TEST01/10/2026

Radiotext, un réseau clandestin au bout du clavier

Taper ses réponses et installer ses plugins rend ce faux réseau radio très crédible, pour qui lit bien l'anglais

Radiotext fait d'un simple terminal vert un réseau clandestin crédible, à condition d'accepter beaucoup de lecture, et uniquement en anglais.

VERDICT SPIRITGAMER

Belle pioche

15/20

Le moment où Radiotext nous a eus : une installation de plugin. Rien que des lignes vertes qui défilent, des dépendances, et un « Continue? [Y/n] » qui fait monter la tension pour un simple affichage d'images de profil. Le jeu ne triche jamais avec son concept. Encore faut-il lire l'anglais sans effort, parce qu'ici, le texte est le jeu.

Points forts

  • Des réponses à taper soi-même
  • Un terminal cohérent jusqu'au bout
  • Un réseau qui donne envie de fouiller

Points faibles

  • Uniquement en anglais, et pas scolaire
  • Beaucoup de lecture, peu d'action
  • Des dialogues guidés malgré la saisie
Par

Devil

Directeur

Devil, fondateur de SpiritGamer. Zelda et Halo dans le sang depuis toujours, mais sinon je joue à tout, manette en main ou pas. Si un article vous a fait grincer des dents, c'est probablement le mien.

Jeux Vidéo, Hardware, Ciné/Séries, Livre/BD

Toutes les captures de ce test viennent des premières heures de jeu.

Radiotext est sorti le 28 septembre 2026 sur PC, via Steam. C’est le jeu d’Alp Arslan, un développeur seul qui l’édite lui-même. Au lancement, on se retrouve devant un vieux terminal : du texte vert sur fond noir, quelques effets d’écran cathodique, et presque rien d’autre. Il ne paie pas de mine. Pourtant, au bout de quelques minutes, on était pris, avec une impression tenace : celle d’être entré dans Matrix.

Une clé USB, un réseau, des inconnus

Le point de départ tient en une clé USB. Elle contient Radiotext, un logiciel qui permet de communiquer par ondes radio à longue portée. Dans ce monde, le web classique est surveillé par les gouvernements et les grandes entreprises, et Radiotext offre une alternative : un réseau décentralisé et chiffré, pour parler sans passer par les canaux officiels. Sky nous accueille et nous explique le fonctionnement, puis on comprend vite qu’on a mis les pieds dans quelque chose de bien plus gros qu’un logiciel de discussion clandestin. On n’en dira pas plus.

Pas de cinématique, pas de longue scène d’exposition : l’univers se raconte uniquement au fil des conversations avec les gens qu’on croise sur le réseau.

Le clavier comme manette

Tout passe par le clavier. Au terminal, on tape des commandes comme connect, cache, interface ou settings au lieu de cliquer dans des menus. Les dialogues suivent la même logique : le jeu propose plusieurs réponses en bas de l’écran, mais il faut taper celle qu’on veut envoyer. Écrire soi-même did you hack me ne ressemble pas à un choix de dialogue de RPG. On a l’impression d’envoyer un message.

Tout passe par le clavier, y compris dans les conversations. Capture SpiritGamer réalisée en cours de test.

Les réponses restent guidées : on ne peut pas écrire ce qu’on veut. Mais la saisie suffit à donner au jeu sa personnalité. Et commandes et dialogues passent par le même terminal. Quand Flynn nous parle d’une commande display pp pour afficher les images de profil, on la tape aussitôt. Le plugin n’étant pas installé, la phrase part directement à Flynn, qui nous répond qu’il faut d’abord l’installer. Un détail, mais qui prouve qu’il n’y a pas d’un côté le jeu et de l’autre les dialogues.

