TEST25/10/2026

Flipping is Hard : votre téléphone va vous faire rager

Tomber, recommencer et insulter une brique.

Flipping is Hard transforme un téléphone portable en héros d’un rage game basé sur la physique, jouable seul ou jusqu’à 16 joueurs.

VERDICT SPIRITGAMER

Belle pioche

16/20

Flipping is Hard réussit l’essentiel de ce que l’on attend d’un bon rage game.

Ses contrôles basés sur la physique offrent une véritable marge de progression, Flippy peut accomplir des mouvements impressionnants lorsque l’on maîtrise suffisamment les mécaniques et certains niveaux proposent d’excellentes idées. Tout n’est cependant pas aussi réussi. Les premiers puzzles manquent parfois d’ambition, l’humour repose beaucoup sur des références générationnelles et plusieurs mécaniques semblent avoir été conçues avant tout pour le multijoueur. Un multijoueur que je n’ai pas pu tester et sur lequel je ne porterai donc pas de jugement définitif. Le solo reste néanmoins agréable et le mode Détente constitue une excellente alternative pour ceux qui veulent profiter de l’expérience sans transformer leur bureau en zone sinistrée. Flippy est attachant, le narrateur apporte une véritable personnalité à l’aventure et la durée relativement courte évite au concept de trop s’essouffler. Flipping is Hard est donc un rage game amusant, accessible sans être facile et suffisamment maîtrisé pour provoquer cette terrible maladie : « Encore un essai. » Puis un autre. Puis un autre. Et soudain il est 2 h 14. Mais cette fois, vous allez réussir ce foutu saut.

Points forts

  • Une physique amusante à maîtriser
  • Une vraie marge de progression
  • Certains niveaux particulièrement réussis
  • Un narrateur attachant et sarcastique
  • Le mode Détente avec ses points de contrôle
  • De nombreux cosmétiques à collectionner
  • Des salons multijoueurs jusqu’à 16 joueurs
  • Une bonne dose de nostalgie pour les anciens téléphones

Points faibles

  • Plusieurs mécaniques inutiles lorsqu’on joue seul
  • Un humour basé sur les références qui ne fonctionnera pas avec tout le monde
  • Les interventions du narrateur peuvent devenir répétitives
Par

Yakudark

Rédacteur chez SpiritGamer
Le trailer du jeu Flipping is hard

Les rage games entretiennent une relation assez particulière avec le joueur. Ils veulent qu’on s’amuse, évidemment, mais semblent également prendre beaucoup de plaisir à nous regarder échouer lamentablement à quinze centimètres de notre objectif.

Flipping is Hard, développé par Elegant Horse Studios et édité par Elegant Horse Studios et Dawn Wood Games, maîtrise plutôt bien cette philosophie.

Disponible sur PC depuis le 16 octobre 2026, le jeu nous place aux commandes de Flippy, un bon vieux téléphone portable en forme de brique qui prend mystérieusement conscience après avoir été abandonné dans les Terres Déchets. Son objectif : retrouver son propriétaire, Jeffy.

Et pour y parvenir ?

Il va falloir sauter.

Beaucoup.

Tomber aussi.

Énormément.

Au point de vouloir parfois jeter son propre téléphone contre un mur par solidarité avec Flippy.

Un téléphone qui refuse de finir au recyclage

Le scénario de Flipping is Hard part d’une idée aussi absurde qu’attachante.

Flippy est un téléphone portable à l’ancienne, une de ces briques probablement capables de survivre à une chute depuis l’ISS et d’endommager le sol à l’atterrissage. Après avoir été jeté dans les Terres Déchets, notre petit appareil développe mystérieusement une conscience et décide de partir à la recherche de Jeffy.

Pour le retrouver, il doit traverser différents mondes en utilisant essentiellement ses capacités de déplacement et surtout ses flips.

L’histoire n’a évidemment pas vocation à devenir une fresque dramatique de quarante heures sur la condition existentielle des téléphones abandonnés.

Pourtant, derrière son humour, Flipping is Hard parvient progressivement à installer quelque chose d’un peu plus intrigant.

Et pour cela, il possède une arme particulièrement efficace : son narrateur.

