Ce qu’il faut retenir
La démo de Coal Duty, jeu d'extraction coopératif de Corecrew Games, sort sur Steam le 8 octobre 2026. En solo, son univers de mineur surveillé par l'État fonctionne, mais la prise en main à l'ancienne explique très peu, et le début est brutal : deux tickets en poche, des ennemis qui tuent en quelques secondes, et un équipement de survie qu'on ne peut pas encore se payer. La coopération, pour laquelle le jeu est pensé, reste à essayer.
Toutes les captures de cet aperçu viennent de la démo.
La démo de Coal Duty sort le jeudi 8 octobre 2026 sur Steam, avant la Steam Next Fest du 19 au 26 octobre. Le jeu du studio Corecrew Games, basé à Istanbul et édité par indie.io, se présente comme une horreur-comédie d’extraction en coopération, de un à cinq joueurs. On y a joué sur PC, en solo, sur une clé fournie par indie.io. Tout ce qui suit sur la difficulté vaut donc pour une partie seule : la coopération et son chat vocal de proximité, où les monstres entendent les joueurs parler, restent à essayer.
Un mineur, un quota, et l’État qui regarde
Le ciel a gelé il y a trois générations, et l’État a gardé les mines ouvertes. Il lui faut des volontaires, et c’est nous. L’univers tient en quelques détails bien trouvés : un quota à remplir, des affiches, des consignes. Et une voix qui nous rappelle à l’ordre si l’on reste immobile trop longtemps. Même quand on ne fait rien, on se sent surveillé. Pour un jeu sur un mineur exploité qui doit produire sans s’arrêter, l’idée fait mouche.
Descendre, casser, jeter dans le wagon
On descend en wagon dans des galeries générées différemment à chaque fois. Elles sont très sombres, et la lampe frontale se gère comme une ressource. Le travail est simple : casser la roche à la pioche, prendre le minerai en main, puis le jeter dans le wagon pour qu’il soit compté. Autour, tout cherche à nous tuer. Des monstres, des poches de gaz, du feu, et des pièges au sol qu’on voit mal dans le noir. Il faut surveiller ce qui arrive devant soi et regarder où l’on met les pieds, en même temps.
Un jeu à l’ancienne qui n’explique rien
C’est là que la démo nous a perdus. Coal Duty reprend les codes des vieux jeux PC : des commandes raides, pas toujours naturelles, et très peu d’explications. Comment manier le wagon, déposer le minerai, gérer la lampe, éviter tel danger, à quoi sert tel objet : il faut le comprendre seul. Certains y verront du charme. Nous, on a surtout trouvé la prise en main pénible. La démo ne laisse pas non plus choisir le niveau facile, seulement le moyen.
Le français ne figure pas parmi les langues annoncées sur la page Steam, ce qui n’arrange rien dans un jeu qui explique déjà si peu.
Tué par un rat en quelques secondes
En solo, le début est brutal. On part avec deux tickets, la monnaie du jeu, et ça ne suffit pas pour s’équiper correctement. Les ennemis foncent sur nous dès qu’ils nous voient et encaissent beaucoup, alors qu’avec une simple pioche on meurt en quelques secondes. Un rat nous a tués quasiment sur le coup.
Les poches de gaz ont été le pire moment : une fois pris dedans, on ne peut presque plus bouger, et la mort arrive vite. Le feu ne pardonne pas davantage. Et chaque mort fait perdre tout ce qu’on transportait.
Les solutions existent, encore faut-il se les payer
Le magasin prouve pourtant qu’une progression est prévue. Une nouvelle pioche coûte 2 tickets, un masque à gaz 6, un emplacement d’inventaire supplémentaire 20, et il y a des soins et d’autres équipements. L’inventaire de départ est minuscule, donc chaque descente oblige à choisir : pioche, soins, masque, nourriture, impossible de tout prendre.
Tout le problème est dans ce décalage. Le masque à gaz aurait sauvé plusieurs de nos parties, mais il coûte trois fois le budget de départ, et on croise le gaz bien avant de pouvoir se le payer. Coal Duty semble dire qu’on se défendra mieux plus tard. Encore faut-il survivre avec presque rien pour y arriver, et accepter de mourir, de perdre son matériel et d’apprendre par l’échec avant d’avoir les outils qui rendent les descentes vivables.
Coal Duty : on surveille ou on passe ?
On surveille, avec une réserve de taille. L’ambiance dystopique et le concept tiennent la route. En solo, la démo est trop punitive et trop obscure pour donner envie d’y retourner. Le jeu est pensé pour le groupe : à plusieurs, les rôles partagés et le chat de proximité changent sans doute la donne, mais on ne l’a pas vérifié. La mine de l’État tient au moins une promesse : seul, on y travaille pour elle, et on y meurt pour pas grand-chose.
