TEST03/10/2026

R-Type Dimensions III, le pixel art gagne encore

Le Force de 1993 fonctionne toujours, mais la nouvelle 3D brouille l'écran et le prix pique un peu trop

Réparé après un lancement raté, R-Type Dimensions III rend justice à R-Type III, sans justifier ses 34,99 € ni convaincre avec sa nouvelle 3D.

VERDICT SPIRITGAMER

Ça se tente

13/20

R-Type Dimensions III a un drôle de problème : le jeu qu'il remet en vitrine est excellent, et c'est la nouvelle vitrine qui le dessert. Le Force reste une idée brillante, la difficulté n'a rien perdu de sa cruauté, et basculer d'une touche entre le rendu de 1993 et le nouveau donne envie de comparer chaque décor. Mais dès qu'un passage se resserre, on revient au pixel art, plus lisible, et à ce prix, il faut vraiment aimer R-Type pour ne pas tiquer.

Points forts

  • Le Force, toujours aussi malin
  • Ancien et nouveau rendu d'une touche
  • Une bande-son qui porte les boss

Points faibles

  • Une 3D moins lisible que le pixel art
  • 34,99 € pour un jeu de 1993
  • Un mur pour qui découvre la série
Par

Devil

Directeur

Devil, fondateur de SpiritGamer. Zelda et Halo dans le sang depuis toujours, mais sinon je joue à tout, manette en main ou pas. Si un article vous a fait grincer des dents, c'est probablement le mien.

Jeux Vidéo, Hardware, Ciné/Séries, Livre/BD

Toutes les captures de ce test viennent des premières heures de jeu.

ININ a relancé R-Type Dimensions III le 1er octobre 2026, avec un troisième correctif censé tourner la page d’un lancement raté. Ce remake de R-Type III: The Third Lightning, le shoot’em up d’Irem paru sur Super Nintendo en 1993, était sorti le 19 mai sur PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S, Switch et Switch 2, et deux jours plus tard, l’éditeur reconnaissait dans un communiqué des bugs, des problèmes de collisions et des plantages sur Xbox.

C’est cette relance qui nous fait le tester maintenant, plus de quatre mois après sa sortie. ININ présente la version corrigée comme un nouveau départ : on l’a donc jugée comme telle, sur Xbox Series X, pour savoir si elle mérite enfin qu’on y revienne, ou qu’on s’y mette.

Bande-annonce de la relance de R-Type Dimensions III

Le Force fait toujours tout le travail

Sur le fond, rien n’a bougé, et c’est une bonne nouvelle. On pilote le R-90 Ragnarok à travers des niveaux bourrés d’ennemis, de murs et de pièges qu’on ne voit venir qu’à la deuxième tentative. R-Type n’a jamais été un jeu où l’on fonce au milieu de l’écran, le doigt collé sur le tir : on observe, on meurt, on comprend pourquoi, et on passe quelques mètres plus loin la fois suivante.

Tout tourne autour du Force, ce module qu’on choisit avant le départ parmi trois modèles (Round, Shadow et Cyclone), chacun avec ses propres tirs. On l’accroche à l’avant pour forcer un couloir étroit, on le passe à l’arrière quand une vague arrive dans le dos, ou on le détache pour qu’il nettoie un coin de l’écran pendant qu’on s’abrite ailleurs. Ajoutez le tir chargé, qu’on garde pour le moment où il fera mal, et on tient une mécanique qui n’a pas pris une ride en trente-trois ans. Une fois qu’on a compris comment jouer avec le Force, le jeu devient franchement passionnant.

Le rendu d'origine, avec le Force accroché à l'arrière du vaisseau. Capture SpiritGamer réalisée en cours de test.

La difficulté, elle, n’a pas été adoucie. Les boss ne font aucun cadeau, certains passages demandent une précision au pixel près, et des ennemis surgissent d’endroits impossibles à deviner à la première partie. En lançant une partie, on peut choisir un mode qui donne des vies infinies et fait réapparaître le vaisseau sur place après chaque mort, sans renvoyer au dernier point de contrôle. Il permet de voir les niveaux sans tout recommencer, mais il ne change rien à la philosophie du jeu : ici, on apprend en mourant. Un habitué retrouvera ses repères en quelques minutes ; quelqu’un qui découvre R-Type risque de se cogner au mur dès le premier niveau.

