TEST07/10/2026

Dog in the Machine: un roguelite tactique qui a du chien

Un chien mécanique qui aime faire travailler nos méninges.

Dog in the Machine mêle roguelite et combats tactiques au tour par tour dans une dystopie mécanique colorée.

VERDICT SPIRITGAMER

Belle pioche

14/20

Dog in the Machine s'adresse avant tout aux amateurs de roguelites tactiques qui aiment expérimenter différentes combinaisons et chercher la solution la plus efficace à chaque situation.

Son système de combat demande un petit apprentissage, mais la possibilité d'anticiper les actions et d'utiliser l'environnement rend les affrontements accessibles et particulièrement gratifiants.

Points forts

  • Système de combat original
  • Réactions en chaîne particulièrement satisfaisantes
  • Excellente lisibilité des actions
  • Personnalisation des compétences
  • Direction artistique reconnaissable
  • Huit races de chiens jouables
  • Bonne rejouabilité

Points faibles

  • Une histoire moins centrale que le gameplay
  • Un système qui demande un certain apprentissage
Par

Yakudark

Rédacteur chez SpiritGamer

Après plusieurs heures passées à explorer son système de combat, essayer de nouvelles capacités et surtout provoquer des réactions en chaîne parfois parfaitement calculées — parfois beaucoup moins — une chose apparaît rapidement : Dog in the Machine préfère nous laisser réfléchir plutôt que nous demander de foncer tête baissée.

Les affrontements deviennent ainsi de véritables petits casse-têtes tactiques dans lesquels observer le terrain et anticiper les conséquences de chaque action est essentiel.

Et quand un plan fonctionne exactement comme prévu ?

On se sent soudainement doté d’un QI de 180.

Quand il ne fonctionne pas, c’est évidemment la faute du tapis roulant.

Automatown : bienvenue chez les machines

L’histoire de Dog in the Machine se déroule à Automatown, une ville futuriste dominée par les robots et les machines. Notre AutoDog doit trouver un moyen de s’en échapper afin de retrouver les humains exilés.

Sur le papier, nous sommes donc dans une bonne vieille dystopie mécanique. Le genre d’endroit où l’agence de voyages locale doit probablement avoir quelques difficultés à obtenir cinq étoiles sur Google.

Pourtant, Dog in the Machine ne cherche jamais à installer une atmosphère particulièrement sombre ou oppressante. Le jeu préfère jouer sur le contraste entre son univers dominé par les machines et une direction artistique beaucoup plus colorée et légère.

Les personnages rencontrés apportent également une touche d’humour et permettent d’en apprendre davantage sur Automatown. Cependant, la narration reste volontairement en retrait.

Et ce n’est pas forcément un problème.

Parce que la véritable histoire de Dog in the Machine, c’est souvent celle du magnifique plan tactique que nous avions imaginé avant de découvrir qu’un tapis roulant allait envoyer notre cible exactement dans la direction opposée.

Un terrain de jeu qui veut votre perte

L’une des grandes réussites de Dog in the Machine vient de son utilisation de l’environnement.

Les tapis roulants, obstacles, boutons et autres éléments interactifs ne sont pas là uniquement pour décorer les cartes. Ils participent directement aux affrontements et peuvent être utilisés contre les ennemis.

Automatown devient donc elle-même une composante du système de combat.

Et autant dire que la ville n’a aucune intention de vous faciliter la vie.

Un ennemi bien placé peut être poussé vers un obstacle. Une action peut déclencher un mécanisme qui va lui-même provoquer une autre interaction. Et ce qui ressemblait initialement à une grille remplie de robots devient progressivement un gigantesque jeu de dominos.

Sauf qu’ici, les dominos peuvent exploser.

Gameplay : réfléchir avant de sortir les crocs

C’est évidemment dans son gameplay tactique au tour par tour que Dog in the Machine révèle tout son potentiel.

Les combats prennent place sur des grilles relativement compactes où le positionnement de notre AutoDog et celui des ennemis joue un rôle primordial.

Il ne suffit donc pas de choisir une cible et de taper dessus jusqu’à ce qu’elle arrête de bouger.

