Ce qu’il faut retenir
En 2015, DC Comics a quitté New York pour Burbank, en Californie. Environ la moitié des équipes n’a pas suivi. On a mis des années à mesurer ce que ça a coûté aux séries : des éditeurs partis avec trente ans d’histoire de la maison dans la tête, des relations avec les auteurs à reconstruire, une mémoire éditoriale qu’on ne rachète pas.
Marvel fait le même voyage. Et pour l’instant, le résultat est différent.
Qui part, qui reste
Le déménagement s’étale sur douze mois. D’après le décompte le plus complet disponible, la quasi-totalité de l’équipe éditoriale suit, y compris Tom Brevoort, vice-président senior, chez Marvel depuis 1989, Nick Lowe, qui pilote le pôle Spider-Man, et Sven Larsen, responsable de l’édition sous licence.
Le départ notable est celui de David Bogart, qui préfère prendre sa retraite après vingt-cinq ans de maison.
Il faut préciser un point avant d’aller plus loin : cette liste nominative n’est pas un communiqué de Marvel. C’est une compilation faite par un média spécialisé, généralement bien informé sur ce genre de dossier, mais qui reste une source secondaire. Le déménagement, lui, est confirmé.
Pourquoi c’est une information et pas une brève d’entreprise
Parce que les comics sont un métier de mémoire.
Un éditeur de série chez Marvel ou DC ne fait pas que valider des planches. Il sait ce qui a été tenté en 1994 et pourquoi ça a raté, il sait quel auteur travaille bien avec quel dessinateur, il sait ce qu’on a promis à tel scénariste il y a trois ans. Rien de tout ça n’est écrit quelque part.
Quand la moitié d’une équipe éditoriale s’en va d’un coup, ce savoir disparaît. C’est ce qui est arrivé à DC, et une partie des flottements de leurs séries dans les années qui ont suivi vient de là.
Brevoort est chez Marvel depuis 1989. Trente-sept ans. Qu’il fasse ses cartons plutôt que ses adieux, c’est la vraie nouvelle de ce dossier.
Ce qu’on ne sait pas encore
L’effet sur les auteurs. Un déménagement d’éditeur ne touche pas que les salariés : scénaristes et dessinateurs travaillent la plupart du temps à distance, mais les réseaux se font dans les couloirs et dans les conventions de la côte est.
Et le calendrier de douze mois laisse le temps à des décisions individuelles de changer. Le taux de rétention se mesure à l’arrivée, pas à l’annonce.
Le transfert s’étale sur les douze prochains mois. Aucun changement n’est annoncé sur les calendriers de publication.
