Gran Turismo Sport

La licence est bien connue des joueurs, puisque licence phare de Sony, et revient sur le devant de la scène dans un nouvel épisode. Mais nouvel opus ou spin-off ? La question a été longuement soulevée par les amateurs des jeux de course. Une chose est certaine, les développeurs ont souhaité donner une trajectoire au jeu en s’inscrivant dans une dynamique plus communautaire avec la mise en avant et la prépondérance du mode en ligne. Mais est-il à la hauteur ? Voici notre verdict.

Pourquoi être seul quand on peut être bien accompagné

En toute franchise, Gran Turismo Sport n’est pas fait pour être joué en solo. Non pas parce qu’il manque de mode solo mais tout simplement parce que les développeurs du jeu ont fait le choix de laisser un peu de côté cette facette du jeu pour se concentrer principalement sur le mode en ligne. Aucun système de championnat ou de compétition solo n’est disponible. Vous n’aurez la possibilité que de participer à des épisodes numérotés qui vous permettront de découvrir le jeu en amont avant de vous lancer à la conquête du monde en ligne. Différents des permis que l’on a pu connaître auparavant, la difficulté a été baissée et le fait d’obtenir un meilleur rang que le bronze vous offre un cadeau plus que basique : une voiture. A la différence des permis, les épreuves ne sont pas nécessaires à l’ouverture des compétitions. Tandis qu’elles sont 24, GTS vous propose de remplir quelques missions qui vous permettront d’améliorer votre rang, histoire de dépasser une nouvelle fois le bronze et de décrocher une petite récompense sympathique bien que trop anecdotique à notre goût.

Si l’idée reste bonne de manière générale, elle n’est pas suffisamment bien exploitée notamment à cause d’une difficulté trop peu accrue qui rend l’accomplissement des missions à portée de tous, même des joueurs les moins aguerris. Grâce notamment aux Expériences de Circuit, vous aurez la possibilité d’appréhender au mieux les différents tracés afin d’appuyer votre domination en mode online. En effet, ces défis vous permettront de prendre en main, de façon quelque peu pédagogique, les différents virages un peu rugueux des circuits. Si tout cela facilite l’abordage en ligne, il ne faut absolument pas compter sur l’IA pour vous donner du fil à retordre. Loin d’être virulente et assoiffée de victoire, elle se contentera de circuler en file indienne sans tenter de dépasser et en ignorant totalement votre présence. Tantôt lente tantôt violente et dangereuse, l’IA n’a pas bénéficié d’un travaillé soigné et pointilleux de la part des développeurs, de quoi noircir un peu le tableau et l’expérience de jeu, notamment en contre-la-montre où l’IA vient considérablement ébranler l’expérience. Autrement dit, le monde solo de Gran Turismo Sport est bien trop maigre pour présenter un intérêt certain. Il vous permettra de récupérer de l’argent et Miles, monnaie qui sera utilisable dans le magasin pour acquérir des éléments.

Un contenu un peu bancal

Tandis que Polyphony Digital a voulu donner une autre dynamique à son jeu en le centrant plus sur le multi, le contenu en a empathie quelque peu. Quelques 170 voitures, seulement, vous sont proposées. Si cela peut paraître énorme pour les joueurs non aguerris, soyons honnêtes, c’est peu, surtout si on le compare à GT6 qui en proposait pas moins de 1200 ou à son concurrent direct Forza Motorsport 7 qui en compte plus de 700. De surcroît, très peu de voitures de série sont présentes. Si cela ne vient pas du tout nuire à l’expérience de jeu puisque le panel présenté est suffisant pour trouver chaussure à son pied et bien s’amuser, le champ des possibles reste malgré tout incroyablement réduit. Les collectionneurs en herbe ou les amoureux d’originalité seront peu et mal servis malheureusement. On a même l’impression que ce nouvel opus s’éloigne des standards de la franchise qui est connue pour son catalogue bien fourni et bien construit. En espérant que des DLC prochains apporteront leur petit touche de ce côté, surtout qu’un tel apport ne serait pas négligeable et servirait grandement le mode online très chéri par les développeurs.

Les circuits n’ont pas non plus échappé à ce tri. Vous aurez la possibilité de parcourir 17 circuits et 28 tracés alors que GT6 en proposait respectivement 37 et 70. Si cela vous permet, certes, de devenir de vrais professionnels des circuits, il faut dire que c’est vraiment problématique. Plutôt que se diversifier, une nouvelle fois les horizons sont très limités. Seuls six circuits réels sont présents et certains très célèbres et très appréciés de la communauté manquent à l’appel. On pense notamment au fameux Laguna Seca. Occupons-nous un peu de l’état graphique du jeu. Le jeu de Polyphony Digital est joli malgré quelques déconvenues. Une chose est certaine, nous sommes très loin d’une qualité semblable à celle que l’on peut trouver sur Forza Motosport 7. De jour, les environs sont sympathiques malgré l’aliasing et les effets de carrosserie qui viennent entacher le tableau. Toutefois, toutes ces considérations ne s’appliquent que pour les possesseurs de la PlayStation 4 Pro. Sur la console standard, les choses sont beaucoup moins gaies. Le résultat et les graphismes sont vraiment limités et le jeu est insuffisamment bien réalisé pour être sensationnel.

