TEST03/10/2026

Dragon Quest XI S, grand RPG, petit portage

Le mode 60 images par seconde sert l'aventure, mais rien n'est prévu pour ceux qui l'ont déjà.

Dragon Quest XI S reste un grand RPG à l'ancienne, plus fluide sur Switch 2, mais sans contenu neuf ni reprise de sauvegarde pour les joueurs Switch.

VERDICT SPIRITGAMER

Belle pioche

16/20

Dragon Quest XI S n'a pas bougé, et pour qui le découvre, c'est une chance : une grande aventure à l'ancienne, des compagnons qui portent le récit et la patte d'Akira Toriyama sur chaque monstre. Sur la télévision, le mode Performances rend les allers-retours dans Elréa nettement plus agréables. Mais Square Enix ne propose rien à ceux qui l'ont déjà terminé, pas même leur sauvegarde.

Vous l'avez déjà sur Switch ? Passez votre chemin : deux réglages techniques ne valent pas 40 euros et une partie à recommencer.

Points forts

  • Le choix entre 2D et 3D
  • Des compagnons qu'on n'oublie pas
  • Un mode 60 images par seconde bienvenu

Points faibles

  • Aucun contenu inédit sur Switch 2
  • Sauvegardes Switch non reprises
  • Des combats ordinaires répétitifs
Par

Devil

Directeur

Devil, fondateur de SpiritGamer. Zelda et Halo dans le sang depuis toujours, mais sinon je joue à tout, manette en main ou pas. Si un article vous a fait grincer des dents, c'est probablement le mien.

Jeux Vidéo, Hardware, Ciné/Séries, Livre/BD

Toutes les captures de ce test viennent des premières heures de jeu.

Bande-annonce de Dragon Quest XI S sur Switch 2, en VF

Un jeu qui a déjà beaucoup voyagé

Dragon Quest XI n’a rien d’une nouveauté, et nous l’avions testé à sa sortie européenne, en 2018. Il est sorti au Japon en juillet 2017 sur PS4 et 3DS, puis en Europe en septembre 2018 sur PS4 et PC. La version 3DS, restée au Japon, proposait déjà de jouer en 2D ou en 3D. L’Édition ultime a repris cette présentation en 2D et y a ajouté les histoires des compagnons et la bande-son orchestrale ; elle est arrivée sur Switch en septembre 2019, puis sur PS4, Xbox One et PC en décembre 2020. Ce test porte sur ce que le premier ne couvrait pas : les ajouts de l’Édition ultime, et ce que la Switch 2 change.

Les gluants, premiers adversaires de l'aventure. Capture SpiritGamer réalisée en cours de test.

Le fond est celui de 2018 : un RPG japonais qui prend son temps, une longue introduction, des compagnons qui portent le récit, Sylvando en tête, et un héros muet qui reste parfois planté là quand tout le monde réagit autour de lui.

Les combats au tour par tour, l’hexagramme et la transforge n’ont pas changé. C’est toujours contre les boss que le système brille, quand il faut affaiblir, soigner au bon moment et ne rien laisser au hasard. Les combats ordinaires, eux, finissent par se ressembler, mais on peut les accélérer et confier les compagnons à des tactiques. La Quête draconienne permet toujours de corser l’aventure dès le départ. Les menus, très traditionnels, paraîtront vieillots à qui vient des RPG récents.

Deux jeux en un

Dès le début, on choisit entre la 3D et la 2D, une idée reprise de la version 3DS japonaise, que l’Édition ultime a été la première à nous apporter. En 3D, c’est tout l’univers d’Akira Toriyama : des couleurs franches, des villes et des paysages très variés, des monstres qui ont chacun une tête. Il suffit de croiser les Gluants pour comprendre. Le jeu ne cherche jamais le réalisme, et c’est ce qui lui garde une identité aussi forte. En 2D, on retrouve les pixels et les combats des anciens Dragon Quest, comme le même jeu sur une console d’une autre époque.

Le mode 2D, avec ses sprites façon Super Nintendo. Capture SpiritGamer réalisée en cours de test.

