La plongée est gratuite, et c’est la vraie nouveauté
Autant l’annoncer tout de suite, ça évitera des malentendus : la capacité Plongée ne coûte rien. Elle arrive avec la mise à jour 2.0, pour tout le monde, même sans le Pass. Direction Grisemer, rencontre avec Manaphy, et Ditto sait nager. Ce qui se paie, c’est la ville de Fonds-Bulleux et les 50 Pokémon qui vont avec.
Et nager, c’est agréable. Je m’attendais à la lourdeur habituelle des phases aquatiques. Les premières minutes demandent un temps d’adaptation, puis ça devient naturel : au bout de dix minutes on n’y pense plus.
La mécanique de construction n’a pas bougé. Ce qui change, c’est l’axe vertical, avec les blocs flottants. Dit comme ça, ça semble anecdotique. Quand on commence à empiler des structures en suspension, on ne construit plus pareil.
Une ville à retaper de zéro
Le principe ne surprendra personne : nouvelle zone, tout à reconstruire, monter jusqu’au niveau 10.
Ce qui donne du corps à la zone, ce sont les profondeurs. C’est là qu’il faut descendre chercher les objets d’un Habitadex particulier, et c’est de très loin ce qui m’a pris le plus de temps. Si vous voulez savoir où passent les heures de ce DLC, c’est ici.
Ce qui agace, manette en main
Construire sous l’eau, c’est la bonne idée du DLC. C’est aussi là que le jeu montre ses limites, et deux d’entre elles reviennent à chaque session.
Les poches d’air, le détail qui gâche une paroi
Dès qu’on monte une paroi un peu ambitieuse, il reste presque toujours de petites zones d’air coincées dedans. Parfois on peut les retirer proprement. Souvent il faut casser plus large que prévu pour aller les chercher, ou aspirer l’eau et recommencer.
Le résultat quand on ne le fait pas est franchement moche : l’eau s’écoule dans la paroi comme si on avait installé une douche au milieu du mur. Sur un jeu qui repose entièrement sur le plaisir de construire du joli, c’est le genre de détail qui pique.
Ces poches d’air font partie du fonctionnement du jeu. Il n’y a donc pas de correctif à espérer : c’est une contrainte avec laquelle il faut apprendre à composer, et personne ne vous prévient.
La caméra, toujours le même bazar
Elle n’était déjà pas irréprochable dans le jeu de base. Sous l’eau, avec les cavernes rocheuses partout, ça devient franchement pénible. Selon la construction qu’on entreprend, on se retrouve régulièrement l’objectif coincé dans un bloc, sans visuel sur ce qu’on est en train de poser.
On finit par développer des réflexes : reculer, pivoter, casser un bloc juste pour voir. Ce sont des micro-frustrations, mais répétées sur plusieurs heures de construction, elles pèsent.
Aucun de ces deux défauts ne gâche le DLC. Mais ils expliquent pourquoi une session de construction ambitieuse prend deux fois plus de temps que prévu, et pourquoi on souffle parfois devant sa Switch 2.
Le conseil qu’on aurait aimé lire avant
Montez vos parois vitrées avant de décorer autour. Si vous devez casser pour aller chercher une poche d’air, vous ne détruirez pas trois heures de coraux placés un par un. C’est bête, mais ça m’aurait évité de recommencer deux fois.
Ces deux défauts ne sont dans aucun communiqué. On ne peut les connaître qu’en ayant joué, et c’est exactement ce qu’un lecteur vient chercher chez nous plutôt qu’ailleurs.
Le vrai problème, et ce n’est pas le prix
Ce que les nouveaux matériaux changent au quotidien
Les perles sales amènent une spécialité inédite, le nettoyage, avec un type de Pokémon dédié pour s’en charger. Je ne rentre pas dans le détail, c’est plus sympa à découvrir.
Côté plantations, le raisin et la pastèque arrivent, et c’est là que le DLC est malin : au fond de l’eau, les Pokémon de type Plante ne servent plus à rien pour les faire pousser. Il faut changer de méthode. Petit ajustement, mais il oblige à repenser une routine installée depuis mars, et ça fait du bien. Ces deux aliments débloquent de nouveaux plats et les smoothies, via un nouvel appareil, le blender.
Deux ajouts qui auraient dû être là dès le premier jour
Le nouveau dispositif de stockage d’abord. Tout ce qu’on y dépose est récupérable depuis n’importe quel autre dispositif, peu importe la ville. Seule exception : sur une île nuage, seuls les dispositifs de cette île communiquent entre eux. C’est le genre d’ajout qui ne fait pas rêver dans un communiqué et qui change tout manette en main.
Ensuite la poubelle. On peut enfin jeter des matériaux, ils disparaissent au bout d’un jour. Pour ceux qui, comme moi, allaient balancer leur surplus dans le vide depuis Flotîles-Millefeux, c’est une petite libération.
Le reste du catalogue
Le DLC est généreux en décoration, et c’est peut-être là qu’il justifie le mieux son existence : cheminée rocheuse, algues hautes, mousse marine, mur à entrelacs, revêtement satiné, sans compter les toits, lampadaires, escaliers, barrières et papiers peints. Les nouvelles vitres méritent une mention à part : elles servent à faire des aquariums, et une fois qu’on a compris ça, on y passe une soirée.
Pour les collectionneurs, de nouveaux artefacts anciens rejoignent la section collection, dont une fontaine Léviator. Et une nouvelle île de rêve est accessible via la peluche de Staross, avec un légendaire à la clé. Je n’en dis pas plus.
Quatre heures, et ensuite dix-huit mois
C’est ici qu’il faut être honnête, parce que c’est la seule question qui compte. Quatre heures. C’est le temps qu’il m’a fallu pour faire le tour de Fonds-Bulleux, en prenant mon temps sur la chasse aux trésors. Après, on peut continuer à construire, comme dans tout le jeu. Mais le contenu neuf est consommé.
On lira partout que 34,99 € pour un DLC, c’est du vol. Ce n’est pas exact : ce prix couvre les trois parties du Pass. Écarlate et Violet demandaient la même somme pour deux parties seulement. À la partie, Pokopia est même mieux placé.
Le problème est ailleurs. On paie l’intégralité maintenant, on reçoit quatre heures, et il faut attendre fin 2026 pour la partie 2, puis 2027 pour la partie 3. Ce n’est pas un DLC qu’on achète, ce sont dix-huit mois d’attente qu’on finance à l’avance.
Et c’est ce qui rend les 50 Pokémon difficiles à avaler. Le jeu de base en propose 300, plus 5 d’événements. Ce premier DLC en ajoute 50, plus 2 d’événements. L’extension d’Écarlate et Violet en ramenait plus de 200 pour la même somme.
Alors, on y retourne ou on attend ?
Si vous jouez encore régulièrement, la question ne se pose pas : la plongée seule vaut le détour, et elle est gratuite. Si vous avez lâché le jeu depuis mars, quatre heures ne relanceront pas une partie abandonnée. Et si vous hésitez sur le prix : rien ne presse. Le Pass n’augmentera pas, et à la sortie de la partie 2 vous aurez le double de contenu pour la même somme.
