Ce qu’il faut retenir
Monter ou faire évoluer un PC de jeu coûte nettement plus cher qu'il y a un an, et c'est la mémoire qui fait basculer la facture. Un kit de 32 Go dépasse aujourd'hui le prix d'une console de salon. La cause n'a rien à voir avec le jeu vidéo : les fabricants ont réorienté leur production vers les puces destinées à l'intelligence artificielle. Les SSD et les cartes graphiques suivent la même pente.
Vous voulez ajouter de la mémoire à votre PC. Un kit de 32 Go, rien d’extravagant, la quantité que réclament les jeux récents. Préparez 609,95 euros.
C’est le prix affiché ce mercredi 16 septembre chez LDLC pour un kit Textorm de deux barrettes de 16 Go en DDR5 6000, en stock. Le même type de kit se négociait autour de cinq cents euros en janvier chez les enseignes françaises, et trois à quatre fois moins au début de l’année 2025.
L’intelligence artificielle a vidé les rayons
La cause est identifiée et personne ne la conteste. Les trois fabricants mondiaux de mémoire ont basculé leurs lignes de production vers la mémoire à haute bande passante, celle qui équipe les puces dédiées à l’intelligence artificielle. Les marges y sont sans commune mesure avec celles du grand public.
Le joueur n’est pas visé, il encaisse. La DDR4, dont la production s’arrête, grimpe encore plus vite en proportion. Les SSD suivent le même chemin depuis quelques mois, et les cartes graphiques ont déjà vu leurs tarifs officiels révisés à la hausse cet été.
Ce que ça change concrètement
Un montage qui tenait dans un budget raisonnable il y a dix-huit mois n’y tient plus. La mémoire, qui représentait une ligne secondaire dans une configuration, pèse aujourd’hui autant qu’une carte graphique de milieu de gamme. Et contrairement au stockage, on ne peut pas vraiment la rogner : un jeu récent qui manque de mémoire ne tourne pas moins bien, il saccade.
Pour qui hésite à monter une machine cette année, attendre une accalmie ressemble à un pari. Les capacités de production supplémentaires ne sortent pas de terre en six mois, et rien dans les prévisions publiées par les revendeurs ne laisse espérer un retour aux tarifs d’avant à brève échéance.
