Hardware03/10/2026

Rematch Minecraft : des sticks impeccables, aucune vibration

Des sticks sans dérive et un dos programmable, mais ni vibrations, ni amiibo, ni réveil de la console

À 64,99 euros, la manette Turtle Beach pour Switch 2 réussit le plus dur, la précision, mais abandonne plusieurs fonctions que la console sait offrir.

Par

Devil

Directeur

Devil, fondateur de SpiritGamer. Zelda et Halo dans le sang depuis toujours, mais sinon je joue à tout, manette en main ou pas. Si un article vous a fait grincer des dents, c'est probablement le mien.

Jeux Vidéo, Hardware, Ciné/Séries, Livre/BD
Infos produit
TypeAccessoire / périphérique
MarqueTurtle Beach
ModèleRematch Minecraft Dungeons II (Nintendo Switch 2)
Prix64,99 €
DisponibilitéDisponible
EN BREF

Ce qu’il faut retenir

Verdict SpiritGamer, 12 sur 20, ça se tente. Les sticks de cette Rematch sont meilleurs que ce qu'on attend d'une manette sous licence à ce prix : aucune dérive, un cercle complet, des diagonales qui vont jusqu'au bout. Le problème, c'est tout ce qui manque autour : pas une vibration quand un Creeper explose, pas d'amiibo, pas de réveil de la console, pas de prise jack, et un bouton + collé au bouton Home.

Turtle Beach sort la manette sans fil Rematch Minecraft Dungeons II pour Nintendo Switch 2, vendue 64,99 euros d’après le communiqué de Turtle Beach du 30 septembre 2026. Nous avions présenté la gamme au moment de son annonce. Cette fois, on l’a eue en main. Ce test répond à ce que la fiche officielle ne dit pas : ce que valent vraiment les sticks, et ce qui manque par rapport à une manette Nintendo.

Points forts : des sticks TMR sans dérive ; un gyroscope précis ; une façade lenticulaire réussie.

Points faibles : aucune vibration ; ni amiibo, ni réveil de la console, ni prise jack ; les boutons + et Home trop rapprochés.

Toutes les photos de cet article ont été prises par nos soins sur l’exemplaire testé.

Une façade qui change de camp

La Rematch porte la licence officielle de Nintendo et de Mojang. Sa façade est lenticulaire, la même technique que les cartes à effet 3D : de fines lamelles montrent une image différente selon l’angle. Tenue de face, elle affiche Valorie, épée levée. Il suffit de l’incliner pour voir apparaître le second motif, un Creeper selon Turtle Beach, traité en blocs translucides aux reflets de glace. L’effet est net quand on trouve le bon angle, et c’est le genre de détail qui fait plaisir à un fan de Minecraft chaque fois qu’il pose la manette.

Manette Turtle Beach Rematch Minecraft Dungeons II inclinée, second motif de la façade lenticulaire
Manette Turtle Beach Rematch Minecraft Dungeons II, façade lenticulaire montrant Valorie
De faceInclinée
La façade lenticulaire : Valorie de face, le second motif une fois la manette inclinée. Photos SpiritGamer.

La prise en main est fonctionnelle, dans le format classique d’une manette Pro, avec deux poignées et les sticks décalés. On retrouve les touches attendues sur Switch 2, dont le bouton C, qui ouvre GameChat, la discussion en ligne de la console. Il fonctionne : on entend bien les autres joueurs, et ils nous entendent. Le gyroscope fait lui aussi son travail. Sur Zelda Breath of the Wild, la visée à l’arc en bougeant la manette est précise et ne dérive pas.

Le placement des boutons centraux pose en revanche un vrai souci à l’usage. Le + est collé au bouton Home, et le − au bouton Capture. En voulant mettre le jeu en pause, on s’est retrouvé à plusieurs reprises sur l’écran d’accueil de la console, la partie mise de côté. Ce n’est pas grave, mais ça arrive souvent.

Des sticks TMR qui tiennent leur promesse

C’est l’argument principal de Turtle Beach : des sticks TMR, une technologie magnétique proche de l’effet Hall, censée supprimer la dérive, ce défaut qui fait bouger le personnage tout seul sur tant de manettes au bout de quelques mois. Pour le vérifier, on est passé par l’écran de calibrage des sticks de la Switch 2, sans jamais lancer de calibrage, pour juger la manette telle qu’elle sort de la boîte.

