Toutes les captures de ce test viennent des premières heures de jeu.
The Witcher 3 : Wild Hunt Remastered est sorti le 29 septembre 2026 sur PC, PS5, Xbox Series X|S et Nintendo Switch 2. CD Projekt RED l’offre à tous ceux qui possèdent déjà le jeu sur une plateforme éligible, avec les extensions Hearts of Stone et Blood and Wine, même pour qui n’avait que le jeu de base (annonce de CD Projekt RED). Le jeu lui-même, notre test de 2015 le raconte. Ici, une seule question : ce que cette version change, jouée sur Xbox Series X en mode Qualité.
La barre n’est pas si basse. The Witcher 3 avait déjà reçu une mise à jour nouvelle génération en 2022. Ce remaster doit donc faire mieux qu’un simple nettoyage de textures.
La nuit, le Continent change de visage
Les textures des bâtiments, des rochers, des vêtements et de la végétation gagnent en détail, en partie grâce au HD Reworked Project, le grand mod graphique de la communauté, que CD Projekt RED a intégré. Velen en profite le plus : ses forêts et ses marécages ont plus de relief. Novigrad gagne en densité.
Mais c’est la lumière qui change vraiment la donne. Les nuits sont la plus belle réussite de ce remaster : les torches éclairent enfin les visages et les façades, et les ombres comme les reflets donnent de la profondeur à des décors qu’on croyait connaître par cœur.
Tout n’est pas mieux pour autant. Certains endroits paraissent trop lumineux, presque délavés, d’autres deviennent franchement sombres. The Witcher 3 avait une identité visuelle forte, et on préfère parfois l’ambiance de l’ancienne version. Quelques textures et animations trahissent aussi leurs onze ans. On est devant un lifting sérieux, pas devant un remake.
Le mode Qualité, beau mais pas fluide
On a joué en mode Qualité, pour voir l’éclairage et le ray tracing à leur meilleur. C’est là que les nuits et les intérieurs sombres prennent toute leur ampleur. Le prix à payer se sent vite en combat : la fluidité est nettement en retrait. Qui joue d’abord pour la réactivité a tout intérêt à passer en mode Performance, qui sacrifie une partie des effets.
Geralt ne conduit plus un camion
Les combats étaient le point faible le plus souvent reproché au jeu : des déplacements raides, une caméra capricieuse. Les animations ont été refaites, les attaques s’enchaînent plus naturellement, et Geralt dispose de meilleurs mouvements pour se rapprocher de ses adversaires. Les nouveaux coups de grâce ajoutent du spectacle, et les signes Igni et Aard ont de nouveaux effets.
Le vrai progrès, c’est la caméra. Elle se rapproche de Geralt dans un duel et recule quand il affronte un groupe, et le changement de cible est plus rapide. Les affrontements se lisent mieux. Les monstres ont aussi des déplacements et des attaques revus. Les fondations, elles, restent celles de 2015 : certaines animations et la gestion des impacts ont vieilli, et on ne retrouve pas la précision d’un jeu d’action récent.
Un arbre de compétences enfin lisible
C’est le changement le plus profond. Chaque compétence a désormais trois rangs, et on débloque les suivantes grâce aux capacités déjà acquises plutôt qu’en accumulant des points dans une branche. L’arbre se lit d’un coup d’œil, et il devient possible de mélanger les styles sans choisir aussi strictement entre attaques rapides et attaques puissantes. L’alchimie est réorganisée autour de la toxicité, des mutations et des bombes.
Attention en reprenant une ancienne sauvegarde : les points de compétences sont remis à zéro, et il faut reconstruire son Geralt. Reste à savoir si le nouvel équilibrage tient sur toute l’aventure, ce qu’une première session ne permet pas de dire.
Le confort qui manquait
On ramasse enfin le butin sans descendre d’Ablette. Les objets proches se regroupent dans une seule fenêtre, avec leurs caractéristiques visibles avant de les prendre. Les menus sont plus compacts et rouvrent le dernier onglet consulté, la carte permet de changer de quête suivie en un geste, et la méditation montre désormais le temps passer en accéléré au lieu d’un écran figé. Dans un jeu où l’on passe des heures à fouiller, ces détails pèsent lourd.
Autre ajout bienvenu : changer l’apparence d’une pièce d’équipement sans toucher à ses statistiques. On garde enfin l’armure qu’on aime avec les caractéristiques de la meilleure. Il faut toutefois passer par les maîtres artisans Yoana et Hattori, donc pas dès le début.
Côté déplacements, Geralt saute, grimpe et franchit les obstacles avec moins de raideur, et la caméra d’exploration s’élargit. Ablette galope mieux et se cogne moins, avec un réglage de sensibilité de la conduite. Elle reste maladroite dans les virages serrés.
Photo, accessibilité et mods
Le mode Photo accepte désormais plusieurs personnages, des poses, des expressions, la météo, l’heure et des accessoires. La Ballade du barde, réservée au niveau de difficulté le plus accessible, permet d’accélérer la régénération, de supprimer la limite de poids, de rendre l’équipement inusable ou d’accélérer les bateaux : une bonne porte d’entrée pour qui veut surtout l’histoire. Enfin, les mods arrivent sur Xbox Series X par l’outil mod.io intégré au jeu (notes de mise à jour officielles).
The Witcher 3 Remastered : on relance ou pas ?
Pour qui possède déjà le jeu, la question se pose à peine : c’est gratuit, les deux extensions sont offertes, et le travail va bien au-delà des textures. Combats plus lisibles, compétences repensées, confort de jeu enfin moderne, c’est une vraie raison de repartir sur le Continent. Pour les autres, c’est la meilleure version du jeu à ce jour. Il faut seulement accepter quelques éclairages discutables et un système de combat qui garde ses racines de 2015.
Songs of the Past, la nouvelle extension annoncée pour 2027, n’est pas comprise : elle sera vendue à part.
