Elex

Elex… Sous ce nom ressemblant à celui d’une lessive se cache le dernier jeu de Piranha Bytes, le papa de la série Gothic et Risen… Si Piranha Bytes ne vous dit rien c’est presque normal car leurs jeux ont une réputation d’austère et de mals réalisés. Que ce soit Gothic ou plus récemment Risen, chaque jeu apportait un univers riche et bien foutu dans un enrobage très très moyen… Alors Elex qu’est ce que c’est ? et bien c’est l’histoire d’une planète et d’une civilisation qui se prend une énorme météorite, provoquant un cataclysme mondial et qui a échappé de peu à l’extinction. Pour arranger les choses, ce projectile a amené avec lui un étrange minérai, l’Elex (et oui…) ce dernier étant un véritable poison pour la planète..

Du peu de survivants se sont formés 3 factions. Les Berzerkers qui contrairement à leur nom ressemble plus à des Druides avec une hache à deux mains qu’autre chose. En effet ces derniers rejettent toute forme de technologie marchant avec l’Elex et prône un retour aux sources et à une restauration du monde via une drôle de “plante”. Cette dernière a la particularité de filtrer l’Elex du sol et d’assainir ce dernier, permettant au monde végétal de reprendre possession des terres. Viennent ensuite les Clercs, qui sont une faction religieuse et guerrière qui croient que la technologie à base d’Elex est la seule solution pour retrouver le monde perdu suite à la catastrophe. Ils sont donc l’exact inverse des Berzerkers. Enfin les Hors-la-loi (pas très recherché comme nom) regroupent les mercenaires, charognard, voleurs et autres parasites. Ici chacun fait sa propre conception de liberté et n’a de compte à rendre à personne..

Avec l’Elex et ses particularités est née une nouvelle faction, appelée les Albes qui regroupe les survivants de la fusion entre l’Elex et leurs corps (les autres étant devenus des mutants incontrôlables et inhumains). Maîtrisant des technologies avancées et puissantes ainsi q’une magie destructrice, cette faction a décidé de faire la guerre au trois autres avec un certain succès. En effet le pouvoir obtenu coûte son humanité à chaque Albe, sans aucune forme de sentiments et donc aucun remords… Vous incarnez justement l’un d’eux avec une mission très particulière. Alors que vous survolez le territoire Berzerker votre avion est abattu. A peine au sol vous êtes pris à parti par votre propre supérieur qui annonce que votre mission est un échec et vous abat froidement… Vous vous réveillez un peu plus tard, et complètement dépouillé de votre équipement au milieu de nul part mais en vie. Votre pouvoir a disparu mais votre humanité commence légèrement à refaire surface.. Vous décidez de partir à la recherche du voleur et quelques centaines de mètres plus loin, vous croiserez un Berzerker

Pari Osé

Le monde d’Elex est assez osé et particulièrement original. En effet chaque faction regroupe tout un univers diamétralement opposé aux autres. Les Clercs sont clairement Cyber-Punk, contrairement aux Berzerkers qui se rapprochent de l’héroïc fantasy (tout en cassant le code du berkerk en lui-même). Les Hors-la-loi quant à eux sont proche de l’univers de Mad Max alors que les Albes titillent celui de Mass Effect (notamment Andromeda avec le jet-pack). Sauf que tous ces univers cohabitent sur la même planète ! Étant un Albe vous avez un implant sur le bras, l’Auxiliator, qui vous permet de gérer votre inventaire, vos missions et la carte, ce qui ne plaira pas aux Berzerkers par exemple, et qui vous le feront savoir via des commentaires acerbes en cas d’ouverture devant eux. Ne comptez même pas vous promener dans leur village équipé d’une arme à feu sous peine d’être définitivement banni !