Flippy, la physique et nos mauvaises décisions

Le principe de gameplay est extrêmement simple à comprendre.

On contrôle Flippy et on utilise la physique pour se déplacer dans les environnements, prendre de la vitesse, trouver les bons angles et franchir les différents obstacles qui nous séparent de notre objectif.

Simple à comprendre.

Beaucoup moins simple à maîtriser.

Et c’est exactement ce qu’on attend d’un rage game.

Flippy peut atteindre des vitesses impressionnantes lorsque l’on commence à comprendre correctement ses mouvements. Maîtriser les angles et enchaîner plusieurs flips permet même parfois de contourner une bonne partie d’un puzzle.

Et quand ça fonctionne ?

On se sent absolument invincible.

Pendant environ huit secondes.

Avant de rater le saut suivant.

Un vrai potentiel pour maîtriser Flippy

Un bon rage game ne doit pas uniquement être difficile pour être difficile.

Sinon, il suffirait de supprimer la moitié des touches du clavier et de lancer Dark Souls avec une calculatrice.

Il faut également laisser suffisamment de liberté pour que le joueur puisse progresser mécaniquement.

Et Flipping is Hard réussit plutôt bien cet aspect.

Plus on maîtrise Flippy, plus on découvre de nouvelles façons de franchir les obstacles. Certains passages peuvent être abordés normalement, tandis que les joueurs les plus à l’aise pourront utiliser leur vitesse et leur connaissance de la physique pour emprunter des trajectoires beaucoup plus audacieuses.

Cette marge de progression rend les réussites particulièrement satisfaisantes.

Parce qu’à force de tomber cinquante fois au même endroit, réussir enfin un enchaînement parfait provoque cette réaction universelle :

« TU VOIS QUE JE SAVAIS LE FAIRE ! »

Personne n’en doutait.

À part peut-être les cinquante tentatives précédentes.

Des niveaux qui mettent un peu de temps à décoller

La conception des niveaux est globalement réussie, mais elle manque légèrement de constance.

Certaines énigmes proposent d’excellentes idées, avec notamment des chemins secondaires qui semblent soudainement évidents une fois découverts.

C’est précisément dans ces moments que Flipping is Hard fonctionne le mieux : lorsqu’il nous laisse observer un obstacle, expérimenter puis découvrir une solution qui était devant nous depuis le début.

Les premières zones sont malheureusement plus simples.

Plusieurs passages demandent relativement peu de réflexion ou d’efforts, ce qui crée un contraste assez important avec les énigmes plus intéressantes rencontrées par la suite.

Le level design commence réellement à montrer son potentiel vers le milieu de l’aventure.

On aurait simplement aimé qu’il sorte les crocs un peu plus tôt.

Mode Détente ou Hardcore : choisissez votre niveau de masochisme

Bonne nouvelle pour ceux qui aiment le concept des rage games mais tiennent encore un peu à leur santé mentale : Flipping is Hard propose un mode Détente.

Celui-ci ajoute de nombreux points de contrôle et permet donc d’expérimenter beaucoup plus librement.

Attention cependant : il ne transforme pas soudainement Flippy en petit jeu de plateforme tranquille du dimanche après-midi.

Les passages difficiles doivent toujours être franchis correctement.

Vous aurez simplement moins envie d’ouvrir la fenêtre pour vérifier les performances aérodynamiques de votre clavier.

Le mode Détente devient particulièrement intéressant pour essayer des trajectoires improbables et expérimenter avec la physique sans craindre de perdre une énorme partie de sa progression.

À l’opposé, le mode Hardcore s’adresse évidemment à ceux qui considèrent que la souffrance est une fonctionnalité.

On ne juge pas.

Enfin, un peu.

Une aventure relativement courte

La durée de vie dépend énormément du niveau du joueur et du mode choisi.

En mode Détente, Flipping is Hard peut facilement être terminé pendant un week-end, notamment si l’on maîtrise rapidement ses mécaniques.

Le Hardcore peut évidemment prolonger considérablement l’expérience.

Cette durée relativement courte n’est pas nécessairement un problème. Elle évite notamment que le concept s’essouffle complètement et permet au jeu de conserver un rythme assez soutenu.