Deux rendus, une seule touche

La meilleure idée de Dimensions III tient dans une touche : une pression, et l’écran passe du nouveau rendu en 3D aux graphismes de 1993, sans pause ni chargement. La musique suit le même principe, avec les morceaux d’origine ou leur version retravaillée. On se surprend à basculer en plein niveau rien que pour voir comment le même décor était dessiné à l’époque. Deux réglages de caméra en 3D, « normal » et « crazy », changent aussi la mise en scène pour qui aime varier.

Le pixel art de 1993, lisible au premier coup d'œil. Capture SpiritGamer réalisée en cours de test.

C’est là que ça se gâte. Le nouveau rendu est plus détaillé, plus animé, plus chargé, et R-Type n’y gagne pas toujours. Dans un shoot’em up où quelques pixels séparent l’esquive de l’explosion, savoir d’un coup d’œil où se trouve son vaisseau, ce qui est un mur et ce qui fonce vers soi compte plus que tout. Le pixel art de 1993 le dit instantanément. La 3D noie parfois les tirs dans les effets et le décor, au point qu’on repasse sur l’ancien rendu dès qu’un passage se resserre.

En 3D, les tirs et les explosions chargent davantage l'écran. Capture SpiritGamer réalisée en cours de test.

La bande-son, en revanche, est une vraie réussite. Les morceaux retravaillés gardent les mélodies d’origine et leur donnent plus de coffre, surtout pendant les boss. Quand on recommence le même passage pour la quinzième fois, ça compte.

Un lancement raté, une copie revue

Le jeu qu’on a testé n’est plus celui du 19 mai. Le premier correctif, arrivé sur Xbox le 16 juin, et le deuxième, sorti le 7 juillet sur toutes les plateformes, ont repris les collisions, les hitbox, le son et l’affichage, avec l’idée de coller au plus près du R-Type III d’origine. Le troisième revoit le comportement des boss des deux derniers niveaux en mode avancé, et rend gratuit pour tous le livre d’illustrations numérique, vendu jusque-là avec l’édition Ultimate sur Steam. Le résultat est plus propre qu’au lancement, même si tout n’est pas encore parfait.

Le jeu se joue aussi en coopération locale, sur le même écran, avec un système de score et de survie pensé pour l’occasion. Ça ne transforme pas la formule, mais traverser un niveau à deux reste une bonne façon de le découvrir sans s’arracher les cheveux seul.

R-Type Dimensions III : on fonce ou on attend ?

Reste le prix, et c’est là que le jeu devient difficile à défendre. Les 34,99 € demandés sur le Microsoft Store paient une reconstruction graphique complète, une bande-son retravaillée, la coopération et des options modernes. Mais derrière, on joue à R-Type III, avec la structure d’un jeu de 1993. À 15 ou 20 €, on le conseillerait sans hésiter. À ce prix-là, il faut vraiment avoir envie de R-Type.

Sa durée de vie ne se juge pas au générique de fin. Avec les vies infinies, on voit le dernier niveau assez vite ; le plaisir vient d’ailleurs, de la maîtrise des niveaux, de la chasse au score, des difficultés supérieures. Qui veut juste voir les décors une fois trouvera l’expérience courte. Qui veut apprendre chaque vague par cœur en a pour longtemps.

Après des dizaines d’allers-retours entre les deux rendus, c’est en pixel art qu’on a fini par jouer le plus : le jeu de 1993, vendu au prix d’un remake.

EN PRATIQUE

Pour vous décider

Prix constaté34,99 €
Plateforme testéeXbox Series X
Version / buildSur Xbox Series X, code fourni par ININ, textes en français, octobre 2026
Plateformes
Pour qui ?Les fans de R-Type et de shoot'em up exigeants, pas les curieux qui découvrent le genre.