Mega Man Star Force Legacy Collection : le retour d’un héros oublié entre étoiles et nostalgie
Capcom décide de fouiller dans son grenier… et de ressortir un vieux casque bleu légèrement poussiéreux.
Car oui, avant d’être une icône figée dans le pixel, Mega Man était un petit phénomène dès 1987 sur NES. Et plutôt que de nous teaser encore longtemps avec Dual Override, prévu pour 2027, l’éditeur japonais nous propose ici un petit voyage dans le passé.
Objectif : redonner vie à une trilogie un peu oubliée, celle de Star Force. Et accessoirement, corriger une injustice européenne avec l’arrivée (enfin) du troisième épisode.
Quand l’émotion rencontre le Saturday morning cartoon
Bienvenue en 220X. L’humanité scrute les étoiles, espérant ne pas tomber sur un simple “vu” cosmique. Mais la station Peace disparaît mystérieusement, emportant avec elle Kevin Stellar.
Trois ans plus tard, son fils Geo est toujours bloqué en mode “pause émotionnelle”. Pas d’école, peu d’amis, et un abonnement illimité au ciel nocturne.
Puis débarque Omega-Xis, un loup extraterrestre qui en sait clairement trop pour être honnête.
👉 Et là, surprise : buddy movie cosmique activé.
Le duo fonctionne. Mieux : il évolue. Geo passe du mode ermite triste à héros intergalactique, tout en tissant des liens avec ses camarades et en affrontant des races alien aux noms dignes d’un Wi-Fi capricieux.
Mais soyons honnêtes :
👉 On est plus proche d’un crossover entre Digimon et Pokémon que d’un scénario à la Interstellar.
Le premier épisode touche juste avec ses thèmes (deuil, isolement), mais la suite recycle gentiment la recette. À la louche. Sans forcément goûter.
7 jeux en 1… ou l’art du marketing gonflé à l’hélium
Sur le papier : 7 jeux.
Dans la réalité : 3 jeux… avec variantes.
Un peu comme commander une pizza 4 fromages et découvrir que c’est surtout du gruyère en différentes textures.
Chaque version modifie les transformations de Mega Man, mais l’ossature reste identique. Résultat : une quarantaine d’heures de jeu qui passent… mais qui auraient clairement gagné à être condensées.
Heureusement, les personnages sauvent les meubles. Luna, Bud, Sonia… ça fonctionne, on s’attache.
Mais côté scénario :
👉 deus ex machina
👉 pouvoir de l’amitié
👉 résolution express
Le trio magique est complet.
Cartes, esquives et migraine stratégique
Le système de combat, lui, mérite qu’on s’y attarde.
Imagine un mélange entre action et cartes façon Yu-Gi-Oh!, avec une pincée de Battle Network.
Le terrain passe en 3D, mais reste limité :
- déplacements latéraux uniquement
- ennemis hyperactifs en face (bonjour les sauterelles sous Red Bull)
👉 Résultat : anticipation obligatoire.
Tu dois :
- prévoir les mouvements ennemis
- gérer ta portée
- choisir les bonnes cartes
- survivre pendant que la jauge recharge
Le tout avec :
- attaques
- soins
- effets de terrain
- boosts
Et un petit système de parade bien senti pour punir les imprudents.
Alors oui, c’est accessible.
Oui, c’est parfois répétitif.
Mais franchement ?
👉 Ça reste efficace, même aujourd’hui.
Exploration rétro : charme d’antan ou punition moderne ?
En dehors des combats, on est sur du JRPG pur jus :
- dialogues à foison
- progression linéaire
- cartes en 2D
Mais avec une idée cool : le Visualiseur.
Grâce à lui, Geo accède à un monde parallèle fait d’ondes EM. Un peu comme si Internet avait décidé de devenir physique (et hostile).
👉 Routes invisibles
👉 zones cachées
👉 ennemis numériques
Sur le papier, c’est stylé.
Dans les faits ?
👉 répétitif
👉 parfois laborieux
👉 mini-jeux qui tirent en longueur
Clairement, ça sent la mécanique d’époque… et pas toujours dans le bon sens.
Une modernisation intelligente… mais pas miraculeuse
Bonne nouvelle : Capcom n’a pas fait un simple copier-coller.
Au programme :
- filtres graphiques (activables/désactivables)
- vitesse ajustable
- difficulté modulable
- réduction (voire suppression) des combats aléatoires
Et surtout :
👉 un vrai mode online
Avec :
- combats
- échanges de cartes
- système de “Frères” amélioré
Ce dernier booste la progression et donne enfin un intérêt solide au multijoueur.
Ajoute à ça :
- galerie d’archives
- OST réarrangée (très propre)
- contenu bonus récupéré
Et tu obtiens une version clairement plus confortable.
Petit regret :
👉 toujours pas de traduction française (et ça pique pour l’accessibilité).
Verdict : un retour sincère… mais imparfait
Mega Man Star Force Legacy Collection, c’est un peu comme retrouver une vieille cartouche dans un tiroir.
Tu souris.
Tu lances le jeu.
Et tu réalises que tout n’a pas aussi bien vieilli que dans tes souvenirs.
Mais malgré ses défauts :
- répétitivité
- narration simpliste
- structure datée
👉 il garde un charme indéniable.
Parce que son système de combat tient la route.
Parce que son ambiance fonctionne.
Et parce que, parfois, on a juste envie d’un jeu simple… sans prise de tête.
