Ce qu’il faut retenir
Le film : Claque. La ressortie Extended : Ça se tente. Revu en salle, Endgame rappelle ce que Marvel a réussi en 2019 et n'a jamais refait depuis : donner l'impression que des années de films menaient vraiment quelque part. Il a ses longueurs, l'émotion tient toujours.
Le mot Extended promet une version longue qui n'existe pas : c'est le film de 2019 avec un court pont vers Doomsday, et l'aperçu le plus long est réservé aux salles IMAX et Infinity Vision. À voir si vous ne l'avez jamais vu au cinéma ou si vous voulez le revivre en salle, pas pour les seuls inédits.
Avengers: Endgame Extended ressort en salle sept ans après le film original, et la question n’est plus de savoir si Endgame est un bon Marvel. On le sait. La question, c’est de savoir si cette ressortie mérite qu’on paye une nouvelle place trois mois avant Doomsday.
Sept ans après, la question n’est plus la même
Personne n’a besoin qu’on lui présente Endgame. Le film est sorti en avril 2019, il a refermé la saga de l’Infini, et tout le monde sait ce qu’il représente pour le MCU. Le juger comme une nouveauté n’aurait aucun sens. Deux questions comptent pour cette ressortie. Le film tient-il encore ? Et la mention Extended vaut-elle qu’on repaye une place ? À la première, la réponse est oui. À la seconde, c’est beaucoup moins net.
Un film qui prend le temps de perdre
Revoir Endgame en salle rappelle l’ampleur du pari. C’est le vingt-deuxième film de la saga, sorti à une époque où l’univers partagé n’était pas encore devenu le réflexe de tout Hollywood. Et le film ne se contente pas d’aligner des héros pour une dernière bagarre. Sa première partie s’attarde sur des gens qui ont perdu, et chacun encaisse à sa façon. Tony essaie d’avancer. Steve n’y arrive pas. Natasha tient à bout de bras ce qui reste de l’équipe, et Clint est parti tout à fait ailleurs. Ça marche encore parce que le film laisse de l’air à ses personnages.
Trois heures restent trois heures, par contre. La préparation, avant que la machine démarre vraiment, traîne en longueur, et plusieurs scènes pourraient perdre une minute sans que rien ne manque. Le paradoxe, c’est que cette lenteur fait aussi fonctionner la suite. Le film montre longtemps l’échec avant de repartir, et le retour n’en frappe que plus fort.
Le voyage dans le temps, dix ans de souvenirs
Le cœur du film tient toujours. Marvel ne s’en sert pas seulement pour faire avancer l’intrigue, il revisite dix ans de films : des moments qu’on connaît, des visages qu’on n’attendait plus, des scènes qui prennent un autre sens. C’est du fan service, et beaucoup. Mais du fan service gagné. Quand Endgame fait un clin d’œil, il a vingt et un films derrière lui. C’est toute la différence avec plusieurs productions Marvel sorties depuis, qui réclament l’émotion sans l’avoir construite.
Ce que la salle rend au film
On ne racontera pas le dernier acte, même sept ans après. Disons simplement que c’est la meilleure raison de retourner au cinéma. Chez soi, on connaît ces scènes par cœur. Sur un écran géant, avec le son à fond et une salle qui les attend autant que soi, elles retrouvent une bonne part de leur force. Certaines ont été pensées pour cette réaction collective, et ça se sent.
Visuellement, en revanche, Endgame reste un film de 2019. Les effets spéciaux tiennent bien. C’est plutôt dans l’image et la mise en scène qu’on mesure le chemin parcouru depuis : c’est propre, lisible, spectaculaire, sans plus. La ressortie ne fait pas d’Endgame un film de 2026, et il ne faut pas la vendre comme ça.
Le casting, sept ans après
Robert Downey Jr. et Chris Evans sont toujours impeccables, et Scarlett Johansson porte une part étonnante de l’émotion du film. Jeremy Renner a quelques passages très forts, Mark Ruffalo apporte la légèreté. Chris Hemsworth reste celui qui divise. Le traitement de Thor mêle volontairement traumatisme et humour : certaines blagues fonctionnent encore, d’autres transforment un vrai deuil en gag un peu trop vite.
