Affrontements intergalactiques, environnements urbains high-tech et athlètes prêts à tout pour devenir les nouvelles stars de l’arène : Infinity: HexaDome Tactics nous plonge dans un futur où le combat est devenu un véritable spectacle.
Développé par Blindspot Games et inspiré des jeux de plateau Infinity et Aristeia! de Corvus Belli, le titre reprend une partie de leurs mécaniques pour les adapter au jeu vidéo. Les dés disparaissent, mais les cartes tactiques, les capacités spéciales et les points de mouvement restent au programme.
Le résultat ? Des affrontements au tour par tour en 4 contre 4, dans lesquels il ne suffit pas forcément de transformer l’équipe adverse en décoration pour HexaDome. Il faut aussi contrôler le terrain, exploiter les capacités de ses champions et, accessoirement, réfléchir avant de cliquer.
Oui, nous savons. C’est beaucoup demander.
Scénario et univers : bienvenue dans l’HexaDome
Dans Infinity: HexaDome Tactics, les combattants sont appelés les Aristos. Dotés de capacités très différentes, ils s’affrontent en équipe dans des arènes où ils peuvent devenir alliés lors d’un match et adversaires lors du suivant.
Mais contrairement à beaucoup d’univers futuristes, nous n’incarnons pas ici une bande de héros chargés de sauver la galaxie pour la 847e fois.
Les Aristos sont avant tout des athlètes.
Ils combattent pour se faire remarquer, démontrer leurs talents et gagner en popularité afin d’attirer sponsors et soutiens. Le combat est devenu un spectacle et chaque affrontement participe à leur réputation.
Évidemment, parce qu’un futur dans lequel des gens se tapent dessus uniquement pour devenir célèbres aurait été beaucoup trop simple, les coulisses cachent également leur lot de manipulations et de jeux de pouvoir susceptibles de bouleverser l’ordre établi.
Sport, célébrité, sponsors et complots.
Finalement, il ne manque qu’une émission de télé-réalité.
Gameplay : quatre contre quatre et pas question de foncer dans le tas
Malgré son passage du plateau au jeu vidéo, Infinity: HexaDome Tactics conserve plusieurs éléments provenant d’Infinity et d’Aristeia!.
Les dés ont disparu, mais on retrouve notamment les cartes tactiques, les capacités spéciales et les points de mouvement.
Les affrontements se déroulent au tour par tour en 4 contre 4 dans l’HexaDome, une arène futuriste composée de cases hexagonales, d’obstacles et de différentes zones à conquérir.
Et c’est ici que les ennuis commencent.
Parce que posséder l’équipe capable de distribuer les plus grosses baffes de la galaxie ne garantit pas nécessairement la victoire.
Chaque Aristo possède ses propres compétences. Certains excellent à distance, d’autres au corps à corps, tandis que certains personnages sont davantage spécialisés dans le contrôle du terrain ou le soutien.
Il faut donc construire une équipe cohérente et surtout apprendre à exploiter les forces de chacun.
Contrôler ou éliminer : il va falloir choisir
L’une des bonnes idées d’Infinity: HexaDome Tactics vient du fait que les affrontements ne reposent pas uniquement sur l’élimination des adversaires.
Le contrôle des zones joue également un rôle important.
Faut-il utiliser un personnage pour sécuriser une position stratégique ou profiter de l’occasion pour attaquer un adversaire ?
La réponse dépend évidemment de la situation.
Et généralement, lorsque vous pensez avoir trouvé la réponse parfaite, votre adversaire vous rappelle gentiment qu’il avait lui aussi un plan.
C’est tout le charme des jeux tactiques.
Chaque déplacement compte et une mauvaise décision peut rapidement bouleverser un match. La complémentarité des différents Aristos devient donc essentielle et pousse à tester de nombreuses compositions.
Plusieurs façons d’entrer dans l’arène
Infinity: HexaDome Tactics propose plusieurs modes permettant d’aborder progressivement ses mécaniques.
La campagne sert notamment à découvrir l’histoire tout en apprenant les différents systèmes du jeu.
Les défis demandent quant à eux d’exploiter correctement les capacités des personnages afin de remplir différents objectifs et de débloquer du contenu supplémentaire.
Enfin, les combats permettent d’affronter aussi bien des bots que d’autres joueurs.
