité devient leur seule option.

Alors qu’ils pensent s’en sortir, un soldat bondit sur Henry, l’entraînant dans une chute vertigineuse en contrebas. À demi-conscient et grièvement blessé, Henry est récupéré par Hans qui le transporte dans une maison isolée au cœur de la forêt. C’est là qu’ils rencontrent Bozhena, une femme dont le savoir-faire en médecine sera leur unique espoir de survie. Ce prologue haletant marque une entrée en matière immersive et brutale. Une fois ce passage terminé et nos héros remis sur pied, l’aventure commence réellement… mais pour éviter de trop en dire, nous vous laissons le plaisir de découvrir la suite !

Par la grâce du Roi ! Un monde vivant comme jamais auparavant

La Bohême du XVe siècle prend vie sous nos yeux dans un décor à couper le souffle. Les régions de Trosky et de Kuttenberg, fidèlement reconstituées, fourmillent de détails et d’activités.

Villages en pleine effervescence, marchands qui discutent des derniers potins, soldats patrouillant les routes et bandits guettant leur prochaine victime : l’illusion d’un monde médiéval vivant est totale. Warhorse Studios pousse encore plus loin le réalisme en introduisant un cycle jour/nuit qui impacte les habitudes des PNJ, renforçant l’immersion.

Les quêtes annexes ne sont pas de simples distractions. Elles regorgent d’histoires surprenantes, souvent inspirées de faits historiques réels. Parfois absurdes, parfois tragiques, elles nous plongent dans des situations aussi variées que réparer un moulin, arbitrer une querelle entre paysans ou débusquer un espion infiltré. Chaque action compte, et ignorer une quête peut avoir des conséquences bien plus tard dans l’aventure.

L’Art de la lame : seuls les plus braves dompteront l’acier

Le système de combat de Kingdom Come: Deliverance 2 reste une expérience unique, et surtout, une épreuve de patience. Exit les combats dynamiques et exagérés des RPG classiques : ici, chaque duel est une véritable joute tactique.

Les affrontements à l’épée demandent de la précision, de l’endurance et un bon timing. Warhorse Studios a légèrement assoupli la maniabilité en réduisant le nombre de directions de frappe de cinq à quatre, rendant le tout un peu plus accessible sans perdre en profondeur.

Le positionnement est clé : si un adversaire attaque du côté gauche, il faudra contre-attaquer par la droite pour briser sa défense. Mais attention, les ennemis sont redoutables et peuvent rapidement changer de posture. Il faudra aussi parer au bon moment pour enchaîner efficacement sur une attaque dévastatrice. Chaque combat devient ainsi une danse mortelle où le moindre faux pas peut être fatal.

Se battre contre un seul adversaire est déjà stressant, alors affronter plusieurs ennemis relève du cauchemar. Heureusement, Henry peut compter sur la furtivité ou la diplomatie pour éviter certains combats. Après tout, un bon marchandage peut être plus efficace qu’un duel à mort.

Que le destin en soit témoin ! Une immersion peaufinée

Warhorse Studios a pris en compte les critiques du premier opus et a ajusté certains aspects pour rendre l’expérience plus fluide. Henry doit toujours dormir, manger et entretenir son équipement, mais ces mécaniques sont moins punitives. Le système de sauvegarde a également été repensé : fini les frustrations inutiles, on peut maintenant sauvegarder en quittant le jeu sans avoir besoin de boire un « Schnaps du Sauveur ».

L’immersion passe aussi par l’herboristerie. Henry peut récolter des plantes comme le chardon, l’amita muscaria, le souci, le millepertuis, la sauge, l’ortie ou encore la camomille. Ces ingrédients serviront à préparer divers remèdes.

Comme dit plus haut, Henry fait la rencontre de Bozhena, une femme dont l’existence va lui être d’un grand secours. Elle lui enseigne les bases de l’alchimie : lecture d’un grimoire, dosage précis des ingrédients, broyage au mortier, infusion et filtration dans une fiole. Une mécanique aussi méthodique qu’indispensable, qui donne tout son sens à la récolte de plantes et à l’art de la survie.

Le système de progression reste organique : plus on pratique une compétence, plus on devient performant. Lire des livres améliore la littérature d’Henry, manier l’arc affine sa précision, et réussir des dialogues renforce son éloquence. Tout s’apprend avec le temps, comme dans la vraie vie.