Dommage.

Chaque mouvement peut modifier la configuration du terrain et il faut constamment prendre en compte les obstacles, les déplacements ennemis et les différentes interactions possibles avec l’environnement.

Le jeu demande donc régulièrement de s’arrêter quelques secondes pour observer la situation.

Puis quelques secondes supplémentaires.

Puis encore quelques-unes.

Et éventuellement prononcer le traditionnel :

« Attends… si je fais ça… »

C’est généralement à ce moment-là que Dog in the Machine devient particulièrement intéressant.

Les réactions en chaîne : le petit plaisir sadique

Le système de réactions en chaîne constitue probablement l’une des mécaniques les plus satisfaisantes du jeu.

Les cartes peuvent contenir des tapis roulants, des boutons, des obstacles explosifs et différents mécanismes capables d’interagir avec notre personnage comme avec nos adversaires.

Une seule action peut donc provoquer plusieurs événements successifs.

Et lorsque tout se déroule comme prévu, c’est délicieux.

Déplacer un ennemi, déclencher un mécanisme, provoquer une explosion puis regarder plusieurs adversaires disparaître grâce à une seule séquence soigneusement préparée procure cette petite satisfaction que connaissent parfaitement les amateurs de jeux tactiques.

Le fameux :

« C’était prévu depuis le début. »

Même lorsque ce n’était absolument pas prévu depuis le début.

Construire son AutoDog à sa façon

Dog in the Machine permet également de personnaliser progressivement les capacités de notre AutoDog.

Au fil des parties, de nouvelles possibilités deviennent accessibles et peuvent être combinées afin de créer différentes configurations.

Cette mécanique encourage naturellement l’expérimentation.

Une combinaison peut fonctionner parfaitement pendant plusieurs rencontres avant qu’une nouvelle situation nous oblige à revoir complètement notre manière de jouer.

Le jeu évite ainsi de nous enfermer dans une seule stratégie et nous pousse régulièrement à essayer autre chose.

Et comme souvent dans un roguelite, cela commence innocemment par :

« Je teste juste cette capacité. »

Puis quarante minutes plus tard, nous sommes en train d’élaborer une théorie complète sur la meilleure manière d’envoyer trois robots dans un obstacle avec un chien mécanique.

Tout va bien.

L’aperçu en temps réel : notre nouveau meilleur ami

Dog in the Machine possède surtout une fonctionnalité particulièrement bienvenue : l’aperçu en temps réel des actions.

Avant de confirmer une séquence, le jeu permet d’observer la manière dont elle devrait se dérouler.

Sur le papier, cela paraît presque anecdotique.

En pratique ?

Merci.

Vraiment.

Parce que lorsque plusieurs éléments du décor peuvent interagir simultanément, prévoir exactement le résultat devient rapidement compliqué.

Cet aperçu permet donc de tester différentes possibilités avant de valider définitivement une action. On peut modifier sa stratégie, revenir sur une décision ou simplement constater que notre idée absolument géniale allait probablement provoquer une catastrophe industrielle.

Cela limite énormément la frustration sans pour autant supprimer la réflexion.

Dog in the Machine ne joue pas à votre place. Il vous donne simplement suffisamment d’informations pour prendre votre propre décision.

Et éventuellement éviter de vous ridiculiser devant un tapis roulant.

Une difficulté qui préfère votre cerveau à vos réflexes

La difficulté de Dog in the Machine repose principalement sur la capacité à analyser les situations.

Pas besoin de réflexes surhumains ou de réussir quinze commandes différentes en deux secondes.

Ici, on observe.

On réfléchit.

On prépare.

Et ensuite seulement, on agit.

Certaines rencontres ressemblent ainsi davantage à de petits puzzles tactiques qu’à des combats traditionnels. Une situation apparemment désespérée peut parfois être complètement retournée simplement en exploitant correctement les éléments présents sur la carte.

Cette philosophie rend la progression particulièrement agréable puisque nous avons réellement l’impression d’améliorer notre compréhension du jeu.

Enfin, jusqu’au prochain combat qui nous rappelle gentiment que nous ne sommes pas devenus Napoléon entre deux parties.