C’est évidemment ici que l’on peut vérifier si les dizaines de minutes passées à imaginer une composition d’équipe absolument parfaite avaient réellement un sens.
Spoiler : l’adversaire n’a généralement aucun respect pour votre magnifique théorie.
Progression : gagner, débloquer et recommencer
Enchaîner les affrontements avec différentes équipes peut se révéler stimulant, même si une certaine répétitivité finit également par apparaître sur la durée.
Les victoires permettent néanmoins de récupérer des pièces, utilisées pour débloquer de nouveaux personnages ainsi que de nombreux éléments supplémentaires : apparences, effets spéciaux, sponsors et autres récompenses.
Cette progression donne naturellement envie de poursuivre les matchs afin d’élargir progressivement ses possibilités.
Plus le nombre de personnages disponibles augmente, plus les compositions deviennent nombreuses.
Et là commence l’une des maladies les plus connues chez les amateurs de jeux tactiques :
« Attends, je teste juste une autre équipe. »
Deux heures plus tard.
« Celle-là presque parfaite. Encore une. »
Des personnages fidèles à l’univers de Corvus Belli
Visuellement, le jeu s’appuie directement sur l’identité de son univers d’origine.
Le design des personnages reprend les modèles 3D et les illustrations officielles du jeu de plateau, permettant aux habitués de retrouver rapidement des visages familiers.
Les environnements adoptent également cette esthétique futuriste et technologique propre à l’univers.
L’ensemble donne à Infinity: HexaDome Tactics une véritable identité et permet surtout de conserver un lien évident avec les jeux qui l’ont inspiré.
Une narration façon visual novel
L’histoire et les dialogues sont principalement présentés sous la forme d’un roman visuel.
Durant ces séquences, il est possible de récupérer des jetons d’histoire, utilisés pour approfondir le passé des champions et obtenir différentes récompenses.
L’idée fonctionne plutôt bien et permet de donner davantage d’épaisseur aux personnages au-delà de leurs simples statistiques et capacités de combat.
Mais il existe un point qui risque de faire grincer quelques dents.
Certains de ces jetons nécessitent l’achat de contenu téléchargeable.
Et forcément, lorsqu’une partie du contenu narratif demande de repasser par la caisse après avoir acheté le jeu, la pilule peut être un peu plus difficile à avaler.
Même dans le futur, visiblement, la carte bancaire reste l’arme ultime.
Une utilisation assumée de l’intelligence artificielle
Infinity: HexaDome Tactics se distingue également par son utilisation explicite de l’intelligence artificielle.
Selon les informations présentées autour du jeu, celle-ci a notamment servi à adapter les personnages et les environnements au style 2D utilisé pendant les séquences de roman visuel.
Elle intervient également pour la voix optionnelle du commentateur, qui peut adapter ses interventions au déroulement du match en sélectionnant des répliques préalablement écrites par le scénariste.
Une utilisation qui risque forcément de susciter des débats, mais qui fait partie intégrante des choix techniques et artistiques du titre.
Un doublage beaucoup trop discret
Côté narration, un autre élément nous a davantage gênés : le manque de doublage.
La majorité des dialogues n’en bénéficie pas réellement, en dehors de quelques courtes interventions ici et là.
Ce n’est évidemment pas dramatique dans un jeu dont le cœur reste avant tout tactique, mais cela nuit quelque peu à l’immersion dans une histoire qui possède pourtant suffisamment de matière pour donner envie de s’y intéresser.
Avec ses champions, ses sponsors, ses rivalités et ses intrigues en coulisses, l’univers avait clairement de quoi profiter d’une présentation sonore plus ambitieuse.
Des combats variés… mais une répétitivité qui finit par apparaître
Les nombreux personnages disponibles constituent l’une des principales forces d’Infinity: HexaDome Tactics.
Leurs capacités sont suffisamment différentes pour permettre de créer plusieurs compositions et stratégies.
Changer un seul membre de son équipe peut modifier la manière d’aborder un affrontement, notamment grâce aux rôles à distance, au corps à corps, de contrôle ou de soutien.
Mais malgré cette variété, l’enchaînement des matchs finit par montrer certaines limites.
À la longue, une sensation de répétitivité peut apparaître, particulièrement lorsque l’on multiplie les affrontements.
Les nombreuses possibilités tactiques limitent le phénomène sans parvenir à le faire totalement disparaître.
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