Gloire ou infamie ? Vos choix marqueront l’histoire !

La force de Kingdom Come: Deliverance 2, c’est sa capacité à rendre chaque décision impactante. Les choix du joueur ne se limitent pas à des réponses binaires, mais influencent réellement le monde. Un mensonge peut, à court terme, éviter un combat, mais certains interlocuteurs flaireront l’entourloupe et la situation pourra vite tourner à la déchéance chevaleresque. Jouer la carte de l’honnêteté n’est pas toujours plus sûr : une vérité mal placée peut tout autant sceller un destin funeste.

Les relations avec les PNJ sont tout aussi cruciales. Aider un forgeron en début de partie pourra plus tard se révéler un atout inestimable, ouvrant l’accès à de meilleures armes et équipements. À l’inverse, une réputation entachée par trop de vols ou de tromperies fermera bien des portes et compliquera les négociations futures.

Le cycle jour/nuit a également son importance : certains personnages seront plus méfiants la nuit, tandis que d’autres seront plus enclins à la confidence après quelques chopes bien remplies. L’alcool peut d’ailleurs influencer les dialogues, rendant Henry plus convaincant… ou, au contraire, lui faisant perdre toute crédibilité. Il existe mille et une façons de régler les conflits, mais c’est au joueur d’aiguiser ses compétences pour exceller dans la voie qu’il aura choisie.

Diantre ! Ce royaume est splendide… mais loin d’être sans tache

Graphiquement, Kingdom Come: Deliverance 2 profite du CryEngine pour livrer des paysages somptueux et des effets de lumière impressionnants. Toutefois, si le jeu brille par sa direction artistique, il souffre de quelques problèmes techniques sur Xbox Series X. En mode qualité, le framerate peine à tenir les 30 FPS, tandis que le mode performance à 60 FPS offre une expérience plus fluide mais au prix de quelques concessions graphiques.

Les animations faciales restent rigides, et certains bugs (textures qui poppent tardivement, PNJ figés) rappellent que le jeu aurait bénéficié d’un peu plus d’optimisation. Rien de rédhibitoire, mais à signaler pour les joueurs exigeants.

À cela s’ajoute un doublage français assez particulier. Certaines répliques sont dites avec trop d’exagération, alors que d’autres manquent totalement d’émotion. Parfois, un personnage semble trop calme alors qu’il devrait être en colère, ou au contraire trop dramatique pour une phrase simple. Ce décalage casse un peu l’immersion et donne un rendu inégal aux dialogues.

Ainsi s’achève cette épopée… Triomphante, mais semée d’embûches

Kingdom Come: Deliverance 2 est une réussite. Warhorse Studios signe une suite ambitieuse, immersive et fidèle à l’esprit du premier opus, tout en corrigeant certaines erreurs passées. Le monde est plus vivant, l’histoire captivante, et le système de combat toujours aussi exigeant. Cependant, quelques soucis techniques viennent ternir le tableau. Mais pour ceux qui rêvent d’un RPG médiéval authentique, ce jeu est un incontournable.

NOTRE AVIS

17
20

Kingdom Come: Deliverance 2 est le genre de jeu qui vous happe dès les premières minutes. J’ai été bluffé par la richesse de son univers et le souci du détail. On sent que Warhorse Studios a écouté les joueurs tout en conservant l’âme du premier opus. J’ai particulièrement apprécié la manière dont le jeu récompense la patience et l’investissement du joueur. On ne vous prend pas par la main, et c’est ce qui le rend aussi gratifiant. Bien sûr, tout n’est pas parfait. Les soucis techniques et les doublages parfois maladroits m’ont parfois sorti de l’aventure. Mais malgré ces petits défauts, je me suis souvent surpris à vouloir explorer “juste un dernier village” ou tenter une nouvelle approche lors des combats. Si vous aimez les RPG réalistes où chaque décision compte, Kingdom Come: Deliverance 2 est clairement fait pour vous. Quant à moi, je suis prêt à enfiler de nouveau mon gambison pour découvrir la suite des péripéties d’Henry.

Devil26100

BONS POINTS

  • Une immersion médiévale saisissante
  • Un système de combat exigeant et tactique
  • Des choix et conséquences marquants

MAUVAIS POINTS

  • Doublage français inégal
  • Des soucis techniques persistants

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