Le Kiosque — BD & Manga09/21/2026

Plus de quatre-vingt mille euros distribués à des auteurs de BD, à Bruxelles

Sept prix, et un contrat d'édition chez Casterman pour une inconnue.

Les prix Atomium fêtaient leurs dix ans samedi, en ouverture de la Fête de la BD de Bruxelles.

Par

Devil

Rédacteur chez SpiritGamer

Devil, fondateur de SpiritGamer. Zelda et Halo dans le sang depuis toujours, mais sinon je joue à tout, manette en main ou pas. Si un article vous a fait grincer des dents, c'est probablement le mien.

EN BREF

Ce qu’il faut retenir

Notre positionUne remise de prix qui donne de l'argent et un contrat à une autrice non publiée, ça vaut mieux qu'une statuette.

On parle beaucoup des prix de bande dessinée au moment d’Angoulême, et assez peu le reste de l’année. Les prix Atomium, remis à Bruxelles, fêtaient samedi leur dixième édition, et ils ont une particularité : ils paient.

Le palmarès

Le prix Leblanc de la jeune création va à Adele Rhoads pour V.A. Il s’accompagne d’un contrat d’édition chez Casterman, ce qui, pour une autrice qui n’était pas publiée, vaut sans doute davantage que la dotation.

Le prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles revient à Pascal Matthey pour Du pain blanc et du chocolat, publié à L’Employé du Moi, avec dix mille euros.

Le prix Première Atomium Galaxies BD va à Laurie Agusti pour Rouge signal, aux Éditions 2042, doté de vingt mille euros en soutien média.

Le prix de la bande dessinée d’actualité récompense Charles Berberian et Michèle Standjofski pour Et toi, comment ça va ?, chez Casterman, avec vingt mille euros en espaces publicitaires.

Le prix Cognito de la bande dessinée historique va à Ersin Karabulut pour Journal inquiet d’Istanbul, chez Dargaud, et cinq mille euros.

Le prix du graphisme et du design revient à Désirée et Alain Frappier pour L’Oiseau chanteur, chez Steinkis, et quatre mille euros.

Le prix Spirou, enfin, va à Maxence Jacquin pour Charles & Cie, avec une publication professionnelle dans le magazine en 2027.

Ce que ces prix disent du secteur

Deux choses méritent d’être relevées.

La première, c’est la nature des dotations. Certaines sont en argent, d’autres en espaces publicitaires ou en soutien média. Ce n’est pas la même chose, et c’est révélateur d’un marché où la visibilité manque autant que l’argent. Vingt mille euros de publicité pour une bande dessinée d’actualité, ça veut dire que sans ça, elle ne serait pas vue.

La seconde, c’est le nombre de sujets documentaires ou politiques dans ce palmarès. Un journal dessiné sur Istanbul, un récit sur l’actualité, un livre récompensé pour son graphisme chez un éditeur de non-fiction. La bande dessinée de reportage n’est plus une marge, elle est la moitié d’un palmarès généraliste.

Une précision sur les chiffres

Les montants annoncés varient légèrement selon les sources. Sur le prix de la jeune création notamment, l’un parle de vingt mille euros quand l’autre détaille dix mille de dotation plus dix mille d’avance sur droits. Les deux peuvent se compléter, nous n’avons pas pu trancher, et nous avons retenu la version la plus détaillée.

La Fête de la BD de Bruxelles se tient les 19 et 20 septembre, à la Bourse et sur le piétonnier, avec plus de cent cinquante activités et une soixantaine d’auteurs. L’entrée est gratuite pour l’essentiel du programme. Le huitième prix Atomium, consacré au patrimoine, sera remis début décembre à Paris.

À vousVous avez lu l'un de ces titres ? Dites-nous lequel et ce que vous en avez pensé, parce que ce palmarès mérite mieux qu'une dépêche.