Ce qu’il faut retenir
Sony a annoncé le 16 septembre que Spider-Man: Brand New Day était devenu le film ayant rapporté le plus d'argent de l'histoire du box-office nord-américain, devant Star Wars: Le Réveil de la Force. L'écart entre les deux est d'environ 111 000 dollars, sur des totaux de plus de 936 millions. Le classement compare des dollars de 2026 à des dollars de 2015, sans correction de l'inflation. En France, le film est en tête depuis sept semaines.
Un film qui reste en tête du box-office six week-ends d’affilée, ça n’existe plus. Les studios construisent tout sur le premier vendredi, le bouche-à-oreille a trois jours pour exister, et un blockbuster a en général disparu des grandes salles au bout d’un mois. Spider-Man: Brand New Day vient de tenir deux mois.
Sony l’a annoncé mercredi : le film est devenu le plus gros succès de l’histoire du box-office nord-américain, devant Star Wars: Le Réveil de la Force, qui détenait le record depuis décembre 2015. Le total atteint 936,7 millions de dollars aux États-Unis et au Canada, contre 936,6 millions pour le film de J.J. Abrams. L’écart tient dans une poignée de séances.
Il aura fallu quarante-sept jours pour y arriver.
Le record Spider-Man, et la réserve que personne n’écrit
Ce classement additionne des dollars sans les corriger de l’inflation.
Autrement dit, on compare ce qu’un spectateur paie sa place en 2026 avec ce qu’il la payait en 2015, et avec ce qu’il la payait en 1939. C’est une comparaison de recettes, pas une comparaison de publics. Et sur le nombre réel de billets vendus, Autant en emporte le vent reste très largement devant, suivi de plusieurs films des années 70 et 90 qui ont attiré bien plus de monde pour des recettes nominales inférieures.
Ce n’est pas une chicane de statisticien. Un record qui repose sur le prix du billet plutôt que sur le nombre de spectateurs ne dit pas ce qu’il prétend dire. Sony a le droit de le revendiquer, c’est son métier. Notre métier est de préciser ce qu’il mesure.
Ce que Spider-Man réussit vraiment
La tenue. Six week-ends consécutifs en tête aux États-Unis, ce qu’aucun film n’avait fait depuis Avatar: La Voie de l’eau. Et des records de vitesse à chaque palier, aux 700, aux 800 puis aux 900 millions.
Un film qui démarre fort, ça s’achète avec du marketing. Un film qui tient deux mois, non. Ça veut dire que les gens y retournent, qu’ils y emmènent quelqu’un, et qu’ils en parlent en dehors de la semaine de sortie. C’est devenu si rare que c’est ça, la vraie information.
Et en France
Même histoire, à notre échelle. Sur la semaine du 9 au 15 septembre, le film reste numéro un avec 183 694 entrées, pour une septième semaine consécutive en tête et un cumul de 8,2 millions de spectateurs.
Sept semaines, c’est plus long qu’aux États-Unis, où il a fini par être délogé. Un film de super-héros qui domine les salles françaises de fin juillet à mi-septembre, au moment où la fréquentation est censée s’effondrer, mérite au moins qu’on le note.
Spider-Man: Brand New Day est toujours à l’affiche en France, où il a dépassé les 8,2 millions d’entrées. Son total mondial approche les 2,45 milliards de dollars.