Elex vous propose rapidement de faire des choix, que ce soit dans vos dialogues mais également sur le fait qu’il faudra faire ou non un choix de faction. Comme les RPG old-school vos réponses auront un fort impact sur la suite des événements que ce soit localement (quête inaccessible parce que vous avez tuer le PNJ ou simplement parce qu’il ne vous aime pas), voir sur toute l’histoire du jeu ! Lorsque cela arrive, un message apparaîtra de manière très lisible ce qui ne vous laissera pas dans l’inconnu. Elex propose toutes les mécaniques d’un RPG old-school avec la montée en niveau qui vous laisse le champ libre (comprenez que vous dépensez librement des points dans les stats de base comme force, endurance, dextérité, intelligence), ces derniers seront les prérequis de compétences que vous devrez apprendre auprès de maîtres spécifiques. Même chose pour tout ce qui est lié à la faction. Une fois votre choix fait vous ne pourrez plus accéder aux compétences des autres !

Il est a noté que Piranha Bytes n’a rien fait pour aider le joueur, préférant l’austérité à l’aide abusive. Par exemple, les PNJ donnant des quêtes ne sont pas indiqués sur la carte, ce qui signifie que potentiellement tout personnage portant un nom peut vous donner une mission. Les vendeurs et maîtres de compétences n’apparaîtront sur la carte que lorsque vous les aurez trouvé ! Même punition pour votre journal de quête qui ne vous donnera que des indications parcellaires et la possibilité de taguer l’une d’entres elles pour afficher sur votre carte l’endroit où aller (mais pas toujours), mais ne comptez pas sur d’autres informations comme le niveau de cette dernière ! Enfin ne comptez pas non plus sur de nombreux didacticiels en début d’aventures pour vous familiariser avec les mécaniques du jeu, ici c’est à vous de chercher, lire et trouver comment cela fonctionne (hormis les commandes de combats de base).

Piranha Bytes Style !

Les habitués de ce studio sauront de quoi je parle, pour les autres il faut comprendre que le studio Allemand a toujours été…. austère dans son gameplay. Que ce soit sur Gothic ou Risen, la maniabilité du personnage, les combats ou simplement l’interface a toujours semblé être d’un autre temps. Elex confirme la règle (à l’exception de l’interface de jeu qui est clair, simple et suffisante). On aurait juste aimé plus de possibilité de raccourci que simplement les 4 côtés de la croix analogique. L’inventaire, lui, est encore un peu bordélique et monochrome ce qui fait que par moments on se plante d’onglet. Un gros point négatif concernant la carte qui rame comme c’est pas possible et un curseur sympa graphiquement mais pas du tout ergonomique.

Pour le reste, et bien c’est assez particulier. Notre héros se déplace avec une raideur surprenante en 2017, un peu comme si une armoire entière de balai s’était introduite dans son fondement, ses sauts sont ridicules et les petites phases de plateforme peuvent très rapidement être périlleuses. Il est vrai que le jet-pack permet un gameplay vertical mais autant dans Mass Effect Andromeda cela contribue à un déplacement fluide et dynamique autant dans Elex on s’en sert plus pour se débloquer (ou fuir) qu’autre chose… Quant aux combats, et bien nous sommes face à un système dit à temporisation, c’est à dire que foncer tête baissée se résume soit à un rapide chargement de la dernière sauvegarde soit à régulièrement utiliser la technique du “Rebrousse Chemin” (soit à vite courir dans le sens opposé de l’ennemi si possible en zigzaguant). Le jeu, encore une fois, ne vous aide pas à identifier la créature tuable de celle qui vous tuera simplement en respirant un peu trop près de vous (hormis le crâne à côté de sa barre de vie, mais il est souvent trop tard à ce moment-là).

