Ce qu’il faut retenir
Le week-end du 12-13 septembre 2026, les dirigeants d'OpenAI, d'Anthropic, de Google DeepMind et de SpaceX se sont accordés de façon informelle pour ralentir le développement de l'IA de pointe, au nom de la sécurité. La proposition, détaillée dans un essai de Dario Amodei, prévoit des audits par des tiers indépendants et une régulation des laboratoires nationaux. Des critiques, dont le gouvernement chinois, y voient une manœuvre pour bloquer la concurrence.
Sam Altman, Dario Amodei, Demis Hassabis et Elon Musk se sont accordés de façon informelle, le week-end du 12 au 13 septembre, pour caler la cadence du développement de l’IA de frontière. L’expression vient d’un essai publié par Amodei, We Must Pace the Frontier, qui propose trois mesures : intégrer des auditeurs indépendants au sein des laboratoires, réguler les acteurs nationaux, et viser à terme un accord mondial. Parmi les organismes d’audit cités figurent METR, Apollo et Redwood Research, des structures spécialisées dans l’évaluation des risques liés aux modèles avancés.
Les sceptiques n’ont pas tardé. Plusieurs sources de l’industrie soupçonnent les signataires de vouloir surtout freiner leurs concurrents et affaiblir le mouvement open source, plutôt que d’appliquer de vraies garanties. Certains parlent ouvertement d’un cartel. La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a réagi publiquement dès le lundi suivant.
Daniel Kokotajlo, du AI Futures Project, relativise pourtant la portée du geste : après des années où plus de 1 000 employés de laboratoires réclamaient publiquement un ralentissement, notamment via une lettre diffusée en juillet, les dirigeants cèdent maintenant à cette pression tout en s’en attribuant le mérite, ce qui n’est selon lui pas tout à fait justifié. Plusieurs sources estiment malgré tout que cet accord verbal va dans la bonne direction.
Reste un point que les critiques soulignent : les appels au ralentissement ne visent quasiment jamais que les très gros laboratoires définis par des seuils de taille précis, jamais les acteurs plus modestes ou les projets open source.
Sous une administration Trump peu encline à réguler, cet accord volontaire pourrait devenir de fait le seul garde-fou en place, ce qui explique pourquoi la question de sa sincérité pèse autant.
