Ce qu’il faut retenir
Arkane Lyon, mis en consultation par Microsoft en septembre, aurait reçu au moins trois offres de rachat, dont une d'Ubisoft, d'après Bloomberg. Rien n'est signé, et Xbox envisagerait aussi de laisser le studio prendre son indépendance. Pour les joueurs, c'est la survie du studio de Dishonored et l'avenir de Marvel's Blade qui se jouent d'ici la fin de l'année.
Ubisoft aurait fait une offre pour racheter Arkane Lyon, le studio de Dishonored et de Deathloop. L’information vient de Jason Schreier, journaliste de Bloomberg, qui l’a publiée le 3 novembre 2026 en s’appuyant sur des personnes au fait des négociations. Six semaines après la note de Microsoft qui ouvrait la porte à une fermeture, le studio lyonnais aurait donc des acheteurs, et l’un d’eux est français.
Ce que rapporte Bloomberg
D’après Bloomberg, plusieurs sociétés ont soumis une offre à Xbox pour reprendre Arkane Lyon. Ubisoft est la seule nommée. Au moins deux autres entreprises du jeu vidéo seraient sur les rangs, sans que leur nom ait filtré, et le montant des offres n’est pas connu.
Xbox étudierait aussi une autre voie : céder le studio à sa propre direction, ce qui le rendrait indépendant. Double Fine et Compulsion Games ont pris ce chemin dans la même vague de restructuration, en quittant le groupe avec un financement et les droits sur leurs licences.
Ce qui n’est pas confirmé
Ni Microsoft ni Ubisoft n’avaient commenté l’information publiquement au moment où nous publions. On ne connaît ni le prix proposé, ni l’identité des deux autres candidats, ni l’état d’avancement des discussions. Rien ne garantit qu’une offre aboutira. Ninja Theory, le studio de Hellblade, a vu deux accords de cession échouer avant que Microsoft n’ouvre une consultation sur sa fermeture.
Le sort de Marvel’s Blade reste tout aussi flou. Annoncé aux Game Awards en décembre 2023, le jeu n’a toujours pas de date. Il aurait dépassé son budget et glissé en interne vers la fin 2027. Si le studio change de mains, son avenir se jouera avec l’acquéreur, et avec Marvel, qui détient la licence.
Pourquoi Arkane Lyon est à vendre
Le 22 septembre 2026, Microsoft a annoncé à ses salariés 268 suppressions de postes supplémentaires et une réorganisation de ses studios. Pour Arkane Lyon, la note parlait d’options stratégiques, sans en nommer aucune. Le droit français impose une procédure d’information et de consultation des représentants du personnel avant toute décision, et cette procédure court jusqu’à la fin de l’année. Trois issues étaient possibles, la cession, l’indépendance ou la fermeture, comme nous l’expliquions dans notre article du 23 septembre.
Le studio a été fondé à Lyon en 1999 par Raphaël Colantonio, racheté par ZeniMax en 2010, puis il est passé chez Microsoft avec ZeniMax en 2021, pour 7,5 milliards de dollars. Son jumeau texan, Arkane Austin, a fermé en mai 2024 après l’échec de Redfall.
Ubisoft, un candidat qui se serre la ceinture
Le nom a de quoi surprendre. Ubisoft enchaîne depuis 2023 les plans d’économies, les fermetures de studios et les annulations de projets, et l’éditeur de Montreuil cherchait jusqu’ici surtout à réduire la voilure. Il aurait pourtant de bonnes raisons de s’intéresser à Arkane : un savoir-faire de l’immersive sim, ces jeux où chaque niveau se résout de dix façons, que son catalogue propose peu, et une équipe installée dans une ville où il a déjà un studio, Ivory Tower, celui de The Crew.
Pour les joueurs, l’enjeu dépasse la question du propriétaire. Une reprise garderait en vie l’un des rares studios français qui signent des jeux reconnaissables au premier coup d’œil. Une fermeture effacerait vingt-sept ans d’histoire, deux ans et demi après celle d’Arkane Austin.
La boucle aurait de l’allure. En 2006, c’est Ubisoft qui éditait Dark Messiah of Might and Magic, le deuxième jeu d’Arkane, à une époque où personne n’imaginait le studio lyonnais chez Microsoft.
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