TEST05/09/2026

HOT WHEELS Infinite Rush

Grand terrain, petites ambitions

Sympa mais dispensable

VERDICT SPIRITGAMER

Ça se tente

Testé pendant + 10 h

13/20

Hot Wheels Infinite Rush possède tout ce qu'il faut pour faire briller les yeux des collectionneurs : plus de 150 véhicules superbement reproduits, quatre îles distinctes, plusieurs classes qui changent réellement la conduite et une offre multijoueur généreuse.

Son passage au monde ouvert manque malheureusement d'idées pour accompagner son changement d'échelle. La conduite très simplifiée, la physique permissive et des activités beaucoup trop classiques empêchent l'ensemble de véritablement décoller. Une boîte à jouets généreuse et plaisante à ouvrir, donc. Mais une fois toutes les voitures sorties, on aurait aimé découvrir un peu plus de surprises au fond.

Points forts

  • Plus de 150 véhicules à collectionner, superbement reproduits
  • Quatre îles aux identités bien distinctes
  • Les quatre classes de véhicules apportent de vraies différences
  • Une formule arcade immédiatement accessible
  • Multijoueur généreux, en ligne comme en écran partagé
  • Les éditeurs de circuits et de livrées prolongent l'expérience

Points faibles

  • Un monde ouvert assez superficiel malgré sa taille
  • Une conduite et un système de drift qui manquent de profondeur
  • Des activités trop classiques et rapidement répétitives
  • Une difficulté initiale beaucoup trop faible
  • Une physique très permissive qui banalise l'exploration
  • Des environnements visuellement bien moins convaincants que les voitures
Par

Yakudark

Rédacteur chez SpiritGamer

Quatre îles et beaucoup de plastique

Après deux épisodes reposant sur une structure plus traditionnelle, Hot Wheels Infinite Rush change sérieusement de braquet. Cette fois, plus question de simplement enchaîner les épreuves depuis des menus : Milestone lâche ses petites voitures dans un véritable monde ouvert. L’aventure débute à Wheelswood, avant de permettre l’accès à trois autres îles : Tentacle Bay, Gearville et Drifty Temples.

Et pour le coup, chacune possède une vraie identité.

Wheelswood joue la carte urbaine avec ses gratte-ciel et ses routes. Tentacle Bay préfère les environnements naturels, les formations rocheuses et son parc archéologique. Gearville mélange canyons et complexes industriels tandis que Drifty Temples va chercher son inspiration du côté des temples orientaux.

Sur le papier, difficile de ne pas penser à Forza Horizon. On se balade librement, on rejoint physiquement les différentes épreuves et l’exploration permet d’en découvrir de nouvelles. Des objets sont également à récupérer et les courses traditionnelles côtoient différentes activités : livraisons, cascades, photographie…

Hot Wheels Infinite Rush voit grand, beaucoup plus grand que ses prédécesseurs. Le passage au monde ouvert, les quatre îles et une collection de plus de 150 véhicules donnent immédiatement envie de vider la boîte à jouets. Mais une fois lancé à pleine vitesse, le constat est moins enthousiasmant : conduite trop simplifiée, activités convenues et monde ouvert finalement assez superficiel empêchent ce nouvel épisode de franchir le cap qu’il visait.

Il reste un jeu de course arcade accessible et généreux, particulièrement séduisant pour les amateurs des petites voitures Mattel. Mais derrière la quantité et les carrosseries impeccablement reproduites, il manque encore ce petit quelque chose qui donnerait envie de faire un tour de plus. Puis un autre. Puis de réaliser qu’il est trois heures du matin.

Bref, Hot Wheels veut désormais nous laisser jouer avec toute la boîte plutôt que de nous tendre les voitures une par une.

L’idée fonctionne. Jusqu’au moment où l’on commence à regarder ce qu’il y a réellement dans la boîte.

Ce qui frappe manette en main avec Hot Wheels

Il ne faut pas longtemps pour comprendre la philosophie de cet épisode : ici, absolument tout est un jouet.

Et je ne parle pas seulement des voitures.

