Toutes les captures de ce test viennent de nos sessions sur Nintendo Switch 2.
The Crew Motorfest est sorti le 8 octobre 2026 sur Nintendo Switch 2, à 49,99 € sur l’eShop, trois ans après son lancement sur les autres consoles et sur PC. Ubisoft y livre le jeu tel qu’il est aujourd’hui, saison 11 et île de Kauai comprises. On l’a testé sur Switch 2, en mode téléviseur comme en portable, avec un code fourni par Ubisoft. Ce qu’on voulait savoir : un monde ouvert de cette taille tourne-t-il correctement sur la console, et vaut-il le coup quand on veut l’emmener partout ?
Trois îles et trois ans de contenu
Celui qui arrive en 2026 ne joue pas au même jeu que les joueurs du lancement. En 2023, le terrain de jeu tenait presque entièrement sur O’ahu. Maui est venue ensuite, puis Kauai avec la saison 11, ouverte le 7 octobre sur toutes les plateformes : une île tournée vers le tout-terrain, avec ses marais, ses grands espaces et son canyon rouge, et un treuil sur certains véhicules. Courses sur route, tout-terrain, drift, défis de vitesse, slaloms, objets cachés ou simple balade, on ne manque jamais d’occupation.
Le jeu s’organise autour de ses playlists, des campagnes thématiques consacrées chacune à un pan de la culture automobile : voitures américaines, tuning japonais, modèles historiques, compétition. Il y en a plus de trente d’après Ubisoft, et le garage dépasse les 700 véhicules. Pas seulement des voitures : motos, avions et bateaux permettent toujours de casser la routine, même si la voiture reste au centre du jeu. Les parcours créés par la communauté avec l’outil TrackForge rallongent encore la durée de vie.
La conduite n’a pas changé : accessible, nerveuse, assez permissive pour qu’on s’amuse sans rien connaître à la mécanique. Couper les aides rend le jeu plus exigeant et augmente un peu les récompenses, de quoi contenter aussi bien le promeneur que celui qui cherche plus de défi. Motorfest veut d’abord donner envie de conduire, et il y arrive.
1080p et 30 images par seconde, en salon comme en portable
Ubisoft annonce un affichage en 1080p à 30 images par seconde, en mode téléviseur comme en portable, sans préciser la résolution de rendu. L’image ne ressemble pas pour autant à celle d’une PS5 : les textures sont moins détaillées, certains décors simplifiés, la végétation moins dense, et la distance d’affichage montre vite ses limites. Le popping se voit, avec des éléments qui apparaissent quand on roule très vite. Lancé à plus de 300 km/h sur une route hawaïenne, on s’attendait pourtant à bien pire.
Sur téléviseur, le résultat est convaincant. L’image reste nette, les voitures sont jolies, l’éclairage fonctionne et la vue cockpit reste utilisable malgré la baisse de détails. Le jeu ressemble davantage aux versions PS4 et Xbox One qu’aux versions actuelles, mais l’impression de vitesse est intacte. En portable, l’image devient plus floue et les ralentissements se remarquent davantage, dans le garage notamment et dans les scènes très chargées. Rien qui rende le jeu injouable, mais le paradoxe est là : ce portage se savoure mieux sur la télé.
On aurait préféré du 60 images par seconde dans un jeu de course. Le 30 reste assez régulier pour qu’on s’y fasse vite, et on préfère un 30 bien tenu à un mode performance qui s’effondre. Les Joy-Con 2 font le travail en portable ou pour une courte session, la manette Pro est plus précise et plus confortable sur la durée. Les vibrations HD, elles, font bien sentir les changements de revêtement.
Internet obligatoire, même seul
C’est le plus gros défaut de cette version. Le jeu exige une connexion permanente et un compte Ubisoft, même pour rouler seul, et l’abonnement Nintendo Switch Online pour le multijoueur. Sur une console de salon, c’était déjà discutable. Sur une console dont l’argument est de jouer partout, ça devient difficile à défendre : console chargée à fond, jeu installé, quatre heures de train devant soi, et sans réseau, rien. Motorfest avait tout pour devenir un excellent jeu de course à emporter.
La boîte n’arrange rien. La version physique est une carte clé de jeu : elle contient une clé de téléchargement, pas le jeu, et il faut ensuite récupérer 58,5 Go d’après la fiche de l’eShop. Pour un jeu qui réclame déjà Internet en permanence, la version physique n’a plus grand-chose de physique.
Une progression partagée, avec des trous
Bonne nouvelle pour ceux qui jouent déjà ailleurs : avec le même compte Ubisoft, on récupère sa progression et sa sauvegarde, et la Switch 2 peut servir de machine d’appoint. Les limites sont nombreuses, cependant. Les contenus achetés sur une autre plateforme ne sont pas transférés : il faut les racheter, quand ils existent sur Switch 2. L’import de la collection de The Crew 2 n’est pas disponible, et le jeu croisé ne couvre pas tout le jeu : il concerne certaines activités comme le Grand Race et Demolition Royale, et certains classements. Les créations TrackForge, elles, passent d’une plateforme à l’autre. Côté contenus payants, plusieurs passes et extensions sont proposés dès le lancement, mais pas tous : le Pass de l’année 4 et certains packs de véhicules ne sont pas encore disponibles sur Switch 2.
Autour de mises à jour gratuites généreuses, on sent bien la structure du jeu-service : éditions, passes annuels et boutique bien visible. Beaucoup de véhicules s’obtiennent en jouant, mais celui qui veut tout posséder verra la facture grimper vite.
Motorfest sur Switch 2 : on fonce ou on attend ?
Pour jouer à la maison, sur la télé, avec une bonne connexion, oui : le portage tient la route, et arriver en 2026 permet de profiter d’un coup de trois ans de contenu. Ceux pour qui le 60 images par seconde n’est pas négociable passeront leur chemin, et les joueurs nomades ont toutes les raisons de grincer des dents. Ubisoft a mis Hawaï dans le sac. Il faut juste penser à emporter le Wi-Fi avec.