Affrontons le monde dans des courses effrénées

Le cœur du jeu est là. Le mode multijoueur a bénéficié d’une véritable attention de la part des  développeurs. Vous trouverez ainsi le mode Sport qui permet de participer à des compétitions soit en course simple soit en championnat. Pour les courses, il s’agit de trois courses quotidiennes à faire toutes les heures. Les championnats seront au nombre de trois et proposeront des séances hebdomadaires. Votre participation engrangera des points en fonction de votre classement et de vos résultats. L’objectif sera donc de maintenir votre rang et d’appuyer votre domination. Néanmoins, avec seulement trois courses par jour et trois championnats, il est certain que Gran Turismo Sport ne fait pas dans la diversité et le contenu foisonnant.

Enfin, vous aurez la possibilité de participer à des qualifications permettant de vous placer sur la grille de départ. Le temps que vous ferez sera gardé pour toute la journée. Si cela peut paraître un peu léger, cette fonction permettra de vous entraîner  et d’assurer votre pôle position sur la grille de départ. L’une des nouveautés proposée par les développeurs est le mode Salon. Ce mode vous permet de créer un lobby de course, un peu à l’image de ce que vous avez pu tester sur GT6. Entièrement modulable, vous avez la possibilité de changer tous les paramètres et donc de créer la course de vos rêves dans les conditions que vous aurez préalablement définies. Ne vous réjouissez pas de trop, le Salon ne vous permet pas de faire des championnats. Du point de vue du gameplay, on peut sans trop se tromper dire que le jeu est loin d’être élitiste.  Très facile à prendre en main, les non initiés s’adapteront facilement à la conduite notamment grâce à un panel assez large d’aides que l’on peut aisément désactiver dans les paramètres. Une fois mises de côté, la conduite fera plaisir aux amateurs de jeu de course car elle demande un peu de skill et ne se montre pas si facile à aborder, du moins, quand on n’est pas habitué. Une note sera attribuée à votre conduite et à votre attitude. Et c’est là que se trouve la vraie bonne idée de Polyphony Digital !

Le fair-play tient une place importante puisque faire des queues de poisson, provoquer des carambolages en série ou tout autre comportement pas très respectueux auront une incidence sur votre capacité à rejoindre des salons et des compétitions. Dans les compétitions ouvertes vous affronterez des joueurs à la même réputation que vous. Mais autant vous dire que ce ne sont pas les seules mesures prises pour un mauvais comportement. En effet, un système de pénalité a été mis en place. Il vous inflige des pénalités de cinq à dix secondes en fonction des actes faits. A vous de veiller à rester prudent et respectueux si vous
souhaitez mettre toutes les chances de votre côté pour remporter la course. On dénote toutefois quelques erreurs dans ce système de pénalités puisqu’il est fréquent de se voir sanctionner pour sortie de route non volontaire et peu grossière ou encore un petit impact non désiré qui abîme quelque peu la carrosserie.

Un manque de contenance qui dessert le jeu

Plus axé sur le mode online, Gran Turismo Sport s’inscrit difficilement dans la continuité de ses prédécesseurs à cause d’un contenu un peu trop léger et d’un manque de profondeur. Malgré quelques bonnes idées, le dernier né de Polyphony Digital peine à s’imposer sur la scène des jeux de courses.

Pseudo :

Tombée dedans dès mon plus jeune âge, je suis passée par un peu toutes les plateformes. De la première game boy à la dernière Xbox, en passant par de nombreuses consoles de chez Sony. Si j’aime tous les types et modes de jeu, je reste une insatiable joueuse de FIFA et Rainbow Six Siège.

A propos de ce test

Jeu fourni par : Polyphony Digital

Testé sur : Playstation 4

Bons points

Bons Points Un gameplay accessible

Bons Points Des modes de jeu en ligne appréciables

Bons Points Les missions et épreuves solo permettent d’appréhender les tracés

Bons Points Un système de pénalité bien pensé

Mauvais points

Mauvais Points Un contenu beaucoup trop léger

Mauvais Points Un garage un peu vide

Mauvais Points Une IA toujours aussi incertaine

Mauvais Points Des graphismes loin d’être sensationnels

commentaires

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