Les combats sont en temps réel avec un système plutôt simple sur le papier. Attaque légère, lourde, parade et roulade. Chaque action coûte de l’endurance, lorsque votre barre est vide vous ne pouvez plus rien faire, hormis vous déplacer. Si le jeu cible automatiquement l’ennemi le plus proche de manière satisfaisante, le reste est imprécis et mou, rendant la difficulté des combats inutilement difficile. Dans un jeu comme Dark Souls où comprendre et anticiper la mécanique de chaque monstre est primordial pour survivre, la précision des commandes est parfaite, alors que dans Elex c’est pas vraiment le cas. De plus, dans un souci de réalisme je présume, si votre adversaire vous touche avant que vous ne finissiez votre mouvement d’attaque, celui-ci est annulé. Logique me direz-vous. Oui mais c’est également valable lorsque vous buvez une potion, la supprimant de votre inventaire et annulant le soin.. Couplez ceci à une mauvais gestion des combats multicibles et le jeu devient un vrai sacerdoce.

Alors tout pourri ?

Malgré tout ses défauts inhérents et probablement rebutants pour pas mal de monde, Elex fascine. Rien que l’obtention de sa première armure est une grande joie et quand on aime fouiner partout, on se sent vite récompensé. Même chose pour les interactions avec le monde et ses habitants, c’est très poussé et partie prenant de notre immersion dans le jeu. Concernant le monde justement, même s’il est très original et doté d’une patte graphique intéressante, il fait pâle figure face à des jeux comme Horizon Zero Dawn ou Mass Effect Andromeda. Ce n’est pas moche mais ce n’est pas super beau non plus, principalement à cause d’une pixellisation trop présente (sur Xbox One tout du moins) et de personnages trop basiques (mention spéciale au héros proche du charisme de Kylo Ren sans son casque). Maintenant le jeu donne clairement envie d’avancer, de voir son personnage devenir plus fort et de se venger de certains personnages secondaires.

Même si notre évolution se fait dans la douleur, notamment parce que vous aurez de nombreux ennemis bien plus fort que vous, le simple fait de constater que notre rayon d’exploration s’agrandit au fur et à mesure procure une satisfaction et un plaisir que je n’avais pas ressenti depuis un certain temps (le même type de ressenti que dans un Soul par exemple). L’histoire et l’écriture des quêtes est globalement correcte et donne beaucoup d’informations sur le monde. Bien sur, ceux préférant les jeux plus rapides et dynamiques n’aimeront pas les nombreux dialogues totalement traduits en français (texte et interface), avec quelques fautes et plus rarement des mots en moins, le tout accompagné de voix en anglais pas vraiment poussées (on est par exemple très loin de la qualité des interprétations d’un TLOU).

Il est clair que quand on revoit tous les points noirs d’Elex on se dit qu’il ne vaut pas le coup, son côté austère et rude n’aidera clairement pas à motiver l’achat à 60€ et que le studio n’arrive pas à s’améliorer (ou le fait exprès). Mais passés ces points noirs, le jeu de Piranha Bytes offrira une aventure exotique, unique et exigeante qui plaira aux plus patients et volontaires, et comblera parfaitement l’attente de votre gros jeu de fin d’année et que vous retrouverez avec plaisir une fois celui-ci terminé si votre patience est toujours intact !

Nota : Un patch de 3.91Go est apparu entre le moment du test et de la sortie du jeu, celui-ci ne change pas les problèmes de ralentissement et à même provoqué chez moi un bug d’affichage des raccourcis, j’ai donc décidé de réduire la note d’un point.

Pseudo :

Rôliste, Metalleux et jouant aux jeux vidéos depuis trop longtemps pour le chiffrer, je reste passionné par ce média, particulièrement les RPGs sur lesquels je me suis bâti une solide expérience. Chez moi pas de préférence. Ce sont les jeux qui font la console et pas l'inverse !

Playstation Lucian_Blight

Succés XBox Lucian Blight

A propos de ce test

Jeu fourni par : GoG.com

Testé sur : Xbox One et PC

Bons points

Bons Points Un univers atypique et intéressant

Bons Points Un jeu qui casse les codes des univers de RPG

Bons Points Un grand choix de personnalisation du personnage

Mauvais points

Mauvais Points Ca rame

Mauvais Points Les combats sont peu ergonomiques

Mauvais Points C’est ni beau ni moche

Mauvais Points Héros peu charismatique

commentaires

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