Ce qu’il faut retenir
Le nouveau Resident Evil est en salles depuis le 16 septembre en France, avant même les États-Unis. Zach Cregger, réalisateur de Barbare et d'Évanouis, a choisi de n'utiliser aucun personnage des jeux et de raconter une seule nuit, en quasi temps réel, du point de vue d'un coursier médical. La presse américaine le porte à 97 % sur Rotten Tomatoes, meilleur score jamais atteint par une adaptation de jeu vidéo. L'accueil français est bon, mais nettement moins enthousiaste.
Vous êtes coursier médical. Vous devez aller d’un point à un autre. La ville s’effondre autour de vous. Voilà le film.
Pas de Leon Kennedy, pas de Jill Valentine, pas de manoir Spencer. Le Resident Evil de Zach Cregger, sorti mercredi dans 443 salles françaises, ne reprend aucun personnage des jeux et se déroule aujourd’hui. Le héros s’appelle Bryan, il est joué par Austin Abrams, et son métier consiste à transporter des colis médicaux. Autour de lui, Paul Walter Hauser, Zach Cherry et Kali Reis.
C’est précisément ce choix qui a fait hurler une partie des joueurs quand il a été annoncé. C’est aussi, à voir les premières critiques, ce qui fait tenir le film.
Resident Evil vu des États-Unis, et vu de France
La presse américaine est dithyrambique. 97 % sur Rotten Tomatoes pour 91 critiques, ce qui fait de ce Resident Evil l’adaptation de jeu vidéo la mieux notée de l’histoire du site, devant Sonic 3 et ses 86 %. C’est aussi le meilleur score de la carrière de Cregger, devant Évanouis et Companion.
L’accueil français est plus mesuré, et il faut le dire plutôt que de recopier l’emballement américain. Sur AlloCiné, six critiques de presse donnent une moyenne de 3,8 sur 5. Les spectateurs, 214 notes au moment où nous écrivons, sont exactement au même niveau. C’est un bon film selon la France, un chef-d’œuvre selon les États-Unis. L’écart mérite d’être posé, pas gommé.
Le pari d’un Resident Evil qu’on ne peut pas jouer
Cregger dit avoir voulu retrouver au cinéma la sensation de survie et de progression des jeux. Son producteur, Robert Kulzer, parle d’une attraction, d’une expérience où l’on prend le spectateur par la main dès la première minute.
Techniquement, ça se traduit par un récit linéaire, quasiment en temps réel, sur 1h37. Un personnage, un trajet, et la ville qui se dégrade à mesure qu’il avance. C’est la structure d’un niveau de jeu vidéo, transposée sans le manque de la manette.
Là où les six films de Paul W. S. Anderson empilaient les décors et les personnages de la série sans en retrouver l’atmosphère, celui-ci abandonne les personnages pour garder la mécanique. Le résultat, d’après ceux qui l’ont vu, ressemble davantage aux jeux que les films qui en portaient les noms.
Ce qui peut encore mal tourner
Deux réserves honnêtes.
La première, c’est que le film n’est pas sorti aux États-Unis. Il arrive le 18 septembre, et la note de 97 % repose sur une presse qui a vu le film en avant-première, pas sur un public. Les scores de ce type bougent.
La seconde, c’est que le pari peut se retourner. Un film Resident Evil sans personnage de Resident Evil, c’est un film d’horreur avec un logo. Si vous venez chercher la saga, vous ne la trouverez pas. Si vous venez chercher un survival horror de 1h37, apparemment oui.
En salles en France depuis le 16 septembre, 1h37, interdit aux moins de 12 ans avec avertissement, distribué par Metropolitan FilmExport. Sortie américaine le 18 septembre.
