Actu jeu vidéo30/09/2026

L’Europe s’attaque aux monnaies virtuelles de neuf éditeurs

Ubisoft, Riot, Mojang, Supercell : l'Europe vise neuf éditeurs pour la façon dont ils vendent leur monnaie de jeu.

Les autorités européennes de protection des consommateurs ont lancé le 30 septembre une action contre neuf éditeurs, dont Ubisoft et Riot.

Par

Devil

Directeur

Devil, fondateur de SpiritGamer. Zelda et Halo dans le sang depuis toujours, mais sinon je joue à tout, manette en main ou pas. Si un article vous a fait grincer des dents, c'est probablement le mien.

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EN BREF

Ce qu’il faut retenir

Neuf éditeurs devront afficher le vrai prix de leur monnaie virtuelle, cesser de brouiller les coûts et informer du droit de rétractation, y compris sur les pièces non dépensées. Aucune sanction n'est annoncée pour l'instant.

Notre positionAfficher le prix en euros de chaque objet aurait dû être la règle depuis longtemps.

Les autorités européennes de protection des consommateurs ont lancé le 30 septembre des actions coordonnées contre neuf éditeurs de jeux vidéo, dont Ubisoft, Riot Games, Mojang et Supercell, pour la façon dont ils vendent leurs monnaies virtuelles. La Commission européenne l’a annoncé au nom du réseau CPC, qui réunit les autorités nationales de chaque pays de l’Union. Pour les joueurs, l’enjeu est concret : savoir combien coûte vraiment un skin, et pouvoir récupérer l’argent de pièces jamais dépensées.

Qui est visé, et pour quel jeu

Le communiqué donne deux listes séparées : les sociétés d’un côté, les jeux « à examiner de plus près » de l’autre. Remises face à face, elles donnent ceci : Hunt: Showdown 1896 pour Crytek, Forge of Empires pour InnoGames, Candy Crush Saga pour King, Minecraft pour Mojang, Mech Arena pour Plarium, Gardenscapes pour Playrix, Valorant pour Riot Games, Clash of Clans pour Supercell et For Honor pour Ubisoft.

Le mélange dit bien ce qui est visé. On y trouve des jeux mobiles gratuits, un jeu de tir compétitif, un jeu de combat sorti en 2017 et le jeu le plus vendu de l’histoire. Ce n’est donc pas un genre qui est en cause, mais un modèle : payer en euros une monnaie qu’on dépense ensuite dans le jeu. Des gemmes de Clash of Clans aux Minecoins de Minecraft, le principe est le même.

Activision Blizzard fait l’objet d’une action à part, plus large, sur Diablo Immortal et Call of Duty Mobile. Les autorités y regardent la vente de monnaie virtuelle, mais aussi la collecte des données des joueurs, les mécaniques qui poussent à jouer toujours plus, les réglages par défaut du contrôle parental, la publicité adressée aux enfants et le blocage des comptes.

Ce que l’Europe demande aux éditeurs

Tout part des principes sur les monnaies virtuelles publiés en mars 2025. Le prix réel doit être affiché, en euros, pour les objets comme pour la monnaie à acheter. Pas de monnaies multiples ni de conversions qui brouillent le coût final. Pas de pression à acheter plus de monnaie que nécessaire pour avancer. Une information claire avant l’achat, des conditions compréhensibles et des protections pour les joueurs vulnérables, à commencer par les enfants.

Le point le moins connu est le droit de rétractation. Les joueurs doivent être informés qu’ils peuvent annuler leur achat sous 14 jours, y compris pour la monnaie virtuelle qu’ils n’ont pas encore utilisée.

Le réseau CPC explique pourquoi il passe à l’étape suivante : un dialogue avait été ouvert avec l’industrie en 2025, et il « n’a pas donné de résultats satisfaisants ». Le commissaire Michael McGrath rappelle qu’environ la moitié des Européens jouent aux jeux vidéo, et prévient que les autorités nationales veilleront à l’application des règles.

Ce que le communiqué ne dit pas

Aucune sanction n’est annoncée, aucune date limite non plus. Une action coordonnée du réseau CPC commence d’ordinaire par une demande faite aux sociétés de corriger leurs pratiques et de s’y engager. Des sanctions ne viennent qu’ensuite, si elles refusent, et elles relèvent des autorités de chaque pays.

Le mot « pay-to-win », utilisé dans plusieurs titres de presse le 30 septembre, n’apparaît nulle part dans le communiqué. Le passage le plus proche vise la pression à acheter trop de monnaie pour progresser : c’est le prix et la manière de vendre qui sont en cause, et l’équilibre des parties n’est jamais évoqué.

Certains absents se remarquent. Ni EA Sports FC et son Ultimate Team, ni Fortnite et ses V-Bucks ne figurent dans la liste. Ce n’est pas un blanc-seing : le réseau n’a retenu que les jeux repérés lors de son contrôle du marché, sans dire comment il les a choisis.

Le détail qui touchera le plus de joueurs se cache dans l’action visant Activision : le blocage des comptes. Quand un compte est suspendu, la monnaie achetée dessus disparaît en général avec lui, et les autorités européennes ont inscrit ce point noir sur blanc dans leur examen.

À vousLes jeux visés restent jouables et en vente comme avant. La suite dépend des réponses des éditeurs aux autorités, sans date annoncée.