Le décor lui-même semble avoir accepté son destin de victime collatérale. On fonce à travers les environnements en envoyant valser une quantité assez impressionnante d’objets. Ça rebondit, ça vole, ça dégage de la route et, hormis les bâtiments, peu de choses semblent réellement capables d’arrêter notre voiture.

Les premières fois, c’est plutôt amusant.

Puis on comprend le problème : l’exploration perd rapidement une partie de son intérêt lorsque presque rien ne représente véritablement un obstacle. Plutôt que d’apprendre à circuler dans le monde, on peut régulièrement choisir la méthode Hot Wheels : accélérer très fort et laisser la physique négocier les détails.

Ça fonctionne remarquablement bien.

Peut-être même un peu trop.

Le monde ouvert devient alors davantage un immense terrain de jeu qu’un environnement que l’on apprend réellement à maîtriser. C’était probablement l’objectif, mais cette approche finit aussi par lui retirer une partie de sa substance.

Plus de 150 bonnes raisons de retourner en enfance

S’il y a bien un domaine où Hot Wheels Infinite Rush ne plaisante pas, c’est sa collection.

Plus de 150 véhicules sont disponibles et leur présentation touche exactement là où elle doit toucher chez les amateurs de Hot Wheels. Les voitures ne sont pas simplement sélectionnées dans un garage : elles sont mises en scène comme les pièces d’une véritable collection.

Modèles extrêmement détaillés, peintures fidèlement reproduites, emballages d’origine… le jeu comprend parfaitement qu’une Hot Wheels n’est pas uniquement une voiture miniature.

C’est aussi cet objet qu’on regardait dans son emballage avant de commettre l’irréparable et de l’ouvrir.

Ou qu’on conservait religieusement en parfait état.

Je ne juge personne.

Les véhicules sont répartis en quatre classes : Polyvalent, Rapide, Drifter et Titan.

Les Polyvalents cherchent l’équilibre entre vitesse, accélération, adhérence et puissance. Les Rapides misent davantage sur l’accélération et le boost. Les Drifters privilégient logiquement le comportement en courbe tandis que les Titans compensent leur vitesse plus faible par leur masse et leur robustesse.

Et contrairement à ce que pourrait laisser penser l’aspect très arcade du jeu, changer de catégorie produit réellement une différence en course.

Chaque véhicule dispose également de quatre emplacements auxquels peuvent être associées des améliorations. On finit donc naturellement par constituer un petit garage adapté aux différentes épreuves plutôt que d’utiliser systématiquement la même voiture.

C’est probablement l’un des systèmes les plus intéressants de cet épisode : la quantité de véhicules n’est pas uniquement là pour gonfler un compteur.

Elle sert réellement le jeu.

Une conduite accessible… peut-être trop

Sur la piste, Infinite Rush ne bouleverse pas la formule des deux épisodes précédents.

Le cœur du gameplay repose toujours sur l’alternance entre drift et boost. Un coup de frein en entrée de virage suffit à faire partir la voiture en glisse avant de ressortir de la courbe pied au plancher.

C’est immédiat.

C’est accessible.

Et c’est justement là que le bât blesse.

Le système manque rapidement de profondeur et laisse assez peu de place à une véritable progression dans la maîtrise de la conduite. Hot Wheels Infinite Rush veut manifestement rester accessible au plus grand nombre, mais il pousse parfois cette philosophie jusqu’à rendre son pilotage un peu trop sage.

Enfin… « sage ».

On parle quand même de voitures miniatures lancées à pleine vitesse sur des circuits impossibles.

Disons plutôt simple.

Les sauts disparaissent, ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, tandis que les contacts latéraux restent bien présents. Les fameux petits coups de portière — concept déjà assez optimiste quand les véhicules concernés sont des Hot Wheels — continuent donc d’accompagner les courses.

Le niveau de difficulté initial est également très faible. Là encore, on sent la volonté de ne laisser personne sur le bord de la piste, mais les premières heures manquent franchement de mordant.

Beaucoup d’activités, peu de surprises

Le monde ouvert aurait pu être l’occasion de complètement lâcher les chevaux côté épreuves.