On peut changer en cours de route, dans une église ou auprès d’une statue sacrée. Mais ce n’est pas un simple réglage : le jeu fait reprendre au début d’un chapitre, donc une partie de l’histoire peut être à refaire. Précision utile : tout cela existait déjà dans l’Édition ultime sur Switch.

Elréa n’est pas un monde ouvert où l’on va partout dès le départ : les régions s’ouvrent avec l’histoire. Mais entre les quêtes annexes, les coffres, les recettes et les matériaux, on part chercher un objet et on se retrouve deux heures plus tard ailleurs. Les Chronomis, autre ajout de l’Édition ultime, ouvrent des mondes inspirés des anciens épisodes, un clin d’œil pour les fans de longue date. Et sans rien dévoiler, les premiers crédits ne marquent pas la fin de l’aventure.

C’est une aventure très longue, et ce n’est pas une qualité en soi : si les combats ou le rythme lassent, la suite devient une contrainte. La bande-son orchestrale colle à l’esprit du voyage, mais certains thèmes reviennent souvent, beaucoup trop sur la durée. Les voix se choisissent entre l’anglais et le japonais. Nous avons joué en japonais, sous-titré en français.

Sur Switch 2, la fluidité d’abord

Deux réglages techniques sont proposés, à ne pas confondre avec le choix entre 2D et 3D : un mode Performances en 1080p à 60 images par seconde, et un mode Graphismes en 1440p à 30 images par seconde, d’après Square Enix. Nous avons joué console sur son dock, sur la télévision, et notre choix est vite fait : le mode Performances. Sur un RPG où l’on passe autant de temps à courir dans les villes et à traverser les régions, la fluidité compte plus qu’un gain de netteté. Les chargements, eux, se comptent en quelques secondes, et sur une aventure de cette longueur, ce petit confort finit par compter.

Un brumerage sur le chemin du Piton de Caubaltin. Capture SpiritGamer réalisée en cours de test.

Square Enix n’a prévu aucune mise à niveau depuis la version Switch, et les sauvegardes ne passent pas d’une version à l’autre. Qui a terminé le jeu sur la première Switch et veut profiter du mode Performances doit racheter le jeu et repartir de zéro, sur une aventure de cette longueur. La version en boîte, enfin, est une Game-Key Card : la boîte contient la clé, le jeu se télécharge.

Square Enix savait faire autrement

Cette sortie accompagne les 40 ans de la série, et c’est à peu près la seule raison de la voir arriver maintenant. Le plus agaçant, c’est que Square Enix a déjà montré qu’il savait faire autrement. Le 31 juillet 2025, Dragon Quest III HD-2D Remake a reçu une mise à jour gratuite pour la Switch 2 : une image plus nette et plus fluide, et un réglage pour privilégier la fréquence d’images ou les graphismes, sans rien changer au contenu. Sur le papier, c’est exactement ce qu’apporte cette version de Dragon Quest XI S. Sauf qu’ici, il faut repayer 40 euros, sans reprendre sa sauvegarde.

L’éditeur n’a pas de règle fixe : Dragon Quest I & II HD-2D Remake n’a pas eu de mise à niveau non plus. Mais le précédent de Dragon Quest III prouve que la Switch 2 n’imposait rien. C’est une décision commerciale, et elle tombe sur ceux qui ont déjà acheté le jeu en 2019.

Dragon Quest XI S : on fonce ou on attend ?

Pour qui n’a jamais joué à Dragon Quest XI, c’est la version à prendre sur une console Nintendo : tout le contenu de l’Édition ultime, la fluidité en plus, pour 40 euros. On n’attendait pas une refonte à ce prix. Mais pour un jeu vendu sur Switch 2, le contenu se limite à deux réglages techniques. Pour qui l’a déjà terminé sur Switch, le seul argument est la fluidité, et il faudra recommencer depuis le début pour en profiter.

EN PRATIQUE

Pour vous décider

Prix constaté39,99 €
Plateforme testéeNintendo Switch 2
Version / buildSwitch 2 sur dock, mode Performances, voix japonaises, code fourni par Square Enix
Pour qui ?Pour qui découvre Dragon Quest XI ; les joueurs Switch repartiront de zéro.