Huit chiens, parce qu’un seul n’était visiblement pas suffisant

La structure roguelite apporte naturellement une part importante de la progression.

Dog in the Machine propose notamment huit races de chiens jouables, tandis que la progression permanente permet de conserver certaines améliorations d’une partie à l’autre.

Les différentes situations rencontrées et les possibilités de personnalisation encouragent ainsi à recommencer régulièrement une partie en essayant une approche différente.

Et soyons sérieux deux secondes.

Huit chiens robots.

Il fallait évidemment tous les essayer.

C’est de la recherche journalistique.

Une direction artistique colorée et surtout très lisible

Visuellement, Dog in the Machine adopte un style cartoon 2.5D particulièrement coloré.

Ce choix fonctionne très bien avec l’ambiance générale du titre et permet surtout de créer un contraste intéressant avec son univers dystopique dominé par les machines.

Mais au-delà de son esthétique, c’est surtout la lisibilité des cartes qui nous a convaincus.

Dans un jeu où chaque obstacle ou objet peut avoir une influence directe sur le combat, il est indispensable de comprendre rapidement ce qui se trouve devant nous.

Et sur ce point, Dog in the Machine fait du bon boulot.

Les différents éléments restent suffisamment distincts pour permettre de lire rapidement une situation et de préparer une stratégie sans devoir sortir une loupe, un manuel technique et éventuellement appeler le développeur.

Une bande-son qui sait rester à sa place

Côté audio, Dog in the Machine accompagne correctement l’action sans chercher à devenir la star du spectacle.

Les différents effets sonores rendent les collisions et les interactions plus perceptibles tandis que les musiques participent efficacement à l’ambiance futuriste et légèrement décalée d’Automatown.

La partie sonore n’est donc pas nécessairement ce que nous retiendrons en premier du jeu, mais elle remplit correctement son rôle et accompagne efficacement les affrontements.

Concernant les langues, la version complète propose une interface et des sous-titres en anglais, français, allemand, japonais, coréen et chinois simplifié.

Un roguelite qui donne envie de remettre une pièce

La rejouabilité constitue logiquement l’un des points forts de Dog in the Machine.

Les niveaux générés de manière procédurale, les huit races de chiens, les différentes capacités disponibles et la progression permanente multiplient les possibilités.

Chaque nouvelle partie permet ainsi d’essayer une autre combinaison ou d’aborder les combats différemment.

Et c’est précisément là que la formule fonctionne.

Dog in the Machine donne régulièrement envie de relancer une partie simplement pour vérifier si une nouvelle idée peut fonctionner.

Vous savez, le fameux :

« Allez, juste une dernière. »

Cette phrase historiquement responsable de milliers d’heures de sommeil perdues depuis l’invention du jeu vidéo.

Conclusion : Dog in the Machine a clairement du chien

Sous ses airs de petit jeu coloré avec un chien-robot, Dog in the Machine cache un système tactique particulièrement malin.

Ses combats reposent sur l’observation, l’anticipation et surtout l’exploitation intelligente de l’environnement. Les réactions en chaîne apportent énormément de satisfaction lorsque l’on parvient à mettre en place la bonne combinaison, tandis que l’aperçu des actions limite intelligemment la frustration.

La structure roguelite, la personnalisation de l’AutoDog, les niveaux procéduraux et les huit races jouables apportent également suffisamment de variété pour donner envie de revenir régulièrement à Automatown.

La narration reste clairement en retrait et le système demande un petit temps d’adaptation avant d’en comprendre toutes les subtilités.

Mais une fois cette étape passée, Dog in the Machine dévoile un jeu tactique accessible, original et suffisamment profond pour nous pousser constamment à expérimenter.

Et surtout, il réussit une chose essentielle :

nous faire passer plusieurs minutes à élaborer un plan extrêmement complexe pour pousser un robot sur un tapis roulant.

Et être incroyablement fier lorsque ça marche.

EN PRATIQUE

Pour vous décider

Prix constaté17,99 €
Plateforme testéePC
Version / build1.0.0
Plateformes
Pour qui ?Amateurs de roguelites tactiques