Flinthook le test

Photo du profil de Florent Carpentier (Writer)
PC PS4 Xbox One

Le pixel art peut rebuter certains joueurs non réceptifs au côté « rétro » qu'il évoque, recherchant plus de réalisme et des graphismes modernes. Néanmoins, Tribute Games, est passé maître dans ce domaine. Déjà à l'origine de plusieurs jeux dont Wizord ou encore Mercenary Kings, le studio canadien nous revient avec Flinthook, un rogue like bien nerveux et ardu.

Avant tout propos, remettons-nous dans le contexte. Effectivement les rogues-like pullulent depuis un moment et sont généralement prisés des développeurs indépendants. Même si on ne retiendra qu’une poignée de ces jeux, comme récemment Enter the Gungeon instaurant un vrai design original, Binding of Isaac véritable monument du genre, ou encore Rogue Legacy, d’autres sont vides de sens et la difficulté instaurée par la mécanique de rogue-like sert juste à augmenter la durée de vie.

Un sublime pixel-art

Disons le d’emblée, ce n’est pas le cas de ce Flinthook arrivant seulement avec son pixel-art à donner un véritable cachet aux jeux, de par sa réalisation minutieuse et ses animations réussies qui frappent dès le premier run. Les soins apportés aux différents éléments affichés à l’écran, que ça soit du héros aux basiques éléments d’arrière-plan, témoignent d’une richesse d’exécution hors pair. Vous l’avez compris, hormis les personnes rebutées par ce style graphique, sur ce point, le jeu est irréprochable, mais d’éléments rentrent en compte comme la musique qui, il faut le dire, met la pêche.

Chaque musique ou son entendu tout le long du jeu nous fait lâcher un petit sourire accompagné d’un balancement de tête sans précédent. Le sound-design réalisé par Patrice Bourgeault colle franchement bien à l’univers du jeu et son côté décalé et humoristique, sentiment renforcé également par l’utilisation du Pixel-art, est un vrai plus.

Flinthook, pirate ou chasseur de prime ?

Mais au final quelle est l’histoire de Flinthook ? Parler du côté artistique du jeu c’est bien, mais l’histoire c’est mieux ! Vous n’êtes pas sans savoir que les scénarios de rogue-like sont généralement anecdotiques et servent juste à donner un prétexte au joueur pour amener la composante rogue-like. Ici nous suivons un pirate de l’espace, chasseur de primes à ses heures perdues, qui devront trouver une cible en début de partie et la capturer mort ou vif. Pour cela, il abordera divers vaisseaux générés aléatoirement, armé de son grappin ancre, et de son pistolet.

Le pistolet infligera des dégâts aux ennemis, ainsi que quelques utilitaires du jeu tels que des bombes. Même si tout cela reste basique il sera possible de l’améliorer grâce à des améliorations dont on reparlera plus tard. Le grappin, lui, est vraiment unique et jouissif une fois bien maîtrisé. Il sert à s’accrocher à des « anneaux » présents dans les différentes salles du vaisseau qui, à l’instar de Rogue Legacy, donne un côté plateforme au jeu franchement bien réussi. Il ne suffira pas de combattre tous les ennemis d’une salle afin de passer à la suivante, des grosses phases de plateforme sont présentes et compliquent grandement la progression.

Ce jeu possède une excellente maniabilité qui frappe dès le premier run. Malheureusement, même si ces phases de plateforme sont de très bonne facture, un détail vient poser problème. Le pixel art et les décors chargés en détails viennent cacher des pièges et plein d’autres éléments susceptibles de vous infliger des dégâts. Mais n’ayez crainte, cela reste tout de même assez rare.

Tribute Games a également fait un très bon travail sur le character design des différents ennemis et PNJ du jeu. Ils sont liés au monde de la piraterie, allant du capitaine au simple moussaillon récurant les toilettes, en passant par des poissons-globes meurtriers et des Flyaxes, une race de mouche extraterrestre. Le character design colle bien à l’univers du jeu qui, suivi du pixel art et de sa réalisation, offre un savant mélange de réussite.

Une RNG qui vous veut du mal

Les vaisseaux que vous aborderez sont donc générés aléatoirement. Au fil du temps, vous remarquerez que les salles se ressemblent tandis que le vaisseau en lui-même aura une construction différente, qui pourra être anticipée lors de la sélection de vaisseaux. En effet, les caractéristiques du vaisseau seront affichées et vous informeront sur la difficulté du donjon et des éléments que vous rencontrerez dedans.

Cette génération aléatoire est la première barrière de difficulté. Il vous arrivera donc de passer d’une salle à l’autre sans difficulté comme de passer d’une simpl extrêmement faciles à une quelques peu ardue qui vous prendra la moitié de votre vie. Cette difficulté est encore plus augmentée car, pour finir un run, un nombre de donjon à explorer est nécessaire et votre vie ne se régénère pas d’elle-même lors des transitions.

Le moussaillon évolutif

Vient s’ajouter à tous ces éléments de jeu, une notion de RPG puisqu’au fil de vos morts ou réussites dans les divers donjons/vaisseaux, vous amassez de l’expérience qui augmente le niveau général du personnage. En fonction de votre niveau le marché noir, qui permet d’augmenter votre personnage entre les missions, sera susceptible de vendre des objets beaucoup plus intéressants. L’argent utilisé chez ce marché noir s’obtient dans un coffre, lorsque vous sortez victorieux d’un vaisseau.

Flinthook propose une réelle progression de votre personnage comme on avait sur Rogue Legacy par exemple. Des cartes offrant différents atouts à votre personnage peuvent être « équipées ». Une jauge d’augmentation, pouvant être agrandie par le biais de divers achats au marché noir, régit leur utilisation. Ces cartes, ou atouts, vont de la simple augmentation de barre de vie à l’apport d’armes améliorées et offrent une vraie notion de RPG. Viennent alors différentes constructions de personnages, ou build.

Niveau contenu, ce Flinthook n’est pas à plaindre non plus, avec ses ‘ chasses à prime qui nécessitent d’explorer un nombre grandissant de vaisseaux, un mode infini, des défis quotidiens et hebdomadaires corsés (voire trop parfois) et un nombre incalculable d’objets à collectionner. De plus, les 37 succès que le jeu comporte donne l’envie de relancer le jeu afin de tous les récupérer.

« LE » rogue-like de 2017 ?

Arborant un Pixel-art de très bonne qualité, une maniabilité à toute épreuve et un concept de plate former, Flinthook arrive à se démarquer des différents rogue-like déjà présents sur le marché. Malgré un genre de jeu qui devient généralement répétitif sur la longueur, les parties se lancent de plus belle en ayant l’espoir de faire toujours mieux que notre progression précédente. Amusement garanti sur ce Flinthook. Tous les fans de rogue-like vont très probablement adorer mettre le grappin dessus.

Bon Points

  • Une maniabilité exemplaire
  • un pixel-art très bien réalisé
  • Les décors chargés de détails bien travaillés...

Mauvais Points

  • Une RNG parfois injuste
  • … Mais qui cache parfois des pièges
8

Super

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La légende raconte qu'Ixion était un Lapithes qui aimé l'amante de Zeus ... ou une chimère représentant un cheval de foudre dans un J-RPG ... je vous laisse deviner la provenance de mon pseudo !
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