Installer un plugin, le grand frisson

Radiotext pousse son idée jusqu’à nous faire installer nous-mêmes certaines fonctions. Pour les images de profil, il faut récupérer un plugin dans le cache et l’exécuter. Le terminal déroule alors une fausse installation complète, avec dépendances, allocation de mémoire, vérification de fichiers, avertissements système, jusqu’au fameux This patch will alter system files. Continue? [Y/n]. Visuellement, il ne se passe rien d’autre que des lignes vertes qui défilent. Et c’est précisément là qu’on s’est cru dans Matrix.

L’installation d’un plugin depuis le terminal. Capture SpiritGamer réalisée en cours de test.

C’est volontairement compliqué pour une chose qui pourrait être automatique, et c’est pour ça que ça marche. Même les réglages de vidéo, de son, de difficulté ou de sauvegarde passent par des commandes, et le menu interface permet de changer la vitesse et la couleur du texte. Flynn nous conseille d’ailleurs d’essayer l’ambre à la place du vert.

Un réseau qui vit sans nous

Au début, le jeu nous tient par la main : Sky présente l’univers, Flynn nous apprend à manier le terminal. Puis une commande connect random apparaît. Elle lance un balayage des fréquences et cherche une conversation active au hasard. C’est comme ça qu’on est tombé sur Casey, et qu’on a compris ce que Radiotext propose au-delà de son histoire : la sensation de fouiller un réseau peuplé d’inconnus, sans savoir qui va répondre ni ce qu’il va raconter.

Un message inattendu arrive sur le réseau. Capture SpiritGamer réalisée en cours de test.

Les contacts ne nous attendent pas non plus. Quand Sky quitte le réseau, l’appeler renvoie une réponse automatique d’absence. Les personnages y gagnent : ils ressemblent moins à des personnages figés qui attendent notre clic. Ils envoient aussi des fichiers, qui atterrissent dans le cache et qu’il faut aller ouvrir. Un document éclaire l’histoire, un fichier de configuration débloque une nouvelle fonction du terminal : récit et jeu ne se séparent jamais.

Presque rien à l’écran, et pourtant

Techniquement, c’est minimaliste : du texte, un fond noir, quelques couleurs, des effets de vieux moniteur. En maintenant Alt, on peut reculer un peu la caméra et regarder autour de l’écran, dans une pièce très sombre, sans pouvoir se lever. Le vert phosphorescent, le balayage et les petites distorsions suffisent à installer une ambiance. Et après de longues minutes passées à ne lire que des lignes de texte, voir apparaître la première image de profil tient presque de l’événement.

L’anglais, le vrai mur

C’est le principal obstacle. Radiotext n’existe qu’en anglais, et pas un anglais scolaire : expressions familières, jargon informatique, tournures cyberpunk, termes techniques. Dans un jeu d’action, on peut rater une phrase sans conséquence. Ici, le texte est le jeu. Qui ne suit pas les conversations perd le plus gros de l’expérience, et ça se sait avant d’acheter.

L’autre limite tient au rythme. On passe de longs moments devant le même écran à lire et à taper. Le jeu ajoute des plugins, des images, des contacts et des commandes au fil de la partie, mais son cœur reste très dépouillé. Si on accroche, on ne lâche plus. Qui attend de l’action décrochera vite.

Radiotext : on fonce ou on attend ?

On fonce si l’anglais ne fait pas peur et si l’idée d’un jeu fait presque uniquement de texte intrigue au lieu de rebuter. Radiotext ne triche jamais avec son concept : quand il pourrait afficher une option, il préfère nous la faire installer, débloquer ou lancer à la main. C’est inutilement compliqué, et c’est tout son charme. Au bout d’un moment, on ne regardait plus du texte vert sur un écran noir. On avait branché une clé USB étrange et trouvé un réseau qu’on n’était sans doute pas censé trouver.

EN PRATIQUE

Pour vous décider

Prix constaté11,99 € sur Steam
Plateforme testéePC
Version / buildSur PC, clé Steam fournie par Bonfire PR, version de lancement, en solo
Plateformes
Pour qui ?Pour qui aime les jeux de texte et lit l'anglais sans effort, pas pour qui cherche de l'action.