Ce qu’il faut retenir
Nagoshi Studio n'existe plus : ses actionnaires ont voté sa dissolution le 31 octobre 2026 et la société entre en liquidation, avec deux mois laissés aux créanciers. Gang of Dragon n'est pas officiellement annulé, mais plus aucune équipe ne le développe, et aucune reprise n'a été évoquée.
Nagoshi Studio, la société fondée par Toshihiro Nagoshi après son départ de SEGA, n’existe plus. Ses actionnaires ont voté sa dissolution le 31 octobre 2026, et l’avis officiel est paru le 2 novembre au Kanpo, le journal officiel japonais (numéro spécial 240, page 176). Le studio du père de Yakuza s’arrête sans avoir sorti un seul jeu, et Gang of Dragon, révélé aux Game Awards en décembre 2025, perd la seule équipe qui le développait.
Ce que dit l’avis du Kanpo
Nous avons lu l’avis à la source. Il tient en quelques lignes, perdu au milieu de dizaines d’autres annonces de dissolution publiées le même jour. Kabushiki-gaisha Nagoshi Studio y déclare sa dissolution par décision de l’assemblée générale des actionnaires du 31 octobre 2026, avec une adresse dans le quartier de Nishi-Shinjuku, à Tokyo, et un liquidateur représentant. Les créanciers ont deux mois, à compter du lendemain de la parution, pour se faire connaître ; passé ce délai, ils seront exclus de la liquidation. Ce délai court donc jusqu’au début de janvier 2027.
Une dissolution n’est pas une faillite. La société choisit de s’arrêter, paie ce qu’elle doit, puis ferme. Le texte ne dit rien des salariés, rien des jeux et rien de NetEase, qui finançait le studio à 100 % depuis sa création. Ni le groupe chinois ni Toshihiro Nagoshi n’avaient commenté la nouvelle au moment où nous écrivons ces lignes.
Gang of Dragon n’a plus de maison
La fiche Steam de Gang of Dragon est toujours en ligne ce 2 novembre, avec Nagoshi Studio en développeur comme en éditeur et une sortie annoncée « Prochainement ». Elle promet même des textes en français. Le jeu suit Shin Ji-seong, cadre d’un syndicat du crime coréen installé à Kabukicho, le quartier chaud de Shinjuku, incarné par l’acteur Ma Dong-seok, que le public français connaît sous le nom de Don Lee depuis Dernier train pour Busan et Les Éternels de Marvel.
Aucune annulation n’a été annoncée. Mais sans société pour le porter, le projet n’a plus personne pour le terminer ni pour le vendre. Seule une reprise par un autre éditeur pourrait le sauver, et nous n’avons trouvé aucune trace d’une telle discussion. Le jeu devait se dérouler dans le même arrondissement que l’adresse du studio, et dans le décor que Nagoshi a fait connaître avec Kamurocho, version à peine déguisée de Kabukicho.
Une fin écrite depuis le printemps
La dissolution conclut une année difficile. En mars 2026, Bloomberg révélait que NetEase cesserait de financer le studio en mai, alors qu’il aurait fallu, selon l’agence, au moins 7 milliards de yens de plus pour terminer le jeu. Le site officiel puis la chaîne YouTube de Nagoshi Studio ont disparu dans les semaines suivantes. NetEase s’est retiré de plusieurs studios installés hors de Chine ces derniers mois : fin septembre, Grasshopper Manufacture, le studio de Suda51, a repris son indépendance avec l’accord du groupe.
Toshihiro Nagoshi avait quitté SEGA en octobre 2021, après plus de trente ans dans la maison. Producteur du premier Yakuza en 2005, il a supervisé la série jusqu’à Yakuza: Like a Dragon. Il était parti avec Daisuke Sato et d’anciens membres de Ryu Ga Gotoku Studio pour fonder sa propre structure, avec l’argent de NetEase et la promesse d’un jeu à gros budget.
Kazuma Kiryu avait eu droit à un jeu entier pour ses adieux, Yakuza 6: The Song of Life. Le studio de son créateur s’en va en quelques lignes de journal officiel, glissé juste après l’avis de dissolution d’un marchand de bois et de charbon de la capitale.
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