Toutes les captures de ce test viennent des premières heures de jeu.
Ace Combat 8: Wings of Theve est sorti le 2 octobre 2026 sur PS5, Xbox Series X|S et PC, sept ans après Ace Combat 7. Bandai Namco nous envoie cette fois défendre la Fédération d’Usea centrale, occupée par la République de Sotoa, aux commandes de l’escadrille d’élite Wings of Theve. On l’a testé sur Xbox Series X, en campagne puis en ligne. Qui a usé ses gâchettes sur l’épisode précédent ne sera pas dépaysé, et c’est à la fois la force et la limite de ce retour.
Le manche répond toujours au quart de tour
Dès le premier décollage, les sensations reviennent. Le pilotage reste nerveux, accessible et taillé pour la manette : pas besoin de connaître l’aviation pour enchaîner les virages serrés, verrouiller une cible et lâcher deux missiles. Ace Combat reste un jeu de combat aérien, pas une simulation, et cette ligne n’a pas bougé d’un pouce. Les habitués retrouvent leurs repères en quelques minutes, les nouveaux venus ne mettent guère plus longtemps.
Les affrontements portent le jeu. Et certains adversaires, nettement plus coriaces que la moyenne, font grimper la difficulté sans prévenir. Ces pics surprennent, parfois un peu trop, mais ils cassent la routine au moment où les combats devenaient confortables.
La météo ne sert pas seulement le décor. Une tempête brouille les systèmes de visée et complique les accrochages, et quand la foudre tombe autour de l’appareil, la navigation déraille aussi. Ajoutez plusieurs avions ennemis à surveiller et des missiles à esquiver, et une situation déjà tendue devient franchement serrée. C’est dans ces moments qu’Ace Combat 8 offre son meilleur spectacle.
Une escadrille qui compte enfin
La vraie avancée de cette campagne se trouve du côté des équipiers. Au fil des missions, on apprend à connaître les pilotes de l’escadrille et leur caractère : ce ne sont plus de simples avions de plus dans le ciel. Avant certaines sorties, on choisit même l’appareil qu’ils pilotent. Le système reste simple, mais il donne l’impression de mener un groupe plutôt que de voler en solitaire.
S’y ajoutent des décisions à prendre en pleine mission, qui pèsent sur la suite de l’aventure. On ne dira pas lesquelles. Elles suffisent à impliquer davantage dans une histoire qu’on suivait jusqu’ici en spectateur. La préparation gagne aussi en confort : la carte de planification est plus lisible et plus belle que celle d’Ace Combat 7, et entre le choix de son avion, celui des équipiers et la lecture de la zone, on a vraiment l’impression de préparer une sortie.
Des missions qu’on croit avoir déjà jouées
C’est là que le jeu montre sa limite. Décollage, cibles au sol ou en vol, vagues d’ennemis successives, événement qui bouscule l’opération en cours : la structure des missions colle de très près à celle de l’épisode précédent. Ça reste efficace, parce que le pilotage tient tout, mais l’impression de déjà-vu revient souvent.
Quelques missions plus scénarisées viennent heureusement bousculer les habitudes. L’une d’elles demande de voler en rase-mottes pour passer sous les radars, rien d’inédit pour la série, sauf que le jeu impose un appareil d’un autre âge, bien moins docile que les chasseurs modernes auxquels on s’était habitué. On regrette vite son avion, on revoit sa façon de voler, et c’est précisément ce qui rend la séquence mémorable.
Le choix d’appareils nous a semblé trop restreint au fil de la progression. Les avions disponibles font le travail, mais dans une série où débloquer, essayer et comparer les chasseurs fait partie du plaisir, on aurait voulu un hangar plus garni, plus vite. Précision honnête : tout le contenu n’était pas débloqué au moment du test.
Beau à voir, encore mieux à entendre
Sur Xbox Series X, le jeu est beau. Les avions sont superbement mis en valeur, les nuages et l’éclairage offrent de vraies images, et les décors au sol semblent un peu plus détaillés qu’avant. Mais malgré le passage à l’Unreal Engine 5 annoncé par Bandai Namco, on reconnaît partout l’identité visuelle d’Ace Combat 7, en plus propre. Très beau quand la météo et la lumière se combinent, le rendu ne marque pas le changement de génération qu’on pouvait espérer.
La bande-son reste fidèle à la série : discrète par moments, elle sait monter en puissance au bon instant. Le meilleur exemple tient aux forces spéciales ennemies, de vrais mini-boss qui volent mieux que les autres. À leur arrivée, la musique change de ton, plus lourde, plus marquée, et un accrochage ordinaire prend des airs de duel. Avec le pilotage, c’est ce qu’on retiendra de la campagne.
Ace Combat 8 : on fonce ou on attend ?
En ligne, les parties se sont montrées stables. On y trouve des affrontements entre deux escouades, des activités en coopération et un match à mort par équipes, avec un pilote personnalisable. Rien de révolutionnaire, mais de quoi continuer à voler une fois la campagne bouclée.
On fonce, que l’on ait usé Ace Combat 7 ou que l’on n’ait jamais touché à la série : le pilotage s’apprivoise en quelques minutes et les combats tiennent toujours la distance. Les vétérans devront simplement accepter une structure de missions très proche de celle qu’ils connaissent. Ace Combat 8 ne réinvente rien. Il prouve surtout qu’une tempête, un équipier et un bon thème musical suffisent encore à transformer un accrochage en souvenir.