Thanos, lui, perd au change par rapport à Infinity War. Dans ce film-là, il était presque le personnage principal, et on suivait son raisonnement, aussi monstrueux soit-il. Ici, il redevient surtout la menace finale. Ça marche, mais la fascination s’est envolée.
Reste Alan Silvestri. Dans une salle de cinéma, le thème des Avengers fait son effet dès les premières notes, et par moments la musique fait presque autant le travail que l’image.
Extended, un nom qui promet plus qu’il ne donne
C’est là qu’il faut lire l’étiquette. « Extended » évoque une version longue : scènes coupées réintégrées, passages inédits au milieu du film, personnages mieux développés. Ce n’est pas ça. Le film est celui de 2019, et les ajouts servent d’abord de pont vers Avengers: Doomsday. Détail parlant : aux États-Unis, Marvel appelle cette ressortie Endgame: Encore, un titre qui annonce un retour, pas une version longue. Extended, c’est le mot choisi pour la France.
On ne dira rien de ces nouvelles scènes, ni qui y apparaît, ni dans quel contexte : c’est la seule vraie surprise de la ressortie. Elles font leur travail, on ressort avec des questions et une envie réelle de voir comment Marvel va recoller les morceaux. Mais c’est court. D’après les durées enregistrées par le BBFC, l’organisme britannique de classification des films, une séance standard dure environ deux minutes de plus que le film de 2019. Une séance premium, environ cinq.
C’est que toutes les séances ne montrent pas la même chose. Les salles IMAX et Infinity Vision ont droit à un aperçu supplémentaire de Doomsday, et Marvel l’annonce lui-même. Nous avons vu le film en séance standard : cet aperçu-là, on ne l’a donc pas vu, et on n’en dira rien.
Infinity Vision n’a rien d’un format neutre : c’est un label lancé par Disney en 2026 pour certifier les grandes salles premium. Payer plus cher pour une meilleure image ou un meilleur son, aucun problème. Payer plus cher pour voir des scènes que la séance classique ne montre pas, c’est autre chose. Quand on prend un billet pour Avengers: Endgame Extended, on s’attend à voir Avengers: Endgame Extended, pas à vérifier quelle salle donne accès à tout.
D’autant que Marvel n’avait pas besoin de ça. « Revenez voir Endgame sur grand écran avant Doomsday » aurait suffi à faire revenir les fans.
Ce que la ressortie dit de Marvel
Revu aujourd’hui, Endgame ressemble encore plus qu’en 2019 à une dernière page. Il ferme des histoires ouvertes dix ans plus tôt et récompense ceux qui ont tout suivi. Le MCU a continué depuis, sans jamais retrouver cette sensation d’arriver quelque part.
Et c’est justement cette fin que Marvel vient chercher pour lancer Doomsday. Prolongement intelligent d’une histoire close, ou retour vers la période où le studio était au sommet parce qu’il faut relancer la machine ? Doomsday seul le dira. Mais le mouvement se voit déjà : Endgame n’a pas besoin d’être sauvé ni amélioré.
Endgame Extended : on y retourne ou on attend Doomsday ?
Jamais vu Endgame au cinéma : on fonce. C’est l’une des meilleures occasions de le voir comme il a été pensé, sur grand écran, avec le son à fond, dans une salle pleine.
Envie de revivre le film en salle : ça vaut le coup, et la nostalgie frappe plus fort que prévu.
Venu uniquement pour les inédits : difficile de justifier une place pour deux minutes.
Envie de tout voir : vérifiez le format avant de réserver, seules les séances IMAX et Infinity Vision montrent l’aperçu complet.
Le prix d’une place classique, plus le supplément IMAX ou Infinity Vision pour voir l’aperçu complet. C’est pour ceux qui n’ont jamais vu Endgame au cinéma et pour ceux qui veulent le revivre en salle. Les autres peuvent attendre le 16 décembre.
