Ce qu’il faut retenir
En 1895, les frères Lumière filmaient un train entrant en gare de La Ciotat. Dans cette même ville, à l’Eden Théâtre, plus ancienne salle de cinéma du monde encore en activité, un festival va mettre les films fabriqués avec de l’intelligence artificielle et les films tournés avec une caméra dans la même compétition, devant le même jury.
Le SHAIKE Film Festival se tient les 2 et 3 octobre. Première édition, 450 films reçus de plus de quarante pays.
Une seule règle, et elle est radicale
La plupart des festivals qui s’ouvrent à l’IA créent une catégorie séparée. Une compétition classique d’un côté, une vitrine IA de l’autre, et tout le monde repart content sans avoir tranché quoi que ce soit.
SHAIKE refuse ce partage. Les deux formes concourent ensemble, et le jury doit départager sans constituer deux cinémas parallèles. C’est une position inconfortable, et c’est ce qui rend l’expérience intéressante : elle oblige à répondre à la question au lieu de la contourner.
Le jury est présidé par Olivier Dahan, réalisateur de La Môme. Il réunit notamment Éric Judor, Anne Richard, Jacques Malaterre, Yves Rousset-Rouard et le superviseur d’effets visuels Seb Caudron. Le festival a été fondé par Jeremy Angelier.
Le contre-argument, parce qu’il existe
Il faut le poser honnêtement. Un festival dont l’adresse se termine en .ai, qui annonce en plein programme une conférence sur le futur du cinéma par IA et fait créer une série en direct avec un outil de génération, n’est pas un observateur neutre du débat.
Juger le film et pas l’outil est un beau principe. Il sera d’autant plus crédible que le palmarès ne consacrera pas uniquement des films générés. C’est la première chose à regarder le 2 octobre au soir.
Ce qu’il y a à voir, et à quel prix
Le festival se coupe en deux. Le vendredi 2 octobre est une journée professionnelle à La Chaudronnerie, sur billet, avec des tables rondes, des remises de prix et une annonce que l’organisation garde pour elle. La soirée se termine à l’Eden Théâtre par un cocktail et la cérémonie officielle.
Le samedi 3 octobre est ouvert à tous et gratuit, de 10 heures à 18 heures dans toute la ville. Projections libres de la sélection officielle à l’Eden Théâtre, séance surprise avec Éric Judor en fin d’après-midi, et clôture en soirée avec l’avant-première mondiale de Super Me.
Aux Halles Lumière, cent réalisateurs fabriqueront une série en direct avec un outil de génération, devant le public. À la médiathèque Simone Veil, trois ateliers permettent aux enfants d’écrire, dessiner et jouer leur propre dessin animé. Et la Micro-Folie propose une exposition qui va des frères Lumière à ce qui vient après.
Pourquoi cette ville et pas une autre
Le choix de La Ciotat n’est évidemment pas neutre, et le festival ne s’en cache pas. Installer cette confrontation à l’endroit exact où le cinéma a commencé, c’est une façon de dire que la question posée n’est pas un gadget technologique mais une question sur la nature même du médium.
On peut trouver le symbole un peu appuyé. Il a au moins le mérite de rappeler qu’en 1895, le cinématographe était lui aussi un outil que personne ne considérait comme un art.
Le SHAIKE Film Festival se tient les 2 et 3 octobre 2026 à La Ciotat. La journée du vendredi est réservée aux professionnels et payante, celle du samedi est gratuite et ouverte à tous, avec un nombre de places limité à l’Eden Théâtre. Le festival est soutenu par la ville de La Ciotat.
