Ce qu’il faut retenir
Blizzard a sorti sans prévenir une campagne inédite pour Warcraft III, vingt-trois ans après le jeu d'origine. Trente heures de jeu, 29,99 euros, de nouvelles unités et une refonte de l'inventaire. Le doublage, lui, n'existe qu'en anglais. Aucune autre langue n'a été enregistrée, et l'éditeur n'a rien expliqué. C'est le même éditeur, appartenant au même groupe, que dans les dossiers précédents sur la disparition des voix françaises.
Personne ne l’attendait. Dimanche, Blizzard a mis en ligne Forsaken Kingdom, une campagne entièrement nouvelle pour Warcraft III: Reforged. Le jeu d’origine date de 2002. Vingt-trois ans plus tard, on récupère une trentaine d’heures inédites racontant les derniers jours de Lordaeron, avec de nouvelles unités héroïques, un inventaire repensé et un éclairage dynamique. Le tout à 29,99 euros.
Et uniquement en anglais.
Aucune autre langue n’a été doublée. Ni le français, ni l’allemand, ni l’espagnol. Blizzard n’a fourni aucune explication publique à ce sujet.
Le troisième cas en un an
La liste commence à être longue. Les nouveaux contenus de The Elder Scrolls Online, ceux de World of Warcraft, Forza Horizon 6, le remake de Halo, Fable qui renonce au doublage français dans sa fiche officielle. Et maintenant Warcraft III.
Le point commun n’est pas le hasard : ce sont tous des jeux édités par Microsoft ou par ses filiales. Blizzard appartient au groupe depuis le rachat d’Activision Blizzard.
On s’arrête là pour ce qui est vérifiable. Il serait facile d’écrire que cette absence découle du conflit entre Microsoft et les comédiens français sur les clauses d’entraînement des intelligences artificielles, celui-là même que nous avons documenté. Sauf que personne ne l’a établi pour ce cas précis, et Blizzard n’a rien dit. Nous ne l’écrirons donc pas.
Ce qui reste, et qui suffit : un éditeur vend un contenu au même prix dans toute l’Europe, en n’ayant enregistré des voix que pour une partie de ses acheteurs. Un joueur français qui achète Forsaken Kingdom paie trente euros pour une campagne de trente heures dont il lira les dialogues au lieu de les entendre.
Ce que ça coûte vraiment
Warcraft III n’est pas un jeu de tir où les répliques servent de décor. C’est une campagne narrative, avec des cinématiques et des personnages qui portent une histoire que la série raconte depuis vingt-cinq ans. Suivre Arthas en lisant des sous-titres pendant qu’on gère une base et une armée, ce n’est pas la même expérience.
Et pour les joueurs qui ont découvert cet univers à l’époque, en français, c’est une rupture de continuité pure et simple.