Ce n’est malheureusement pas vraiment le cas.

On retrouve Course rapide, Contre-la-montre, Élimination, Points de passage et Maître du drift. Tout est parfaitement fonctionnel et les intitulés ont au moins le mérite de ne pas mentir sur la marchandise.

Mais difficile d’y trouver quelque chose que les jeux de course arcade n’ont pas déjà proposé depuis longtemps.

C’est là que la nouvelle structure montre ses limites.

Hot Wheels Infinite Rush possède quatre îles, plus de 150 véhicules et suffisamment de plastique virtuel pour provoquer une pénurie mondiale chez Mattel, mais ses activités restent extrêmement conventionnelles.

Le changement de décor aide à maintenir l’intérêt, les différentes classes de voitures apportent un peu de variété, mais le sentiment de répétition finit malgré tout par s’installer.

Le monde est devenu plus grand.

Le gameplay, beaucoup moins.

À plusieurs, la boîte à jouets s’ouvre davantage

Le multijoueur se montre heureusement plutôt généreux.

Les courses en ligne peuvent accueillir jusqu’à douze joueurs, avec cross-play, salons privés, parties classées et listes de lecture permettant notamment de voter pour les courses.

Plus intéressant encore pour ceux qui refusent de considérer le canapé comme une fonctionnalité obsolète : l’écran partagé permet de jouer jusqu’à quatre en local.

Et ça, on prend.

Le jeu propose également un éditeur de circuits ainsi qu’un éditeur de livrées, avec des interfaces et des outils retravaillés. Les créations peuvent ensuite être partagées avec les autres joueurs.

Ce contenu communautaire possède forcément le potentiel d’allonger considérablement la durée de vie du titre, surtout lorsque les joueurs commenceront à concevoir des circuits que personne de raisonnable n’aurait dû imaginer.

Donc, évidemment, les meilleurs.

Techniquement propre, artistiquement trop sage

Sur PS5, l’un des principaux plaisirs reste évidemment l’observation des véhicules.

Les Hot Wheels sont superbes.

La reproduction des peintures, les détails des carrosseries et le soin apporté aux différents modèles montrent clairement où une bonne partie de l’attention graphique a été placée. Les références aux circuits historiques de la licence participent également au plaisir des fans.

Le jeu vise par ailleurs les 60 images par seconde.

Le problème vient davantage de ce qui entoure les voitures.

Malgré la quantité d’éléments affichés et les nombreux objets qui peuvent finir leur existence virtuelle dans les airs après notre passage, le monde ouvert manque visuellement de relief.

La direction artistique assume évidemment son côté jouet et enfantin, mais l’éclairage souvent plat et certains environnements assez simples donnent parfois l’impression d’être devant un jeu qui aurait parfaitement pu trouver sa place sur la génération précédente.

C’est d’autant plus dommage que les voitures, elles, bénéficient d’un traitement autrement plus convaincant.

On se retrouve donc avec de magnifiques miniatures circulant dans des décors qui ne leur rendent pas toujours justice.

Ce qui ne marche pas

Le principal problème de Hot Wheels Infinite Rush n’est finalement pas qu’un élément soit franchement raté.

C’est presque l’inverse.

Tout fonctionne, mais trop peu de choses surprennent.

Le monde ouvert constitue la grande nouveauté de cet épisode, mais sa physique permissive rend rapidement l’exploration superficielle. Les modes de jeu remplissent leur rôle sans véritablement renouveler le genre. Le drift est immédiatement accessible mais manque de profondeur. Et la faible difficulté des premières heures accentue encore cette sensation d’un jeu qui refuse parfois de nous demander un véritable effort.

Même sa réalisation technique illustre ce paradoxe : les voitures sont remarquablement reproduites tandis que les environnements donnent beaucoup moins souvent envie de s’arrêter pour regarder le paysage.

Infinite Rush accumule donc les bonnes idées sans parvenir à en transformer une en véritable argument décisif.

On fonce ou on attend ?

EN PRATIQUE

Pour vous décider

Prix constaté49,99 €
Plateforme testéePlayStation 5
Plateformes
Pour qui ?Pour tous