Le Kiosque — BD & Manga09/14/2026

Suikoden revient partout, sauf en France

Le manga s'arrête, l'anime arrive, et rien de tout ça n'a de date française.

L'adaptation en manga de Suikoden Star Leap s'est achevée le 4 septembre après six chapitres, alors que le reste de la relance lancée par Konami reste bloqué au Japon.

Par

Devil

Rédacteur chez SpiritGamer

Devil, fondateur de SpiritGamer. Zelda et Halo dans le sang depuis toujours, mais sinon je joue à tout, manette en main ou pas. Si un article vous a fait grincer des dents, c'est probablement le mien.

EN BREF

Ce qu’il faut retenir

Konami a ressorti Suikoden du placard en grand : remaster, jeu mobile, anime, pièce de théâtre, concert. Un an et demi plus tard, le joueur français n'a eu qu'une seule pièce de l'ensemble, le remaster des deux premiers jeux. Le jeu mobile est sorti au Japon sans date ailleurs, l'anime démarre en octobre sans diffuseur français annoncé, et le manga vient de s'arrêter après six chapitres sans avoir jamais été traduit.

Notre positionUne relance complète sur le papier, dont la France n'a vu qu'un seul morceau en dix-huit mois.

Quand Konami a organisé son premier Suikoden Live en mars 2025, la liste des annonces avait de quoi réveiller n’importe quel joueur qui a poncé les deux premiers épisodes sur PlayStation : un anime, un nouveau jeu mobile, un manga, une pièce de théâtre, un concert. Pour une licence laissée à l’abandon pendant vingt ans, c’était plus qu’un retour, c’était une réanimation complète.

Dix-huit mois plus tard, le premier morceau vient de tomber. Le numéro d’octobre de Comic Flapper, paru le 4 septembre, contient le dernier chapitre du manga tiré du jeu mobile Suikoden Star Leap. Six chapitres au total, publiés tous les deux mois depuis novembre 2025.

Une précision pour qui voudrait vérifier : la page officielle du manga chez Kadokawa affiche encore la série comme en cours, la version en ligne ayant un mois de retard sur le magazine papier. Le chapitre final y sera mis en ligne le 5 octobre.

C’est court, mais rien n’indique un arrêt subi. Le communiqué de Kadokawa annonçant le numéro présente l’épisode comme une préquelle du jeu mobile qui s’achève enfin, formule qu’un éditeur n’emploie pas pour une série coupée en route.

Le dessin était signé Aki Shimizu, qui avait déjà adapté Suikoden III en manga il y a une vingtaine d’années. L’histoire de Star Leap se situe avant le tout premier jeu, et après les événements de Suikoden V.

BANDE-ANNONCE OFFICIELLE – Suikoden : The Anime | AnimOtaku.fr

Ce que la France a réellement reçu

Là est le vrai sujet. Faites le compte de ce qui est arrivé jusqu’ici. Le remaster des deux premiers jeux est sorti en mars 2025 sur toutes les machines, et il est traduit en français. C’est même la première fois que Suikoden premier du nom est jouable dans notre langue, ce qui n’est pas rien pour un jeu de 1995.

Le jeu mobile Suikoden Star Leap est sorti au Japon le 7 août, sur iOS et Android. Une version internationale est prévue, Steam compris, mais aucune date n’a été annoncée. Le compte anglophone du jeu n’en dit pas davantage.

L’anime tiré de Suikoden II démarre en octobre, réalisé par Yuzo Sato au sein de Konami Animation, la filiale d’animation de l’éditeur. À ce jour, aucun diffuseur français n’a été annoncé.

Et le manga, donc, s’est terminé sans avoir jamais connu d’édition française. Seul le premier chapitre avait été traduit en anglais, sur la plateforme de Kadokawa.

Un seul morceau sur cinq

Une licence culte qu’on relance simultanément sur cinq supports, et un public européen qui en reçoit un. Ce n’est pas un oubli, c’est une méthode : Konami teste au Japon, et décide ensuite.

Le problème, c’est que cette méthode fonctionne mal avec une licence dont la réputation s’est construite à l’international par le bouche-à-oreille, souvent chez des joueurs qui ont découvert Suikoden II des années après sa sortie, en import ou en émulation. Ceux-là attendent depuis vingt ans. On peut comprendre qu’ils trouvent le temps long.

Le remaster prouve pourtant que Konami sait faire quand il décide de s’en donner la peine. Traduire pour la première fois un jeu de 1995 en français, ce n’était pas la voie de la facilité, et ça n’a pas empêché le jeu de trouver son public. C’est ce qui rend l’attente sur le reste difficile à justifier.

À vousKonami se désengage ? Non : il teste tout au Japon avant d'exporter. La nuance compte, parce qu'une décision commerciale, ça se révise.