Battle Chasers Nightwar

Battle Chasers fait partie de ces jeux que l’on ne voit pas assez dans la presse spécialisée et qui sont pourtant de vrais petites perles vidéoludiques… Battle Chasers est un jeu de rôles de type crawler (diablo like si vous préférez) en tour par tour. Étrange non ? Et pourtant les deux s’imbriquent parfaitement. L’univers du jeu est un Arcane Punk, c’est à dire un monde où la science et la magie cohabitent. Le monde est peuplé de magiciens et de scientifiques, ces deux professions pouvant même fusionner via des objets ou spécialisations. Si cela est un peu obscur pour vous, comprenez que le jeu est dans un univers équivalent à World of Warcraft ou Warhammer.

L’équipe de Battle Chasers se compose de l’héroïne Gully (rien à voir avec la chaîne TV), fille du célèbre héros Aramus et héritière des gantelets magiques de son père, de Calibretto, un énorme Golem de Guerre ayant sa propre conscience et un profond amour pour la nature, garde du corps de Gully. Vient ensuite Garrison, ancien compagnon d’arme d’Aramus devenu protecteur de l’héritage de Gully et son mentor et Red Monika, une voleuse et une redoutable combattante à la loyauté aussi changeante que le vent. Enfin Knolan, le vieux magicien aux pouvoirs aussi redoutable que ses réflexions sont piquantes..

C’est donc ce quintette qui part sur l’île mystérieuse du Croissant, protégée par un impénétrable mur de brume à la recherche du père de Gully. A peine arrivé que nos amis se font attaquer par des pirates. Alors que leur vaisseau était sur le point d’exploser Knolan réussi in extremis à téléporter ses amis tombés dans le vide.. Vous commencez donc votre périple avec trois personnages, Calibretto (le soigneur du groupe), Garrisson et Gully. Immédiatement le design très coloré, précis et enchanteur vous tape dans les rétines et vous rappelle quelque chose…

Joseph Madureira cela vous parle ? Non ? Si je dit Darksiders, c’est mieux ? Et bien c’est ce monsieur qui est en charge du jeu et de son studio Airship Syndicate. C’est également lui qui était en charge du comics du même nom (jusqu’au tome 9 inclus), l’un des plus grands succès des années 90. Rassurez-vous si vous ne connaissez pas, Battle Chasers Nightwar est une histoire inédite et il n’est pas nécessaire de connaître le comics pour bien comprendre cette dernière. Comme dit plus haut, le jeu est un mix entre du dungeon-crawler et du rpg tour par tour. Si une map centrale en 2D au design ressemblant au coup de crayon de Don’t Starve vous permettra de vous déplacer dans le monde entier, aller dans des villages ou donjons, une autre vue existe, celle des donjons justement et des zones d’explorations.

Ces derniers sont en 3D isométriques, presque un copié-collé des Diablos. Doté d’un design chatoyant et très joli vous pourrez vous déplacer avec un personnage parmi votre équipe (switchable très facilement). Chacun a une technique (par la suite plusieurs) particulière pouvant être utilisée un certains nombre de fois par jour. Gully peut par exemple assommer l’ennemi juste avant le combat, vous donnant un avantage. Garrisson lui peut utiliser son pas de l’ombre pour esquiver au dernier moment un piège, Calibretto lui pourra soigner tout le monde, etc..

Si la carte du monde se débloque au fur et à mesure qu’on avance dans la quête principale, des zones secondaires sont présentes comme une forge protégée par un seigneur du feu, des points d’intérêts plus ou moins intéressants, des coffres et autres objets. Si les coffres ne réapparaissent jamais, les objets et monstres réapparaissent lorsque vous vous reposez à l’auberge. Comme dans Diablo, l’équipement sera le nerf de la guerre pour pouvoir affronter des monstres de plus en plus puissants, chaque personnage ayant son propre équipement de base (arme et armure) ainsi que de l’équipement commun (anneau et collier). Le code couleur des différentes qualités d’équipements est présent ainsi que l’artisanat pouvant ajouter des enchantements sur des armes et des armures (via des composants lootés en combat ou acheté).