Plusieurs objectifs secondaires viennent également enrichir les niveaux pour ceux qui souhaitent aller au-delà de la simple progression principale.

Flippy aime les accessoires

Parce qu’être projeté contre des obstacles pendant plusieurs heures ne signifie pas qu’on doit négliger son apparence, Flippy dispose également d’un grand nombre d’éléments cosmétiques.

Différents accessoires et apparences peuvent être récupérés afin de personnaliser notre téléphone.

Ces éléments sont totalement optionnels, mais apportent une motivation supplémentaire pour explorer les niveaux et accomplir certains objectifs.

Et surtout, ils participent pleinement à l’humour nostalgique du jeu.

Flippy ressemble à ces téléphones portables que certains d’entre nous ont connus avant l’arrivée des smartphones.

Oui.

Ce test vient officiellement de nous faire prendre un coup de vieux.

Un humour qui parlera davantage à une certaine génération

Cette nostalgie constitue d’ailleurs une part importante de l’identité de Flipping is Hard.

De nombreuses références et blagues tournent autour d’une époque où personnaliser son téléphone ne consistait pas à changer son fond d’écran, mais à lui accrocher suffisamment de trucs pour doubler son poids.

Porte-bonheur, accessoires et références aux anciens téléphones participent donc largement à l’humour.

Pour les joueurs ayant connu cette période, certaines plaisanteries fonctionneront immédiatement.

Pour les plus jeunes ?

Disons qu’ils découvriront une époque fascinante durant laquelle un téléphone pouvait tenir une semaine sans recharge et survivre à une guerre nucléaire.

C’était magnifique.

Un narrateur qui adore commenter nos malheurs

Le narrateur accompagne une grande partie de l’aventure et constitue l’un des éléments les plus sympathiques du jeu.

Ses remarques sarcastiques viennent régulièrement commenter notre progression et nos échecs.

L’influence de jeux utilisant directement leur narrateur comme élément comique se ressent clairement, avec notamment une ambiance qui peut parfois rappeler The Stanley Parable.

Mais Flipping is Hard essaie progressivement d’aller un peu plus loin.

À mesure que l’on progresse, quelque chose semble changer dans son discours et le ton devient plus étrange.

Le problème est que cet aspect réellement déjanté arrive relativement tard.

Certains joueurs risquent donc de ne jamais réellement s’investir dans cette dimension narrative.

Et lorsqu’on recommence plusieurs fois le même passage, entendre encore les mêmes interventions peut également finir par perdre une partie de son charme.

Même le meilleur narrateur du monde devient légèrement moins drôle après la quarante-septième chute.

Jusqu’à 16 joueurs… et ça se ressent en solo

Flipping is Hard permet de créer des salons multijoueurs accueillant jusqu’à 16 joueurs.

Je n’ai cependant pas eu l’occasion de tester cette partie du jeu, donc impossible de juger ici de la qualité réelle de son multijoueur.

En revanche, une chose apparaît clairement même lorsque l’on joue seul :

le jeu semble avoir été largement pensé pour être vécu à plusieurs.

Certains systèmes sont directement liés au multijoueur. Les joueurs peuvent notamment utiliser des raccourcis pour permettre à ceux restés derrière de rattraper le groupe.

Une bonne idée lorsque seize téléphones essaient probablement de franchir le même obstacle dans un chaos absolu.

Beaucoup moins utile quand on est seul.

Forcément.

Le solo fonctionne, mais montre les limites de la formule

Il est parfaitement possible de terminer Flipping is Hard seul.

Et l’expérience reste amusante.

Mais certains éléments semblent clairement conçus autour du jeu en groupe et deviennent donc inutiles en solo.

C’est probablement l’un des principaux défauts du titre.

Même sans avoir pu essayer le multijoueur, la structure donne régulièrement l’impression que certaines mécaniques attendent désespérément que quinze autres Flippy débarquent.

Le narrateur permet heureusement de remplir une partie du silence et les niveaux restent suffisamment intéressants pour fonctionner seuls.

Mais difficile de ne pas imaginer le chaos que certaines situations pourraient provoquer avec plusieurs joueurs.

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