Au repos, les deux sticks affichent la croix qui indique qu’ils sont parfaitement au centre. Après trois coups secs dans tous les sens, ils y reviennent à chaque essai. En les faisant tourner contre leur bord, le cercle reste validé sur tout le tour, diagonales comprises. C’est souvent là que les manettes bon marché décrochent, parce que leur course plafonne avant l’angle. Sur ce point, la Rematch fait un sans-faute. Une réserve : un test de quelques jours ne dit rien de l’usure sur plusieurs mois. On complétera cet article si les sticks changent de comportement.

Les deux boutons arrière, annoncés « assignables » sur la boîte, le sont bien. Par défaut, ils reproduisent A et B. Pour leur donner une autre touche, il faut maintenir le bouton arrière, appuyer sur le petit bouton à voyant blanc placé à droite du bouton C, puis sur la touche à copier. Le réglage tient après une extinction. Le hic, c’est que la méthode n’apparaît nulle part : la notice papier se contente d’expliquer l’appairage, et on l’a trouvée en tâtonnant. Il n’existe pas non plus de remise à zéro : il faut réassigner A et B à la main pour revenir au réglage d’origine.

Les deux boutons arrière, assignables directement depuis la manette. Photo SpiritGamer.

Ce qui manque face à la manette de Nintendo

Une manette tierce se juge forcément face à l’officielle. La manette Pro de la Switch 2 s’affichait à 74,99 euros chez Smyths Toys le 3 octobre 2026, soit dix euros de plus que la Rematch. Pour cette différence, elle propose quatre choses que la Turtle Beach n’a pas, et qu’on a vérifiées une par une.

Les vibrations, d’abord. La Rematch n’en a aucune. On l’a confirmé en faisant la même action en jeu avec un Joy-Con 2, qui vibre, puis avec la Turtle Beach, qui reste muette. La page officielle de Turtle Beach n’en parle d’ailleurs nulle part. Dans les jeux qui s’en servent pour signaler un choc, une explosion ou un ennemi proche, l’information disparaît.

Ensuite, les amiibo. La Rematch ne lit pas les figurines : un joueur qui débloque des bonus avec sa collection devra garder une manette Nintendo à portée de main. Le réveil de la console manque aussi : maintenir le bouton Home ne sort pas la Switch 2 de sa veille. Enfin, il n’y a pas de prise jack. Sur la tranche du haut, on ne trouve que le port USB-C et le bouton d’appairage, là où la manette de Nintendo permet de brancher un casque directement sur la manette pour jouer en mode TV depuis le canapé.

Côté PC, rien n’est promis, et le résultat le confirme. En Bluetooth, Windows reconnaît la manette et la plupart des boutons répondent, mais le stick gauche n’est pas lu. Le câble USB-C, lui, sert uniquement à la recharge. C’est une manette Switch, et seulement Switch.

Turtle Beach annonce jusqu’à 40 heures d’autonomie et une portée de 9 mètres. On ne les a pas poussées à bout pendant ce test : ce sont donc les chiffres du constructeur.

Rematch Minecraft Dungeons II : on fonce ou on attend ?

Tout dépend de ce qu’on attend d’une seconde manette. Pour un enfant ou un fan de Minecraft qui veut une manette précise, solide côté sticks et jolie sur l’étagère, la Rematch fait le travail, avec en bonus deux boutons arrière, rares à ce prix. Pour quelqu’un qui joue à des jeux Nintendo qui s’appuient sur les vibrations, ou qui collectionne les amiibo, les dix euros d’écart avec la manette officielle se justifient dès la première partie.

Le paradoxe est cruel pour une manette à l’effigie de Minecraft : un Creeper qui explose dans votre dos, vous le verrez sur l’écran, mais vous ne le sentirez jamais dans les mains.

À vous64,99 euros sur le site de Turtle Beach et chez les revendeurs. Pour les fans de Minecraft qui veulent une seconde manette précise et peuvent se passer des vibrations.