Les personnages évoluent via des niveaux, ces derniers débloquant de nouvelles techniques. Enfin, des points de talents, qui s’obtiennent lors de passage de niveau supérieur ou via des livres de connaissances, permettent de débloquer des talents passifs répartis en deux spécialisations. Plus vous en dépensez dans une section plus vous débloquerez de nouveaux bonus. A vous de sélectionner le talent qui vous convient le mieux (vous pouvez attribuer les points de talents comme bon vous semble)

Un petit air de MMORPG

Comme dit plus haut les combats sont en tour par tour, plus précisément via une barre d’actions (comme FF 10) avec une vue propre aux vieux RPG japonais, c’est à dire en vue latérale. Le plus rapide agit en premier et suivant votre choix de technique, cette dernière influe sur cet ordre d’action. Ce système est très intéressant car vous pouvez non seulement anticiper le tour ennemi, mais également achever un monstre qui est sur le point de frapper, lancer un soin au bon moment et donc planifier votre combat comme un bon général d’armée sur un champ de bataille. Battle Chasers respire l’hommage à ce style aujourd’hui presque disparu tout en y apportant une dose de modernité comme les charges, les techniques spéciales propres à chacun, pouvant renverser le cours de la bataille (attention les ennemis aussi peuvent en faire !) ou encore des ennemis particuliers comme les furtifs (intouchables le premier tour), des dialogues durant les combats (avec généralement une bonne touche d’humour). Les animations sont d’excellentes qualités et on ressent très vite le sentiment de puissance dans les attaques (surtout Gully).

Le charac design est somptueux et Madureira s’est fait plaisir pour rappeler les Darksiders (Garisson a un faux air de Guerre) que ce soit dans le design d’équipements voir de certains monstres. Les villes disponibles sont certes un peu archaïques mais les dialogues sont toujours drôles et bien écrits (le jeu est intégralement en français voix y compris), ce qui contrebalance avec la qualité de conception des donjons. Ces donjons justement, conçus via plusieurs inspirations assez évidentes. On notera le fait de pouvoir obtenir la carte du donjon (coucou Zelda) ou refaire ce dernier en difficulté épique et légendaire, modifiant le niveau des monstres, boss et coffres de fin de donjon (coucou WoW). A l’intérieur vous devrez réunir tous les critères pour atteindre la salle du boss, ce dernier aura plusieurs phases de combats que vous devrez rapidement maîtriser sous peine de mourir.

Ce petit point justement met en avant une chose presque obligatoire dans Battle Chasers, le fait de devoir farmer pour monter vos persos, mais surtout de les équiper le mieux possible sous peine de ne pas pouvoir supporter la difficulté grandissante à chaque grande étape (comprenez les donjons). Heureusement de nombreuses possibilités sont là pour vous aider que ce soit via le système d’artisanat où, pour quelques pièces d’or, vous pouvez augmenter les niveaux du forgeron, et acheter du nouvel équipement ou autres livres d’artisanat. Vous pouvez également via la maîtresse des bêtes améliorer votre jauge de charge, ou réaliser des chasses uniques pour obtenir des objets particuliers que le collectionneur vous échangera contre des pièces d’ombres.. Bref vous l’aurez compris il y a de quoi faire.

Une petite perle

Que l’on soit clair, Battle Chasers est une petite perle de jeu vidéo. Que ce soit son design sublime, ses combats à la fois old school et moderne et son contenu, tout le rend clairement indispensable pour tout fan de RPG qui se respecte. On sent que les gars d’Airship Syndicate sont des passionnés du jeu de rôle papier au travers de nombreux clin d’oeil dans les dialogues, dans le concept même de Malhameau (village typique de Donjons & Dragons, il ne manque que le vieux pour nous donner une quête) tout en y incluant une histoire et des interactions entre les personnages très intéressantes (contrairement à l’histoire, très banale). Les petites discussions juste avant de dormir à l’auberge par exemple, ou les références aux comics, comme celle où Knolan propose de boire un verre à la taverne et se rappelle que Garisson tourne à l’eau désormais…

Les amateurs de challenge auront également de quoi faire avec la possibilité de refaire les donjons en difficulté épique et légendaire, avec l’arène et d’autres surprises. Enfin le fait d’avoir un personnage inédit du livre ajoute un petit côté sympatoche au jeu et rend la bande son plus cohérente (inspiration asiatique et ce nouveau personnage est un Oni hunter très nippon). A 30€ sur console et 25€ sur PC, Battle Chasers Nightwar est juste un indispensable de cette fin d’année.

A propos de ce test

Jeu fourni par :

Testé sur : Xbox One

Rédacteur

Pseudo :

Rôliste, Metalleux et jouant aux jeux vidéos depuis trop longtemps pour le chiffrer, je reste passionné par ce média, particulièrement les RPGs sur lesquels je me suis bâti une solide expérience. Chez moi pas de préférence. Ce sont les jeux qui font la console et pas l'inverse !

Playstation Lucian_Blight

Succés XBox Lucian Blight

Bons points

Bons Points Design superbe

Bons Points Combats prenants et tactiques

Bons Points Ce petit côté mmorpg..

Bons Points Hommage au JDR papier

Mauvais points

Mauvais Points De gros ralentissements sur certaines maps

Mauvais Points Histoire principale banale

Mauvais Points ...Qui appelle au farming

commentaires

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